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  2. UE

La Cour de Justice explique comment les mineurs peuvent être protégés sur les sites pornographiques sans perturber le marché numérique européen.

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17 juin 2026, 10:46
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La Cour de justice de l'Union européenne a décidé que les États membres peuvent demander la vérification de l'âge pour accéder à des sites pornographiques et peuvent limiter la retransmission de certaines informations sur les contrôles routiers dans les applications de navigation, mais seulement si elles respectent les règles européennes concernant les services en ligne. La décision montre que la protection des mineurs et la sécurité publique peuvent justifier des interventions fermes, mais les États ne peuvent pas imposer directement des obligations générales aux plateformes établies dans d'autres pays de l'Union européenne.


La Cour de justice de l'Union européenne a décidé que les États membres peuvent demander la vérification de l'âge sur les sites pornographiques pour protéger les mineurs et peuvent limiter certaines informations diffusées par des applications de navigation lorsque l'ordre et la sécurité publique sont en jeu. La décision ne donne pas aux États un chèque en blanc : les mesures doivent viser des services concrets, être proportionnelles et respecter la procédure européenne qui protège la libre circulation des services en ligne.


En résumé


Les États membres peuvent demander la vérification de l'âge sur des sites pornographiques, mais pas par une obligation générale appliquée directement à tous les fournisseurs établis dans d'autres pays de l'Union européenne.


Des mesures contre un site concret peuvent être autorisées si le fournisseur n'a pas pris de mesures adéquates pour protéger les mineurs et si l'État respecte la procédure de la directive sur le commerce électronique.


Les États peuvent interdire la retransmission de certaines informations sur des contrôles routiers spécifiques par des applications de navigation, pour des raisons d'ordre, de sécurité ou de sûreté publique.


Avant d'agir contre un fournisseur d'un autre État membre, les autorités doivent, en principe, demander à l'État où le fournisseur est établi d'intervenir et d'informer la Commission européenne.


La Cour clarifie également un principe important pour les plateformes : un opérateur qui décide par algorithme comment les informations des utilisateurs sont diffusées exerce un contrôle sur celles-ci et ne peut pas être traité automatiquement comme un simple hébergement passif.


La décision part de deux litiges français qui semblent, à première vue, très différents. Le premier concerne l'accès des mineurs à des sites pornographiques. Le second concerne les applications de navigation ou d'assistance à la conduite qui peuvent retransmettre des alertes aux utilisateurs concernant certains contrôles routiers.


Dans les deux cas, le véritable problème était le même : un État membre peut-il imposer ses propres règles à un service en ligne établi dans un autre pays de l'Union européenne ? La réponse de la Cour est équilibrée. Oui, les États peuvent intervenir pour la protection des mineurs ou la sécurité publique, mais ils doivent respecter les règles européennes établies pour le marché numérique unique.


Le cas des sites pornographiques a été ouvert par deux entreprises établies en République tchèque, WebGroup Czech Republic et NKL Associates. Elles ont contesté le mécanisme français par lequel l'autorité ARCOM peut demander des mesures techniques pour que les mineurs ne puissent pas accéder à du contenu pornographique simplement en déclarant qu'ils ont plus de 18 ans.


La Cour dit que la protection des mineurs est un objectif légitime et très important. La pornographie entre dans la catégorie des contenus qui peuvent justifier des mesures strictes de contrôle d'accès, surtout à la lumière des droits de l'enfant et de la dignité humaine, protégés par la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne.


Cependant, la France ne peut pas appliquer directement aux fournisseurs établis dans d'autres États membres une obligation générale et abstraite de droit pénal. En termes simples, un État ne peut pas dire à tous les sites pornographiques d'autres pays de l'Union : respectez directement ma règle nationale, sans passer par le mécanisme européen.


