Après le premier dialogue de haut niveau avec l’industrie du raffinage, la Commission examinera les propositions visant à accroître la production de carburants et poursuivra les consultations techniques. Dan Jørgensen se dit ouvert à des assouplissements temporaires et ciblés des exigences techniques, s’ils sont efficaces et ne créent pas d’autres problèmes. La feuille de route commune portera sur la transformation du secteur à moyen et long terme, et une nouvelle réunion est annoncée pour le début de 2027.
La Commission européenne évaluera les propositions de l’industrie du raffinage visant à accroître la production de carburants et travaillera avec le secteur à une feuille de route pour sa transformation, a annoncé Dan Jørgensen, commissaire à l’énergie et au logement, après la réunion du 28 octobre à Bruxelles. Le commissaire s’est dit ouvert à l’examen d’assouplissements temporaires et ciblés des exigences techniques, mais sans annoncer l’approbation d’une dérogation. Les discussions techniques se poursuivront, et les participants se réuniront de nouveau au début de 2027 pour évaluer les progrès.
En bref
La Commission examinera les propositions des raffineries visant à accroître la production de carburants, afin de réduire la pression sur les prix et de renforcer l’approvisionnement.
Dan Jørgensen est ouvert à des ajustements techniques temporaires et ciblés, à condition qu’ils fonctionnent et ne créent pas d’autres problèmes. Il n’a annoncé ni normes modifiées ni dérogations approuvées.
La feuille de route sera élaborée conjointement avec l’industrie et portera sur la transformation du secteur, notamment les carburants alternatifs, la sécurité de l’approvisionnement et les objectifs climatiques.
Le dialogue intervient après l’évaluation de la Commission du 22 octobre, qui constatait un approvisionnement tendu en diesel et en carburant aviation, mais sans pénurie physique de ces produits en Europe.
Une nouvelle réunion est prévue pour le début de 2027. Aucun délai d’achèvement de la feuille de route ni aucune baisse garantie des prix cet hiver n’ont été annoncés.
La réunion a ouvert le premier dialogue de haut niveau de la Commission avec l’industrie européenne du raffinage. Elle était dirigée par Dan Jørgensen, commissaire à l’énergie et au logement, et Andrius Kubilius, commissaire à la défense et à l’espace. Des raffineries, des producteurs de carburants alternatifs, des entreprises d’ingénierie et de technologie, des associations industrielles et des représentants de l’OTAN y ont participé. Les discussions ont porté sur les perturbations provoquées par le conflit au Moyen-Orient et sur les perspectives de l’industrie. La réunion a ainsi établi un lien entre les coûts et la disponibilité des carburants, la compétitivité de l’industrie et les besoins de défense.
Pour la Commission, l’un des problèmes réside dans la perte de capacités de production en Europe. Selon les chiffres présentés par Jørgensen, environ un quart des raffineries de l’UE ont fermé au cours des deux dernières décennies, tandis que la capacité de raffinage a diminué d’environ 10 %. Ces deux proportions mesurent des éléments différents : le nombre d’installations et le volume de production qu’elles peuvent assurer.
La pression sur les prix ne se résume toutefois pas à la capacité des raffineries européennes. Jørgensen a averti que le marché mondial du diesel pourrait rester tendu en 2027 également, en invoquant l’évaluation de l’Agence internationale de l’énergie. Dans ses réponses à la presse, il a souligné que la disponibilité des carburants ne résout pas le problème d’une entreprise ou d’un ménage qui n’a pas les moyens de les acheter.
Le commissaire a déclaré que l’industrie avait formulé des propositions que l’exécutif européen devait évaluer. Interrogé sur l’assouplissement des spécifications relatives aux carburants, il a expliqué qu’il ne s’opposait pas à des ajustements temporaires et ciblés, s’ils contribuent effectivement à résoudre les difficultés et ne provoquent pas d’autres problèmes. Cette déclaration exprime une ouverture à une option, sans établir de modification concrète des règles.
À la fin de la réunion, les exigences techniques qui pourraient être modifiées, la durée d’une éventuelle mesure ou l’acte par lequel celle-ci serait approuvée n’ont pas été annoncés. L’effet sur les prix cet hiver n’a pas non plus été quantifié. L’objectif d’accroître la production et de réduire les coûts reste, à ce stade, un objectif pour lequel la Commission et l’industrie recherchent des solutions.
Parallèlement à la réponse à la crise, la Commission souhaite clarifier l’avenir des raffineries sur un marché qui doit réduire sa dépendance aux combustibles fossiles. La feuille de route commune portera principalement sur le moyen et le long terme, a précisé Jørgensen. Elle doit relier le maintien d’une production suffisante de carburants à la transformation du secteur et aux objectifs climatiques de l’UE.
Les discussions ont porté notamment sur les investissements nécessaires dans les biocarburants durables et les carburants synthétiques produits à l’aide d’électricité, connus sous le nom d’e-fuels. La Commission cherche à préserver les capacités stratégiques de production tandis que l’industrie s’adapte à ces alternatives. Jørgensen a soutenu que la réponse à l’urgence actuelle ne devait pas compromettre la viabilité des raffineries après la fin de la crise.
Du côté de la consommation, le commissaire a plaidé en faveur de l’efficacité énergétique et de l’électrification, notamment le remplacement des voitures à moteur thermique par des véhicules électriques et des chaudières au gaz ou aux combustibles liquides par des pompes à chaleur. Il les a présentées comme des instruments permettant de réduire la demande et l’exposition aux combustibles fossiles, sans annoncer lors de cette conférence de nouvelle obligation de réduire la consommation.
La réunion apporte un nouvel élément par rapport à l’évaluation publiée par la Commission le 22 octobre, précédemment rapportée par 2EU. À l’époque, après la réunion du Groupe de coordination pour le pétrole du 21 octobre, l’institution constatait des tensions dans l’approvisionnement en diesel et en carburant aviation, mais aucune pénurie physique de ces produits en Europe. Le dialogue avec les raffineries était encore en préparation. Le 28 octobre, il a commencé, et sa poursuite technique ainsi que la feuille de route ont été annoncées publiquement.
Cette démarche suit également l’orientation donnée par les dirigeants de l’UE lors de la réunion des 15 et 16 octobre, lorsqu’ils ont salué l’intention de la Commission de préparer un cadre à court terme pour optimiser la capacité et l’efficacité des raffineries. Ce soutien politique ne constitue pas en soi l’approbation de dérogations techniques.
La prochaine étape consistera à évaluer les propositions et à poursuivre les discussions techniques. La réunion du début de 2027 fera le bilan des progrès ; elle n’a pas été présentée comme une échéance pour l’adoption de la feuille de route. D’ici là, le résultat concret du dialogue est un programme de travail commun, et non un ensemble de nouvelles règles ou une promesse de baisse immédiate du prix des carburants.
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