La Commission européenne a approuvé des mesures d'aide d'État permettant à la Roumanie d'augmenter de 1 milliard d'euros le capital de la Banque d'Investissement et de Développement et de prolonger jusqu'au 31 décembre 2032 la garantie d'État qui soutient les opérations de la banque. La banque pourra financer davantage de PME, de start-ups innovantes, d'infrastructures publiques et de projets stratégiques dans la défense, la production high-tech, les industries intensives en connaissance et la cybersécurité.
La Roumanie peut augmenter de 1 milliard d'euros le capital de la Banque d'Investissement et de Développement, BID, après que la Commission européenne a approuvé les mesures sur la base des règles européennes concernant l'aide d'État. La décision permet également de prolonger jusqu'au 31 décembre 2032 la garantie d'État qui soutient les opérations de la banque, ainsi que l'extension de son mandat vers des secteurs stratégiques tels que la défense, la production high-tech, les industries intensives en connaissance et la cybersécurité.
En résumé
1. La Commission européenne a approuvé les mesures de la Roumanie pour la Banque d'Investissement et de Développement.
2. La Roumanie peut augmenter le capital de la BID de 1 milliard d'euros.
3. Sur cette augmentation, 100 millions d'euros seront financés par un prêt du Mécanisme de Redressement et de Résilience.
4. La garantie d'État pour les opérations de la BID sera prolongée jusqu'au 31 décembre 2032.
5. Le mandat de la banque est étendu aux entreprises en croissance et aux projets dans la défense, la production high-tech, les industries intensives en connaissance et la cybersécurité.
La Banque d'Investissement et de Développement a été créée pour compléter le financement offert par les banques commerciales et pour soutenir des projets qui ont des difficultés à obtenir suffisamment d'argent sur le marché. La Commission européenne a approuvé en janvier 2023 la création de la banque, avec un capital initial de 1,6 milliard d'euros. La nouvelle décision augmente la capacité d'intervention à un moment où les entreprises et les projets publics ont besoin de financement à long terme.
L'augmentation de capital sera de 1 milliard d'euros. Sur ce montant, 100 millions d'euros proviendront d'un prêt du Mécanisme de Redressement et de Résilience, RRF. La Roumanie a notifié à la Commission le prolongement de la garantie d'État qui soutient les opérations de la BID. La garantie aurait expiré en 2028, et la nouvelle approbation l'étend jusqu'au 31 décembre 2032.
La BID pourra mobiliser des financements pour des projets et des bénéficiaires qui ne trouvent pas facilement d'argent sur le marché privé. La Commission mentionne en particulier les PME innovantes et les start-ups avec des garanties limitées, mais aussi des projets d'infrastructure publique dans la santé, l'éducation, les services publics et l'énergie renouvelable. Ces types de projets ont souvent besoin de financement à long terme, que le marché n'offre pas toujours dans des conditions suffisantes ou acceptables.
La banque a le rôle d'une institution nationale de promotion. Elle peut offrir des prêts, des garanties et un financement par capital propre dans des domaines tels que l'énergie renouvelable, le haut débit, l'infrastructure locale, les ports et les aéroports. L'accent reste mis sur les PME et les start-ups innovantes, mais le nouveau mandat lui permet d'entrer plus clairement dans des secteurs considérés comme stratégiques.
L'extension du mandat inclut un soutien pour les scale-ups, c'est-à-dire des entreprises qui ont dépassé la phase de start-up et ont besoin de capital pour croître plus rapidement. Les nouveaux secteurs ciblés sont la défense, la production high-tech, les industries high-tech intensives en connaissance et la cybersécurité. Pour la Roumanie, ces domaines sont liés à la compétitivité industrielle, à l'autonomie technologique, à la sécurité et à la capacité de l'économie à développer des entreprises plus grandes, et pas seulement des petites entreprises en début de parcours.
L'approbation de la Commission ne signifie pas que l'État peut financer n'importe quel projet par la BID sans limites. Les règles européennes concernant l'aide d'État permettent un soutien public lorsque le marché n'offre pas un financement suffisant ou comparable, mais exigent des garanties pour que l'argent public ne remplace pas le financement privé là où il existe déjà.
