Les pays de l’OTAN évitent, pour l’heure, de prendre des mesures sévères contre la Russie, malgré l’intensification des attaques visant les infrastructures critiques européennes et les usines d’armement, rapporte POLITICO. Les Alliés craignent qu’une réponse directe ne provoque une escalade, voire un conflit ouvert avec Moscou.
Les capitales européennes se demandent si une accumulation d’attaques hybrides — sabotages, cyberattaques et incidents impliquant des drones — pourrait activer l’article 5 du traité de l’OTAN, qui prévoit la défense collective. Aucun consensus n’existe toutefois sur cette question, et l’alliance ne dispose pas encore d’un plan officiel de réponse coordonnée.
Les débats ont été intensifiés par un drone russe qui a frappé, ce week-end, un train près de la frontière polono-ukrainienne, ainsi que par les enquêtes sur les explosions survenues dans deux dépôts d’armes en Bulgarie. Des responsables européens avertissent que, même si les attaques graves ont jusqu’à présent été déjouées, un incident faisant des victimes pourrait sérieusement mettre à l’épreuve l’unité de l’OTAN.
Le secrétaire général Mark Rutte a déclaré que l’alliance disposait de « toutes les options de réponse », tout en plaidant pour la poursuite du soutien apporté à l’Ukraine. Parmi les options examinées figurent une communication commune plus ferme, la protection des infrastructures critiques et l’établissement de réponses convenues à l’avance.
L’Union européenne prépare elle aussi des mesures contre les menaces hybrides, mais sa réaction reste désunie. Les États membres ne sont pas parvenus récemment à prolonger les sanctions contre la Russie, tandis que le Parlement européen prépare des résolutions décrivant Moscou comme la menace hybride la plus grave pour le bloc communautaire.
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