Michael McGrath invoque le respect des critères légaux et les résultats d’une intervention concernant la protection des lanceurs d’alerte, sans annoncer l’activation de la conditionnalité budgétaire. Le différend porte sur le passage de recommandations répétées à des mesures financières visant à protéger le budget européen.
Des eurodéputés ont demandé à la Commission européenne d’utiliser le mécanisme de conditionnalité budgétaire contre la Slovaquie, soutenant que le dialogue et les recommandations répétées n’empêchent pas la détérioration des garanties anticorruption. Le commissaire chargé de la démocratie, de la justice, de l’État de droit et de la protection des consommateurs, Michael McGrath, a répondu que l’exécutif européen était prêt à intervenir si les critères légaux étaient remplis, sans annoncer le déclenchement de la procédure.
En brefDes eurodéputés ont demandé de passer du dialogue et des recommandations à des mesures financières, invoquant des problèmes persistants concernant les garanties anticorruption et la protection des fonds européens en Slovaquie.
McGrath a déclaré que tous les instruments restaient disponibles si les conditions légales étaient remplies. Il n’a pas annoncé le déclenchement du mécanisme de conditionnalité et n’a fourni aucun calendrier.
Le Parquet européen a signalé la limitation de la suspension des subventions agricoles pour les bénéficiaires renvoyés devant les tribunaux. La saisine de la Commission ne constitue pas une décision de blocage des fonds.
La Commission a clos la procédure concernant les lanceurs d’alerte en matière d’intégrité après l’abrogation de la modification contestée. McGrath a invoqué ce résultat ponctuel, sans annoncer le règlement de l’ensemble des problèmes concernant les fonds de l’UE.
Le différend a dominé une partie de l’échange de vues avec le groupe de suivi de la démocratie, de l’État de droit et des droits fondamentaux au sein de la commission des libertés civiles du Parlement européen. Les participants qui demandaient des mesures financières ont contesté les résultats d’une approche fondée sur des rapports et une correspondance avec les autorités slovaques. La question adressée au commissaire était de savoir quand les problèmes signalés à plusieurs reprises auraient des conséquences budgétaires. Le débat a eu lieu le 15 septembre, dans le cadre de l’examen du rapport de la Commission sur l’État de droit en 2026.
La pression s’appuie sur des positions adoptées en séance plénière. Le 20 mai, le Parlement a réitéré sa demande d’activation du mécanisme de conditionnalité, dans une résolution approuvée par 347 voix pour, 165 contre et 25 abstentions. Les eurodéputés invoquaient l’affaiblissement des garanties anticorruption et les risques pour les intérêts financiers de l’UE. Une demande similaire avait été formulée en avril, dans le cadre de l’examen de l’exécution du budget européen pour 2024.
Lors de la réunion, les critiques ont notamment porté sur la suppression de certaines structures spécialisées et sur l’utilisation prétendument abusive des fonds européens. Certains participants ont également invoqué l’intervention du Parquet européen pour demander le passage à des mesures financières. McGrath a répondu que le rapport annuel n’était qu’un des instruments de la Commission et que les procédures en manquement pouvaient produire des résultats. Il a mentionné le dialogue concernant les modifications de la Constitution slovaque et leur compatibilité avec le droit de l’UE.
Le Parquet européen a saisi la Commission le 1er juin dans le cadre de la conditionnalité budgétaire. Selon son communiqué, les modifications de la législation agricole slovaque limitent fortement la suspension des paiements entre le renvoi devant les tribunaux et la condamnation définitive des bénéficiaires. Selon l’évaluation du procureur général européen, certaines dispositions « réduisent substantiellement la protection effective des intérêts financiers de l’UE ».
Le mécanisme européen exige une relation suffisamment directe entre les violations de l’État de droit et l’atteinte au budget de l’UE, ou le risque grave d’une telle atteinte. La Commission doit également examiner si d’autres instruments protégeraient plus efficacement les fonds. Elle propose des mesures proportionnées, notamment des suspensions de paiements, et le Conseil statue sur celles-ci. La résolution du Parlement et la saisine des procureurs peuvent alimenter l’évaluation, sans entraîner automatiquement le blocage des fonds.
McGrath a insisté sur le fait que la situation de la Slovaquie était analysée par plusieurs services de la Commission, notamment par la direction générale du budget concernant l’éventuelle utilisation du règlement sur la conditionnalité. Il a réaffirmé sa disponibilité à utiliser tous les instruments pour protéger l’État de droit et les intérêts financiers de l’Union, dans le respect des conditions prévues par le droit de l’UE. Il n’a pas précisé dans son intervention quels critères n’étaient pas encore remplis, ni fixé de délai pour une décision.
Comme exemple de l’efficacité de l’intervention de la Commission, le commissaire a évoqué le dossier de la protection des lanceurs d’alerte en matière d’intégrité. La procédure avait été ouverte en janvier, après l’adoption en décembre 2025 de modifications qui prévoyaient la suppression de l’office slovaque de protection des lanceurs d’alerte et pouvaient exposer les personnes protégées à des représailles, selon la Commission. Les autorités slovaques ont abrogé la modification contestée avant qu’elle ne produise ses effets, et la Commission a clos la procédure le 8 juillet, considérant que les problèmes de ce dossier étaient résolus.
Le résultat invoqué concerne donc une intervention législative précise. La demande des eurodéputés porte plus largement sur la capacité de la Slovaquie à prévenir et sanctionner les abus qui affectent le budget européen. Dans sa réponse, McGrath a présenté le retrait de la modification comme la preuve que l’action de la Commission pouvait entraîner des changements, mais il n’a pas annoncé que les préoccupations concernant la protection des fonds avaient été résolues dans leur ensemble.
https://2eu.brussels/ro/news/eurodeputatii-cer-suspendarea-unor-fonduri-ue-pentru-slovacia-din-cauza-problemelor-privind-statul-de-drept
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