La Commission européenne vérifie si XXXLutz et Porta ont commencé à mettre en œuvre l'acquisition annoncée en janvier 2025 avant que la transaction ne soit notifiée et autorisée. L'enquête vise d'éventuelles actions telles que la coordination des opérations, l'influence sur l'activité quotidienne de Porta ou l'échange d'informations commerciales sensibles. Si les règles ont été enfreintes, les entreprises risquent des amendes allant jusqu'à 10 % de leur chiffre d'affaires mondial agrégé.
La Commission européenne a ouvert une enquête formelle pour établir si XXXLutz et Porta ont commencé à mettre en œuvre l'acquisition avant que la transaction ne soit notifiée et approuvée. Les règles européennes obligent les entreprises à rester indépendantes jusqu'à ce que la Commission vérifie si une fusion ou une acquisition peut affecter la concurrence.
En résumé XXXLutz et Porta ont annoncé la transaction le 7 janvier 2025, mais l'acquisition n'a pas été notifiée officiellement à la Commission européenne. L'évaluation préliminaire de l'institution montre que l'opération a une dimension européenne et devrait être notifiée.
La Commission vérifie si les entreprises ont enfreint l'obligation de suspension, c'est-à-dire la règle qui leur interdit de commencer l'acquisition avant l'autorisation. Sont visées d'éventuelles actions qui auraient pu changer le contrôle sur Porta. L'enfreinte peut inclure la coordination des opérations, l'influence sur l'activité quotidienne de l'entreprise achetée ou l'échange d'informations commerciales sensibles avant approbation. La règle protège le processus de contrôle des fusions. Si les entreprises commencent à agir comme un seul groupe avant l'autorisation, la Commission peut se retrouver à analyser un marché déjà modifié par la transaction.
Si une violation intentionnelle ou commise par négligence est prouvée, la Commission peut appliquer des amendes allant jusqu'à 10 % du chiffre d'affaires mondial agrégé des entreprises. L'ouverture de l'enquête ne signifie pas qu'elles ont été trouvées coupables.
La Commission enquête sur un possible cas de "gun jumping", terme utilisé en droit de la concurrence pour désigner la mise en œuvre prématurée d'une fusion ou d'une acquisition. Le problème n'est pas de savoir si les parties ont signé un accord, mais si elles ont commencé à se comporter comme si la transaction avait déjà été finalisée.
Le règlement de l'UE sur les concentrations économiques oblige les entreprises à notifier à la Commission les transactions dépassant certains seuils et ayant des effets dans plusieurs États membres. Jusqu'à l'approbation de l'opération, l'acheteur et l'entreprise visée doivent continuer à fonctionner séparément.
Cette obligation est importante car elle permet à la Commission d'analyser les effets de l'acquisition avant que le marché ne soit modifié. Si les entreprises coordonnent déjà les prix, les ventes, les stratégies ou l'activité quotidienne, l'indépendance commerciale de l'entreprise achetée peut être réduite avant que l'autorité de la concurrence ne décide si la transaction peut se poursuivre.
La Commission montre que la possible violation ne se limite pas au transfert formel des actions. Elle peut inclure la coordination des opérations, l'influence sur les décisions quotidiennes de Porta ou l'échange d'informations commerciales sensibles entre parties.
XXXLutz et Porta ont annoncé l'acquisition le 7 janvier 2025. La transaction n'a pas été notifiée officiellement à la Commission, mais l'institution considère préliminairement que l'opération a une dimension européenne et entre sous son contrôle.
La Commission dit avoir pris connaissance d'un comportement qui soulève des questions concernant le respect de l'obligation de suspension. L'institution a informé les deux entreprises de l'ouverture de la procédure, mais n'a pas précisé quelles actions concrètes ont déclenché l'enquête.
L'enquête sur la mise en œuvre prématurée est distincte de l'analyse des effets de l'acquisition sur la concurrence. La première vérifie si les entreprises ont respecté la procédure avant l'autorisation. La seconde devrait établir si la transaction peut réduire la concurrence sur le marché du mobilier, des produits pour le logement, de l'électronique et des appareils électroménagers.
La séparation des deux procédures signifie qu'une transaction peut ne pas soulever de problèmes majeurs de concurrence, mais les entreprises peuvent néanmoins être sanctionnées si elles ont commencé à l'appliquer avant l'approbation. En même temps, l'enquête procédurale ne détermine pas si l'acquisition en elle-même sera autorisée ou bloquée.
XXXLutz a son siège en Autriche et vend des meubles, des produits pour le logement, de l'électronique et des appareils électroménagers dans plusieurs pays européens. Le groupe opère sous les marques XXXLutz, Mömax, Roller, Braun, Home24 et Möbelix. Ses actionnaires détiennent également des participations de contrôle dans POCO, But et plusieurs entreprises Conforama.
Porta a son siège en Allemagne et opère sous les marques porta Möbel, SB Möbel Boss et Möbel LETZ. L'entreprise est également présente en République tchèque et en Slovaquie par ASKO.
La Commission peut appliquer des amendes allant jusqu'à 10 % du chiffre d'affaires mondial agrégé si elle établit que l'obligation de suspension a été intentionnellement ou par négligence enfreinte. L'institution doit maintenant déterminer quelles actions ont entrepris XXXLutz et Porta et si celles-ci ont produit un changement de contrôle avant l'autorisation.
https://2eu.brussels/fr/news/xxxlutz-et-porta-enquetees-pour-avoir-commence-lacquisition-avant-lapprobation-de-la-commission
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