La Commission a évalué les mesures sur la base de l'article 107, paragraphe 3, lettre c, du Traité sur le fonctionnement de l'Union européenne. Cet article permet aux États membres de soutenir le développement d'activités économiques, à condition que certaines conditions soient respectées.
Le exécutif européen a conclu que les mesures facilitent le développement d'activités économiques dans des secteurs où il existe encore des lacunes de financement. Par le biais de prêts, de garanties et de financement par actions, la BID peut soutenir des investissements dans l'énergie renouvelable, le haut débit, l'infrastructure locale, les ports et les aéroports, et le mandat élargi lui permet de répondre à des besoins de financement dans des secteurs stratégiques supplémentaires.
La Commission a considéré que les mesures sont nécessaires et appropriées pour les entreprises qui ne peuvent pas obtenir un financement suffisant de la part d'investisseurs privés. Le capital supplémentaire, la garantie d'État prolongée et le mandat plus large doivent permettre à la BID de financer des projets et des entreprises économiquement viables, mais contraintes par un accès limité au capital.
La décision inclut également la condition de proportionnalité. Les interventions de la BID doivent rester limitées aux zones où des échecs de marché ont été identifiés, et le financement ne doit pas dépasser le niveau nécessaire pour atteindre les objectifs publics visés. Les activités de la banque en tant qu'opérateur de marché sont restreintes à des secteurs et segments où le cadre d'aide d'État reconnaît l'existence d'échecs de marché.
La Commission indique qu'il existe des garanties pour éviter des effets négatifs injustifiés sur la concurrence et le commerce dans l'Union européenne. Les financements de la BID seront soumis à des mécanismes destinés à prévenir le remplacement des investisseurs privés là où un financement de marché est disponible. L'activité de la banque reste soumise à des exigences de surveillance et de reporting.
Les règles européennes permettent aux États de soutenir des banques nationales de promotion lorsque le marché privé n'offre pas suffisamment de financements ou n'offre pas de financement dans des conditions comparables. Ce type d'institution est utilisé pour des projets qui peuvent avoir une valeur économique et publique, mais qui sont trop risqués, trop longs ou trop peu garantis pour les bailleurs de fonds ordinaires.
Pour les entreprises, la décision peut signifier un accès à un financement dans des zones où des garanties limitées, un risque technologique ou la durée longue du projet bloquent le crédit. Pour le secteur public, cela peut signifier un financement pour des infrastructures locales, la santé, l'éducation, les services publics ou l'énergie renouvelable. Pour l'économie roumaine, le mandat élargi introduit plus clairement des domaines liés à la sécurité et à la technologie.
La BID a été créée en 2022 pour compléter l'activité des banques commerciales, promouvoir le développement économique et aider les entreprises qui rencontrent des difficultés à accéder au financement. La décision de la Commission renforce le rôle de la banque dans l'utilisation des fonds publics et européens pour des investissements, mais maintient des conditions de contrôle pour protéger la concurrence sur le marché intérieur.
Toutes les investissements et réformes des plans nationaux de redressement impliquant une aide d'État doivent être notifiés à la Commission pour approbation préalable, sauf si elles sont couvertes par des règles d'exemption. La Commission indique qu'elle traite en priorité les mesures d'aide d'État incluses dans les plans de redressement, mais vérifie en même temps le respect des règles de concurrence, afin que les fonds RRF ne distordent pas le marché et ne suppriment pas les investissements privés.
La version non confidentielle de la décision sera publiée dans le registre des aides d'État de la Commission, sous le numéro de cas SA.122354, après résolution de tout problème de confidentialité.
La Banque d'Investissement et de Développement est la banque nationale de développement de la Roumanie. La Commission européenne a approuvé en 2023 sa création avec un capital initial de 1,6 milliard d'euros. La nouvelle décision approuve l'augmentation du capital de 1 milliard d'euros, le prolongement de la garantie d'État jusqu'au 31 décembre 2032 et l'extension du mandat de la banque vers des secteurs stratégiques supplémentaires.
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