La Commission européenne a décidé d'envoyer la Hongrie devant la Cour de justice de l'Union européenne pour des règles qui limitent les marges de prix sur les produits alimentaires et les articles de droguerie. Bruxelles affirme que les plafonds de 10 % pour certains aliments et de 15 % pour certains produits de droguerie affectent principalement des entreprises en dehors de la Hongrie, ne permettent pas aux détaillants de couvrir leurs coûts et peuvent enfreindre la liberté d'établissement et la Directive sur les services.
La Commission européenne a décidé d'envoyer la Hongrie devant la Cour de justice de l'Union européenne pour des restrictions sur les marges de prix lors de la vente de certains produits alimentaires et articles de droguerie. Bruxelles soutient que les règles hongroises affectent principalement des entreprises en dehors de la Hongrie et peuvent forcer les détaillants à vendre des produits à perte.
En résumé
La Commission européenne poursuit la Hongrie devant la Cour de justice de l'UE.
Le cas concerne des plafonds de marge de 10 % pour certains aliments et de 15 % pour certains articles de droguerie.
La Commission dit que les marges imposées sont trop faibles pour que les détaillants puissent couvrir leurs coûts réels.
Bruxelles considère que les mesures peuvent discriminer les entreprises en dehors de la Hongrie et peuvent enfreindre la liberté d'établissement.
La procédure concerne deux dossiers : produits alimentaires et produits non alimentaires vendus en drogueries.
La Hongrie a introduit en 2025 des règles nationales qui limitent la différence entre le prix d'achat et le prix de vente pour certains produits. Pour certains aliments, la marge maximale a été fixée à 10 %, et pour certains articles de droguerie à 15 %. La Commission européenne dit que ces limites sont bien en dessous des coûts réels du commerce de détail.
Le problème n'est pas seulement le prix d'achat du produit. Les détaillants paient des salaires, des frais de transport, de stockage, des loyers, l'entretien des magasins, des services publics, des taxes et d'autres coûts d'exploitation. La Commission montre que la marge moyenne de prix est d'environ 30 % dans le commerce alimentaire et de 35 % dans le commerce de droguerie, tandis que le profit réel est beaucoup plus faible, autour de 3-4 %.
Bruxelles soutient que la Hongrie confond la différence entre le prix d'approvisionnement et le prix de vente avec le profit des entreprises. En réalité, cette différence doit couvrir les coûts d'exploitation. Si la marge maximale est trop faible, les détaillants peuvent se retrouver à vendre à perte.
Les règles n'imposent pas seulement des plafonds de marge. Les détaillants doivent également maintenir les quantités de produits vendus avant l'introduction du plafonnement. La Commission considère que cette combinaison crée des pertes pour les opérateurs existants et élimine les incitations pour les nouvelles entreprises qui pourraient entrer sur le marché hongrois.
Les mesures ont été initialement introduites comme des règles temporaires, mais les autorités hongroises les ont prolongées à plusieurs reprises. En mai 2026, elles ont été transférées dans une législation permanente, par la modification de la Loi sur le commerce de 2005.
La Commission considère que les mesures peuvent imposer des exigences discriminatoires et disproportionnées, enfreignant la Directive sur les services et l'article 49 du Traité sur le fonctionnement de l'Union européenne, qui garantit la liberté d'établissement. Cette liberté permet aux entreprises d'un État membre de s'établir et d'exercer leur activité dans un autre État membre sans barrières injustifiées.
Pour Bruxelles, l'enjeu est l'accès égal au marché. Si un État membre impose des règles qui affectent de manière disproportionnée les entreprises étrangères ou rendent l'activité économique peu attrayante, le marché intérieur peut être fragmenté. La Commission soutient que les autorités publiques doivent respecter le traitement égal et ne pas restreindre les activités économiques que lorsque cela est justifié par un intérêt public proportionné.
Le cas a deux composantes. La première concerne les restrictions sur certains produits alimentaires vendus par des détaillants alimentaires, dans le dossier INFR(2025)2052. La seconde concerne des restrictions similaires pour certains produits non alimentaires vendus en drogueries, dans le dossier INFR(2025)2102.
La Commission a envoyé à la Hongrie des lettres de mise en demeure en juin 2025 et des avis motivés en décembre 2025. Comme l'exécutif européen considère que la Hongrie continue d'enfreindre le droit de l'UE, les dossiers arrivent maintenant devant la Cour de justice de l'Union européenne.
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