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Les réformes proposées par la BCE visent à simplifier la supervision bancaire et à réduire les charges administratives, sans assouplir les normes de résilience, à travers un modèle SREP pluriannuel, des procédures accélérées et un cadre de reporting plus proportionnel.
Bruxelles, 11 décembre 2025 - La Banque Centrale Européenne a présenté un agenda élargi de réforme de la supervision bancaire, visant à simplifier les évaluations, réduire les rapports et accélérer le processus décisionnel à partir de 2026. Le Conseil des Gouverneurs a approuvé un ensemble parallèle de recommandations législatives visant à réorganiser les buffers de capital et à créer un système européen unique de reporting.
En résumé
La BCE transforme le processus SREP en un modèle pluriannuel axé sur les risques matériels.
Les décisions de supervision seront adoptées plus rapidement par délégation et automatisation.
Les rapports se simplifient par la réduction des obligations et l'introduction de seuils de matérialité.
Les tests de résistance deviennent plus proportionnels et moins contraignants.
Le ESRB propose l'élimination d'environ 30 charges légales sans pertinence macroprudentielle.
Le Conseil des Gouverneurs recommande la restructuration des buffers de capital et un régime unique de reporting dans l'UE.
Le rapport de la BCE "Streamlining supervision, safeguarding resilience" montre qu'à partir de 2026, l'évaluation prudentielle SREP ne couvrira plus annuellement tous les risques pour chaque banque, mais fonctionnera sur la base d'un cycle pluriannuel, avec des analyses ciblées en fonction du profil de l'institution et des risques émergents. La nouvelle approche permet aux Joint Supervisory Teams de se concentrer sur les domaines à impact réel et de réduire le volume de mesures administratives.
Le SREP réformé inclut des évaluations plus claires, une communication plus précoce avec les banques, des méthodologies plus stables et une utilisation étendue des outils numériques pour automatiser les étapes opérationnelles. La BCE souligne que la simplification ne modifie pas les normes de résilience, mais a pour rôle d'augmenter la capacité de réaction aux risques tels que les cyberattaques, les changements de marché ou la digitalisation.
La BCE étendra le cadre de délégation de sorte qu'une plus grande partie des décisions courantes - y compris les évaluations fit-and-proper et les autorisations - puisse être adoptée plus rapidement, en ligne avec les recommandations du FMI concernant la supervision européenne. Les nouvelles procédures réduiront le temps de traitement, soutenant une gouvernance plus stable dans les institutions supervisées.
Pour les transactions à faible risque affectant le capital, la BCE introduit un processus "fast-track" qui permettra de finaliser les décisions en environ deux semaines, avec la mise en œuvre de l'infrastructure numérique dédiée. Le modèle standardisé des applications et l'automatisation de la génération de projets de décisions réduiront la charge administrative tant pour les banques que pour les superviseurs.
La BCE réduira la complexité des exercices de tests de résistance en augmentant la proportionnalité et en utilisant une analytique plus flexible, y compris des scénarios exploratoires et des outils internes ICAAP lorsque cela est justifié. Dans la perspective de l'exercice UE de 2027, la BCE collabore avec l'EBA pour simplifier les modèles et mieux aligner le reporting sur les besoins réels de supervision.
En matière de reporting, la BCE prépare une réduction significative des obligations, y compris une diminution du paquet "Short Term Exercise" pour 2026 d'environ 18,5%, ainsi que des évaluations périodiques pour éliminer les exigences redondantes. Un nouveau système introduira des seuils de matérialité pour les erreurs mineures, réduisant l'obligation de retransmission des données lorsque l'impact est négligeable.
Selon la lettre de l'ESRB du 31 octobre 2025, environ 90 charges supplémentaires sont attribuées par la législation de l'UE, dont environ 30 n'ont pas de pertinence systémique et peuvent être éliminées par des modifications législatives. Dans de nombreux cas, l'ESRB est contraint de fournir des avis ou des consultations dans des situations à impact limité, ce qui génère une consommation inutile de ressources.
L'évaluation de l'ESRB propose de renoncer à ces obligations et de réorganiser les dispositions du CRR, CRD, EMIR ou Solvabilité II, afin que son implication reste concentrée sur la prévention des risques systémiques.
Les recommandations transmises à la Commission Européenne incluent la réorganisation de la structure des buffers de capital, la réduction du cadre du ratio de levier et l'extension du régime spécial pour les petites banques, par des critères harmonisés et des règles simplifiées. Le système de reporting au niveau de l'UE devrait, selon la vision de la BCE, permettre aux banques de rapporter une seule fois pour toutes les autorités pertinentes, et la révision complète des exigences devrait être effectuée tous les trois à cinq ans.
Le Conseil des Gouverneurs encourage également l'achèvement de l'union bancaire et le passage des principaux actes réglementaires de directives à règlements, afin de réduire la fragmentation de l'application dans les États membres.
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