Clean Air Task Force avertit que le paquet européen pour les réseaux électriques décidera de la rapidité avec laquelle l'Europe peut connecter de l'énergie propre, électrifier le transport, l'industrie et les bâtiments, et réduire la dépendance aux combustibles importés. L'organisation salue la position du Conseil de l'UE comme un pas constructif, mais demande que les négociations avec le Parlement européen maintiennent la planification des réseaux à un niveau européen, rendent les modèles d'infrastructure transparents et ne diminuent pas l'ambition concernant l'autorisation rapide des projets.
L'Europe a besoin de réseaux électriques plus grands, plus intelligents et mieux planifiés pour fournir de l'énergie propre, sûre et abordable, selon une analyse publiée par Clean Air Task Force. L'organisation affirme que le paquet européen pour les réseaux électriques, actuellement entre la position du Conseil et la future position du Parlement européen, influencera directement la capacité de l'UE à connecter de nouvelles sources renouvelables, à électrifier l'économie et à réduire les importations de combustibles fossiles.
En résumé
Clean Air Task Force salue la position du Conseil de l'UE concernant le paquet pour les réseaux électriques, mais déclare que le texte doit être renforcé lors des trilogues.
L'organisation demande que la planification de l'infrastructure électrique reste européenne, indépendante et basée sur des données transparentes.
CATF avertit que la transformation du scénario central d'acte délégué en acte d'exécution peut donner aux États membres plus de contrôle sur un cadre qui devrait être commun.
L'analyse appelle à une autorisation plus rapide pour les projets, mais avec des portails numériques, des délais clairs, un dialogue avec les communautés et des garanties sociales et environnementales.
Le paquet pour les réseaux électriques a été présenté par la Commission européenne en décembre 2025 et inclut la révision du règlement TEN-E, ainsi qu'une proposition pour accélérer les procédures d'autorisation. Ces deux dossiers établiront comment les projets transfrontaliers d'infrastructure énergétique, dont dépend le système électrique européen, sont planifiés, sélectionnés et livrés.
Le Conseil de l'UE a adopté l'approche générale le 26 juin, et le dossier entre maintenant dans une étape politique décisive. La position du Parlement européen complétera le tableau avant les négociations interinstitutionnelles, où la Commission, le Conseil et le Parlement établiront la forme finale de la législation. Pour CATF, cette étape est le moment où le texte peut être amélioré, notamment en matière de planification, de transparence et d'autorisation.
Le problème de fond est que la transition énergétique ne peut avancer uniquement par la construction de parcs éoliens, de panneaux solaires, de batteries ou de pompes à chaleur. Tous ces éléments doivent être connectés à des réseaux capables de transporter l'électricité là où elle est consommée. Si les réseaux ne sont pas étendus et modernisés suffisamment rapidement, l'Europe peut avoir de l'énergie propre disponible sur le papier, mais bloquée en pratique par le manque de connexions, des congestions ou des autorisations lentes.
CATF soutient que la planification européenne doit rester indépendante et véritablement commune. La Commission avait proposé un "scénario central", c'est-à-dire un cadre de référence au niveau de l'UE pour la planification de l'infrastructure, modelé non seulement par les opérateurs de transport, mais dirigé par la Commission. Le Conseil a proposé cependant de passer d'un acte délégué à un acte d'exécution, ce qui permettrait aux États membres de bloquer le contenu par une majorité qualifiée.
Pour l'organisation, ce changement pourrait renationaliser des parties importantes du scénario central. Un tel scénario doit être une base commune pour les décisions d'investissement, et non une somme de préférences nationales. Si les États membres contrôlent trop les hypothèses, les projets de valeur européenne peuvent être relégués au second plan, et la planification risque de refléter des priorités nationales immédiates au lieu des besoins du système européen.
La qualité des données est l'un des enjeux centraux. CATF demande que le scénario central utilise des hypothèses actuelles, granulaires et orientées vers l'avenir, y compris des profils régionaux et horaires de pointe de consommation, l'impact des nouvelles technologies de réseau et les effets de l'intégration des différents secteurs sur les besoins du système. Des données anciennes ou incomplètes peuvent conduire à des projets mal dimensionnés, à des investissements retardés ou à une infrastructure construite là où elle ne sera pas la plus utile.
L'organisation salue le fait que la position du Conseil introduit des analyses obligatoires de sensibilité. Celles-ci permettraient de tester la planification tous les deux ans en fonction de plusieurs scénarios concernant le mix énergétique, les modèles de demande et les évolutions du marché. Le rythme serait aligné avec la sélection des projets européens prioritaires, ce qui peut aider l'UE à ne pas baser ses décisions sur une seule projection rigide.
