Le Parquet européen a renvoyé en jugement à Paris deux personnes vivant en Allemagne et en Suisse, dans une affaire concernant 240 000 euros accordés à une association française pour un projet d'alphabétisation des enfants. Les procureurs soutiennent que l'organisation n'avait pas la capacité nécessaire pour mettre en œuvre le projet, que des documents falsifiés ont été soumis et qu'une partie des fonds a été détournée puis blanchie.
Le Parquet européen, EPPO, a renvoyé en jugement au Tribunal correctionnel de Paris deux personnes vivant en Allemagne et en Suisse, dans une enquête concernant une présumée fraude de 240 000 euros provenant de fonds Erasmus+. L'argent a été accordé entre 2016 et 2019 à une association française dirigée par les deux suspects pour un projet éducatif dédié à l'alphabétisation des enfants.
En bref
EPPO a renvoyé en jugement deux personnes vivant en Allemagne et en Suisse dans une affaire concernant 240 000 euros de fonds Erasmus+.
Le financement a été accordé à une association française pour un projet dédié à l'alphabétisation des enfants, réalisé entre 2016 et 2019.
Les procureurs soupçonnent que l'association n'avait pas la capacité opérationnelle nécessaire pour mettre en œuvre le projet conformément aux conditions de financement.
Un des accusés est accusé d'avoir transmis des documents justificatifs falsifiés à l'agence française Erasmus+, et une partie des fonds européens aurait été détournée puis blanchie.
Si les deux sont reconnus coupables, ils risquent jusqu'à sept ans de prison et des amendes allant jusqu'à 750 000 euros. Ils bénéficient de la présomption d'innocence.
L'affaire concerne un financement de 240 000 euros accordé par le programme Erasmus+ à une organisation française à but non lucratif pour un projet axé sur l'apprentissage de la lecture par les enfants. L'association était dirigée par les deux personnes renvoyées en jugement, et le financement a été accordé par l'agence française Erasmus+ pour la période 2016-2019.
Selon l'enquête de l'EPPO, le problème ne concerne pas l'existence du programme Erasmus+ ou l'objectif éducatif du projet, mais la manière dont l'organisation aurait obtenu et utilisé le financement. Les procureurs soutiennent que l'association n'aurait pas disposé de la capacité opérationnelle nécessaire pour mettre en œuvre le projet dans les conditions établies.
Un des deux suspects est accusé d'avoir transmis à l'agence française Erasmus+ des documents justificatifs falsifiés. L'EPPO ne précise pas dans les informations publiées quel type de documents est concerné ni combien de tels documents auraient été utilisés.
L'enquête, menée avec le soutien de l'Office national de lutte contre la fraude en France, ONAF, a également établi que les activités éducatives financées n'auraient pas été mises en œuvre conformément aux obligations assumées par le financement. Les procureurs affirment que les preuves recueillies indiquent le détournement d'une partie des fonds européens.
EPPO affirme également qu'un des accusés aurait blanchi une partie des fonds détournés par la suite. Les informations publiées ne précisent pas le montant exact qui aurait été détourné ou blanchi et ne décrivent pas le mécanisme par lequel les fonds auraient été transférés ou utilisés par la suite.
Les 240 000 euros représentent la valeur totale du financement Erasmus+ qui fait l'objet de l'affaire, et non un montant que l'EPPO présente automatiquement comme un préjudice définitif. L'établissement du préjudice concret et de la responsabilité pénale reviendra à la juridiction française.
Le renvoi en jugement marque le passage de l'affaire de la phase d'enquête à celle du jugement des accusations devant le Tribunal correctionnel de Paris. L'EPPO n'a pas publié la date de la prochaine audience ni l'identité des deux personnes.
Si les accusés sont reconnus coupables, ils risquent jusqu'à sept ans de prison et des amendes allant jusqu'à 750 000 euros. Ce sont les sanctions maximales possibles pour les accusations portées, et non des peines déjà établies.
Les personnes renvoyées en jugement bénéficient de la présomption d'innocence jusqu'à ce qu'une décision soit rendue par les juridictions françaises compétentes.
EPPO enquête et poursuit pénalement les infractions qui affectent les intérêts financiers de l'Union européenne, y compris les fraudes liées aux subventions et programmes européens. Dans ce cas, l'enquête est coordonnée par le bureau de l'EPPO à Paris et a bénéficié du soutien de l'ONAF.
L'affaire concerne un projet Erasmus+ à objectif éducatif, mais les accusations se concentrent sur la capacité réelle de mise en œuvre, les documents justificatifs utilisés et la manière dont une partie du financement aurait été utilisée.
Le cas est maintenant devant la juridiction, et les accusations portées par l'EPPO doivent être prouvées en procès.
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