Depuis de nombreuses années, la vérité sur la révolution est recherchée. Jusqu'à présent, je crois qu'aucune conclusion définitive n'est apparue sur le chemin de cette quête... Ainsi, pour l'instant, je me contente de ma propre vérité sur cet épisode, une vérité vécue, que aucun scénario, aucune subtilité herméneutique ne peut annuler.
Les différentes versions "explicatives" couvrent un large éventail de fantasmagories et de dérapages, allant de la science-fiction à la délires privés. Je suis amusé (avec des cernes) de donner ci-dessous un document, qui m'est parvenu sans que je sache dans quel contexte. C'est la "révélation" stupéfiante d'un citoyen sur le mystère historique, qu'il explique sans documents pédants, sans recherches "objectives", non pas en tant que témoin ou "analyste", mais en tant que participant direct impliqué et, en fait, en tant qu'initiateur et metteur en scène de l'ensemble de la situation. L'auteur semble être une sorte de Candiano Popescu des "événements de décembre" : un républicain vigoureux, un combattant vaillant, un véritable "ploieștean" amené par l'histoire au milieu et au sommet de la foule Voici le texte :
"Je soussigné M.C. [...], en pleine connaissance de cause, avec la responsabilité de l'auteur des faits, passés et futurs, fais la déclaration suivante en public devant quiconque : j'ai apporté la plus grande contribution individuelle et ligative (sic !) à la victoire de la révolution de décembre 1989, du christianisme et de la démocratie en Roumanie et pas seulement ! La motivation personnelle avec laquelle je me suis impliqué [...] a été une préoccupation permanente pour la liberté d'expression, la promotion et la conversion équitable des valeurs... c'est cela le sens de la «liberté», mot avec lequel j'ai moi-même proclamé la foule le 21 décembre 1989, au milieu de cette foule rassemblée à l'hôtel Intercontinental, autour de la table amenée sur la chaussée depuis le restaurant Dunărea, en face du panneau «parking». «Vous êtes libres !» : cette proclamation faite par moi alors – basée sur la constatation de la situation de fait – a été l'élément idéatique qui a décidé du sort, a consacré l'irréversibilité de la victoire de la révolution roumaine. [...]
J'ai pris conscience du fait que, éclairé par Dieu, je suis unique à faire quelque chose pour ce monde à la suite du mouvement «Noël 1968» que, la veille de Noël, j'ai élevé (de la provocation, animation, à la direction et à l'assurance) du rang des étudiants, da capo al fine, à l'époque où j'étais étudiant à la faculté d'électronique – où le critère de sélection et l'exigence atteignaient des niveaux inégalés ailleurs. Avec ce mouvement, j'ai réussi à marquer l'apogée du communisme – tant en ampleur qu'en temporalité – son élimination devenant ainsi une question de temps comparable à celle de son ascension. M'étant distingué également pour d'autres faits similaires, mes camarades étudiants m'ont recommandé et dirigé vers mon camarade de promotion Popescu [...] qui, prouvant des aptitudes et des préoccupations procédurales, a initié la formation d'un parti de centre-centre-droit, pour lequel il a été condamné à un an de travail en mine à Valea Jiului – «pour rééducation» – à la suite de quoi il m'a déclaré qu'il avait renoncé à notre démarche. Dans ces conditions, le plus grand héros national de l'histoire roumaine – anonyme, nom que j'ai assumé avec honneur en représentant le parti – devait assurer la pérennité idéatique de la formation de résistance anticommuniste [...].
Immédiatement après le déséquilibre du 21.12.1989 de Ceaușescu, qui a synchronisé magistralement le rassemblement de la foule [...], j'ai compilé méthodiquement, ponctuellement, en fonction de la satisfaction des conditions spécifiques, l'activité de cette foule révolutionnaire [...]. J'ai établi l'état de fait avec celui de droit, proclamant à la foule révolutionnaire : «Vous êtes libres !», que la foule a adoptée avec le slogan «Liberté !» (21 décembre 1989 Inter). À l'exception des manifestations dérisoires, ou par désespoir de cause, lors de la tentative d'offensive de l'armée, j'ai rassemblé autour de moi et j'ai exhorté à s'agenouiller la table révolutionnaire, avec la détermination de ne pas céder, ce qui a déterminé la désaffection de l'armée en tant qu'institution (21 décembre 1989 Inter). J'ai validé avec la foule la liste du gouvernement Doina Cornea-Iliescu, le dernier connu par la suite, mais cautionné par les cinq connus auparavant comme opposants ou dissidents (22 décembre 1989 ex C.C.). J'ai passé, avec la foule, à la désaffection d'armement de l'ancienne nomenclature, la seule que Ceaușescu n'avait pas désarmée, cooptée (couplée) au réseau Carlos – du quartier résidentiel. [...] Sans laisser la situation échapper à tout contrôle au prix d'une misère ultérieure pour le pays, j'ai détendu le conflit de la foule avec le diplomate soviétique de Gorbaciov (22 décembre 1989 TVRL). J'ai aidé Adrian Păunescu à sortir Scânteia Poporului. J'ai fait passer l'armée du côté des révolutionnaires et du programme, après quoi j'ai introduit le peloton de parachutistes et celui d'infanterie blindée dans le dispositif de défense de la Télévision et j'ai mis en œuvre l'appel programmatique : «Messieurs !» (22 décembre 1989 soir TV). J'ai éliminé les sources de danger armé autour et dans les environs de la Télévision (22/23 décembre 1989 Télévision). J'ai contrôlé l'accès par la porte 2 à la Télévision Roumaine (22/23 décembre 1989 Télévision). J'ai demandé des conseils pour l'armée et un soutien logistique de l'Ambassade d'Angleterre concernant le phénomène diversionniste et terroriste du réseau Ceaușescu-Carlos (23 décembre 1989 dans la zone). J'ai rassemblé mes collègues pour dire «Notre Père» au service (23 décembre 1989 service). Ensemble avec les chauffeurs de bétonnière et avec l'armement amené de la plateforme Pipera, j'ai organisé la barrière d'accès vers la Télévision (23/24 décembre 1989 bétonnière Pipera). J'ai ainsi constitué le faisceau qui devait prendre forme le programme mis en œuvre de la manière décrite ci-dessus. Après ces assurances avec suffisamment de cours de la Révolution, a suivi la période de surveillance continue de cette activité, d'augmentation de la prise de conscience des masses et de fondation du parti politique, d'implication dans la politique chrétienne-démocrate que, par la suite, j'ai amenée à la direction du destin de la nation."
Avec cela, "Anonyme" a terminé sa mission. À partir de maintenant, il ne l'attend plus que d'une page avec une photo dans un manuel alternatif ou, peut-être, le rôle principal dans un film de Sergiu Nicolaescu. Et politiquement parlant, "Anonyme" peut être honoré aussi comme source du "souverainisme" contemporain, celui qui comprend "l'indépendance" comme une isolation tonitruante et une gloire populaire, basée sur l'auto-encensement..
https://www.dilema.ro/situatiunea/o-epopee-a-eroului-necunoscut-sau-adevarul-despre-revolutie
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