CATF appelle également à des vérifications plus strictes entre la planification pour l'électricité, le gaz et l'hydrogène. Les réseaux énergétiques ne peuvent plus être traités séparément, car l'électrification de l'industrie, l'hydrogène, les gaz, la décarbonisation et la demande d'énergie deviennent de plus en plus interdépendants. Si chaque secteur utilise ses propres hypothèses, l'Europe peut aboutir à des plans parallèles qui ne s'accordent pas entre eux. L'Agence pour la coopération des régulateurs de l'énergie, ACER, devrait avoir un rôle clair dans la révision indépendante de ces hypothèses.
L'analyse avertit également sur l'utilisation des Plans Nationaux Énergie et Climat comme base principale pour la planification. Ces plans sont importants, mais peuvent rapidement devenir obsolètes, utilisent des données différentes d'un État à l'autre et ne sont pas toujours synchronisés avec les cycles de planification de l'infrastructure. Utilisés sans prudence, ils peuvent créer une image incomplète des besoins futurs du réseau.
La transparence est le point où CATF voit l'une des plus grandes lacunes de la position du Conseil. Les modèles qui guident les investissements de milliards d'euros dans l'infrastructure devraient pouvoir être vérifiés par des chercheurs indépendants, l'industrie, la société civile et d'autres parties prenantes. L'organisation demande la publication non seulement de données sélectionnées, mais aussi des hypothèses, de la méthodologie, des outils de modélisation et des étapes dans lesquelles les acteurs externes peuvent transmettre des observations.
Cette transparence a des effets pratiques. Si les modèles sont fermés ou difficiles à vérifier, les investisseurs, les communautés et les autorités locales peuvent avoir moins confiance dans les projets. Si les hypothèses sont ouvertes et testables, les décisions concernant les lignes électriques, les interconnexions et les projets transfrontaliers peuvent devenir plus crédibles, et les erreurs peuvent être identifiées plus tôt.
La deuxième grande composante du paquet est l'autorisation. CATF déclare que l'autorisation lente et fragmentée reste l'un des plus grands obstacles à l'infrastructure d'énergie propre. Les problèmes proviennent du manque de clarté des processus et des données, de l'opposition des communautés à certains projets et de la capacité administrative insuffisante des autorités.
L'organisation soutient que l'autorisation plus rapide peut aller de pair avec la protection de l'environnement et le soutien des communautés. La position du Conseil maintient les zones d'accélération pour l'énergie renouvelable, propose de simplifier l'autorisation pour le stockage indépendant et encourage le co-implantation de la production propre, du stockage et des actifs de réseau. Elle reconnaît également la nécessité d'un dialogue avec les communautés et prévoit la possibilité d'un facilitateur indépendant pour les discussions entre développeurs et locaux.
CATF voit cependant aussi des risques d'affaiblissement de l'ambition. Dans la position du Conseil, les portails numériques interopérables pour l'autorisation deviennent optionnels. Cela peut créer dès le départ des procédures différentes entre les États membres, en particulier pour les développeurs et les parties prenantes qui travaillent sur des projets transfrontaliers. Les mécanismes d'approbation tacite deviennent également volontaires, ce qui peut conduire à une carte fragmentée de règles dans l'UE.
La numérisation de l'autorisation est présentée comme une condition pratique pour la rapidité et la confiance. Les portails numériques peuvent aider à la soumission et à la vérification plus rapide des documents, au suivi des délais, à la collecte des préoccupations publiques et à l'échange d'informations entre autorités. Sans de tels outils, les procédures peuvent rester lentes, opaques et difficiles à coordonner entre États.
CATF déclare que les négociations finales devraient maintenir un cadre européen de planification centrale, prioriser les projets selon leur valeur pour l'ensemble du système européen et utiliser des critères transparents et harmonisés. Ces critères devraient inclure la sécurité d'approvisionnement, la décarbonisation, l'intégration du marché et l'efficacité des coûts.
Pour l'Europe, le dossier des réseaux électriques est directement lié à l'énergie, à l'industrie et au climat. Sans une infrastructure capable de suivre la transition, l'énergie propre ne peut pas atteindre suffisamment rapidement les ménages, les usines, le transport et les systèmes de chauffage. Le paquet pour les réseaux électriques peut devenir la base d'une meilleure planification, mais seulement si le texte final reste européen, transparent et suffisamment ambitieux pour accélérer les projets.
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