Ce mécanisme repose sur le principe de l'État d'origine. Sur le marché numérique européen, un service en ligne est réglementé, en principe, par l'État membre dans lequel le fournisseur est établi. Sinon, la même plateforme pourrait être contrainte de respecter simultanément des règles différentes dans chaque État membre, ce qui fragmenterait le marché numérique.


La Cour ne bloque cependant pas la vérification de l'âge. Au contraire, elle dit qu'un État peut obliger un fournisseur concret à mettre en place un système de vérification de l'âge lorsque celui-ci n'a pas pris de mesures adéquates pour protéger les mineurs. La différence est importante : la mesure doit être individuelle, justifiée et proportionnelle, pas une règle générale appliquée directement à tous les services d'autres États membres.


En principe, avant de prendre une telle mesure, l'État qui souhaite intervenir doit demander à l'État dans lequel le fournisseur est établi d'agir. Il doit également informer la Commission européenne et l'État concerné de son intention. L'exception est l'urgence, mais même alors, la notification doit être faite aussi rapidement que possible.


La deuxième partie de la décision concerne Coyote System, une entreprise qui offre des services d'assistance à la conduite et de navigation par géolocalisation. En France, les autorités peuvent interdire temporairement la retransmission de messages aux utilisateurs concernant certains contrôles routiers, par exemple des contrôles liés à l'alcool, aux drogues, aux crimes graves, aux personnes recherchées ou aux menaces à l'ordre public.


La Cour accepte que de telles restrictions peuvent être justifiées. Un État peut avoir de réelles raisons de sécurité publique pour empêcher la diffusion d'informations permettant d'éviter des contrôles sensibles. Et ici, cependant, la mesure doit respecter les conditions de la directive sur le commerce électronique et être appliquée dans un cadre limité, proportionnel et vérifiable.


Pour le lecteur ordinaire, la décision dit quelque chose de simple : l'Union européenne n'interdit pas aux États de protéger les mineurs ou de défendre la sécurité publique dans l'espace numérique. Mais elle leur demande de ne pas transformer ces objectifs légitimes en un moyen d'imposer unilatéralement des règles nationales à l'ensemble du marché européen.


Un autre élément important de la décision concerne les algorithmes. La Cour dit qu'un opérateur en ligne ne peut pas prétendre automatiquement qu'il est seulement un intermédiaire passif s'il utilise un algorithme pour décider comment, quand et dans quel ordre les informations fournies par les utilisateurs sont diffusées.


Cette clarification compte au-delà du cas Coyote. Dans l'économie numérique, de nombreuses plateformes ne se contentent pas de stocker des informations. Elles les organisent, les priorisent, les cachent, les combinent ou décident quand elles parviennent aux utilisateurs. La Cour montre que, lorsque un opérateur contrôle par algorithme la diffusion des informations, son statut juridique peut changer.


Le régime d'hébergement passif, qui peut limiter la responsabilité du fournisseur pour les informations stockées à la demande des utilisateurs, est réservé aux services qui ont un rôle neutre, technique et passif. Si l'opérateur contrôle les informations dans son propre intérêt ou celui de son service, il ne peut plus invoquer automatiquement la même protection.


La décision ne clôt pas les litiges en France. La Cour de justice interprète le droit de l'Union, et le Conseil d'État en France doit appliquer cette interprétation dans les deux affaires. Le tribunal français vérifiera si les mesures contestées respectent les conditions établies par la Cour, y compris le caractère individuel des mesures, la proportionnalité et les obligations de notification.


La décision fixe une ligne pertinente pour les futurs litiges numériques dans l'Union. Les États membres peuvent intervenir contre des risques réels, mais ils doivent le faire par des instruments européens, pas par des raccourcis nationaux. Pour les plateformes, le message est tout aussi clair : le contrôle algorithmique sur l'information peut entraîner plus de responsabilité.


https://2eu.brussels/ro/stiri/curtea-de-justitie-spune-cum-pot-fi-protejati-minorii-pe-site-uri-pornografice-fara-a-rupe-piata-digitala-europeana

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