Les volumes devraient arriver sur le marché d’ici la fin janvier 2027, selon l’engagement rapporté par l’AFP après la réunion des ministres de l’Énergie. Il s’agit d’accélérer une intervention déjà convenue, sans réduction garantie des prix à la pompe.
Douze États membres de l’UE se sont engagés à accélérer la mise sur le marché de 42,6 millions de barils de pétrole et de produits pétroliers provenant des réserves stratégiques d’ici la fin janvier 2027, dont 20,5 millions de barils de diesel. L’engagement, rapporté par l’AFP le 29 octobre après la réunion des ministres de l’Énergie à Luxembourg, vise à réduire les pressions sur le marché avant l’hiver. Le commissaire européen à l’Énergie, Dan Jørgensen, a confirmé publiquement le volume total et le fait qu’environ la moitié serait constituée de diesel.
En bref
1. Les 12 États cherchent à mettre plus rapidement sur le marché 42,6 millions de barils provenant des réserves stratégiques d’ici la fin janvier 2027. Il s’agit d’un engagement de mise sur le marché, et non d’un volume déjà livré intégralement.
2. Le diesel représente 20,5 millions de barils, soit environ 48 % du total, sur un marché européen soumis à des pressions.
3. Participent la Belgique, le Danemark, la France, l’Allemagne, la Grèce, l’Italie, la Lettonie, la Lituanie, le Luxembourg, les Pays-Bas, le Portugal et la Suède. La Roumanie ne figure pas dans la liste rapportée par l’AFP.
4. La mesure accélère des engagements internationaux existants. En octobre, l’AIE a demandé l’achèvement de l’intervention collective lancée en mars ; les volumes ne doivent donc pas être additionnés comme s’il s’agissait d’opérations entièrement distinctes.
5. L’objectif est d’atténuer les tensions sur l’approvisionnement et les prix, en particulier pour le diesel. L’engagement ne garantit pas une baisse déterminée des prix à la pompe dans chaque pays.
La liste des États et l’échéance de fin janvier proviennent de la déclaration commune décrite par l’AFP. Dans le bilan officiel du Conseil de l’UE, la France est mentionnée comme étant à l’origine de l’information des ministres au sujet d’une déclaration commune visant à stabiliser le marché du diesel. Il s’agit d’une action des États participants, et non d’une nouvelle obligation imposée aux 27 membres de l’Union.
Le diesel occupe une place centrale dans l’intervention. Les 20,5 millions de barils représentent environ 48,1 % du volume de 42,6 millions, selon le rapport entre les deux chiffres annoncés. La mise sur le marché de produits déjà raffinés peut aider un marché où la disponibilité du pétrole brut ne garantit pas à elle seule celle du carburant dont ont besoin le transport de marchandises, l’agriculture et l’industrie.
L’engagement s’inscrit dans l’effort international de réponse aux perturbations énergétiques provoquées par le conflit au Moyen-Orient. Le 15 octobre, le Conseil de direction de l’Agence internationale de l’énergie a réaffirmé que ses États membres devaient poursuivre l’intervention collective lancée en mars et accélérer les livraisons restantes, en particulier de diesel.
L’AIE indiquait alors qu’environ 330 millions de barils avaient été libérés et qu’il restait quelque 100 millions de barils à livrer. Certains États avaient déjà dépassé leurs engagements initiaux ou avaient l’intention de le faire, de sorte que le total final devait dépasser les 400 millions de barils annoncés initialement en mars. Ces chiffres décrivent les étapes et les mises à jour d’une même intervention, et non des quantités pouvant être automatiquement additionnées.
L’Agence constatait encore des tensions sur le marché pétrolier, surtout pour le diesel, et demandait aux États disposant de capacités de production et de raffinage d’accroître l’offre. Elle soulignait également l’importance de maintenir la libre circulation du commerce de l’énergie. La libération des stocks constitue, dans ce contexte, une mesure d’urgence qui complète la production et les importations.
Dans son évaluation publiée le 22 octobre, la Commission européenne décrivait l’approvisionnement en diesel et en carburant aviation comme tendu, sans constater à ce moment-là de pénurie physique en Europe. Cette appréciation concerne le moment de l’évaluation et n’exclut pas des difficultés locales ou des coûts difficiles à supporter. La disponibilité d’un produit et la capacité des consommateurs à le payer sont deux problèmes distincts.
La nouvelle information par rapport au dialogue de la Commission avec les raffineries, rapporté précédemment par 2EU, est l’accélération de la mise sur le marché d’un volume précis provenant des réserves stratégiques. Le dialogue du 28 octobre portait sur l’évaluation des propositions de l’industrie visant à accroître la production et à préparer une feuille de route ; il ne constituait pas une approbation de dérogations techniques. Les réserves et la production sont des instruments de réponse différents face à la même pression exercée sur les carburants.
La mise sur le marché ne signifie ni une livraison simultanée dans tous les États ni une baisse identique des prix. L’effet dépend du calendrier, du type et de la localisation des produits, du transport ainsi que de l’évolution de la demande et des cours internationaux. L’engagement annonce une offre supplémentaire disponible plus rapidement, sans fixer de prix européen à la pompe.
L’échéance de fin janvier 2027 fournit un repère pour vérifier la mise en œuvre. Le bilan dépendra des quantités effectivement livrées et de l’évolution du marché du diesel, et pas seulement du volume engagé lors de la réunion.
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