Les plateformes de commerce électronique qui facilitent la vente de marchandises provenant de pays situés hors de l’UE devraient être responsables, en tant qu’importateurs, des formalités douanières et du paiement des droits, conformément à la réforme examinée en séance plénière du Parlement européen. Le texte transfère ces obligations de l’acheteur final vers l’opérateur commercial et introduit des sanctions progressives en cas d’infractions systématiques. Le vote final des députés européens est prévu pour le 16 septembre.
En brefLes plateformes qui facilitent la vente de marchandises provenant de pays situés hors de l’UE seraient responsables des formalités douanières et du paiement des droits. Le texte doit encore être soumis au vote final du Parlement, prévu pour le 16 septembre.
Les amendes pour les infractions systématiques commenceraient à 1–4 % de la valeur des importations des 12 derniers mois. La répétition des infractions dans le délai prévu porterait la fourchette à 3–6 %, avec la perte des facilités douanières.
Le droit de douane de 3 euros déjà applicable et la taxe de traitement prévue par la réforme sont des mesures différentes. Pour cette dernière, la Commission doit fixer le montant par un acte délégué.
La plateforme européenne de données douanières deviendrait obligatoire pour les importateurs réalisant des ventes à distance à partir de juillet 2028. Le déploiement général est prévu pour mars 2034, dans le cadre d’un système coordonné avec la nouvelle Autorité douanière située à Lille.
La nouvelle définition de l’importateur pour les ventes à distance couvre la personne qui fournit les marchandises ou facilite la vente. Pour les plateformes concernées, le rôle d’intermédiaire ne les exonérerait plus de leur responsabilité douanière. Le Conseil présente ce changement comme un moyen d’identifier l’opérateur responsable du respect des formalités et du paiement des droits lorsque les marchandises sont vendues à des consommateurs de l’Union.
Les sanctions sont liées à la valeur des marchandises importées. En cas d’infraction systématique, le texte prévoit des amendes comprises entre 1 % et 4 % de la valeur totale des importations de l’opérateur dans l’UE au cours des 12 derniers mois. Une nouvelle infraction systématique constatée dans les six mois suivant la sanction porterait la fourchette à 3–6 %. Il ne s’agit donc pas d’une amende calculée sur le chiffre d’affaires mondial, ni d’un plafond automatiquement applicable à toute erreur.
L’opérateur perdrait également les facilités douanières accordées au titre de son statut d’opérateur économique agréé ou de commerçant de confiance. Si les infractions systématiques se poursuivent après la sanction majorée, le texte permet, selon leur gravité, de restreindre temporairement l’accès de l’opérateur à l’interface en ligne. Le mécanisme vise ainsi à la fois la sanction financière et la limitation des avantages dont bénéficie un commerçant qui continue d’enfreindre les règles.
La réforme doit être distinguée du droit de douane temporaire de 3 euros, applicable à partir du 1er juillet 2026 aux colis de moins de 150 euros envoyés directement à des consommateurs de l’UE. Celui-ci est calculé pour chaque catégorie tarifaire distincte du colis, et non pour chaque objet physique. Dans l’exemple du Conseil, un chemisier en soie et deux articles en laine constituent deux catégories et génèrent un droit de 6 euros.
Par ailleurs, le nouveau code prévoit une taxe européenne de traitement pour les marchandises vendues à distance. Celle-ci couvrirait des coûts tels que la vérification des données, l’analyse des risques, les infrastructures et les contrôles douaniers, et son montant devrait être fixé par la Commission au moyen d’un acte délégué. Le texte juridique lie l’application de la taxe à l’expiration d’un délai de dix jours à compter de l’entrée en vigueur de cet acte. Par conséquent, la somme de 3 euros ne représente pas le montant de cette taxe de traitement.
Le contrôle des importations serait soutenu par une plateforme européenne commune de données douanières et par la nouvelle Autorité douanière de l’UE, dont le siège serait à Lille. L’Autorité analyserait les données afin d’aider les administrations nationales à identifier les envois à haut risque et à coordonner les priorités de contrôle. L’accès à des informations communes est l’élément par lequel la réforme tente de rendre les contrôles plus cohérents entre les États membres.
La mise en œuvre serait progressive. Les importateurs réalisant des ventes à distance devraient utiliser la plateforme de données à partir du 1er juillet 2028, tandis que l’obligation générale pour les opérateurs qui placent des marchandises sous un régime douanier devrait s’appliquer à partir du 1er mars 2034. L’adoption de la réforme ne signifierait donc pas que l’ensemble du système informatique et toutes les nouvelles procédures deviennent immédiatement opérationnels.
Le Conseil de l’Union européenne a approuvé le texte le 3 septembre, et le débat en séance plénière du Parlement a eu lieu le 14 septembre. Le dossier se trouve au stade de l’approbation en deuxième lecture par le Parlement. À l’issue de la procédure législative, le règlement doit être signé et publié au Journal officiel de l’UE.
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