Le Conseil de l'Union européenne a adopté le règlement qui met à jour le cadre européen de vérification des investissements étrangers directs. Les nouvelles règles obligent tous les États membres à disposer de mécanismes de filtrage pour les investissements pouvant affecter la sécurité ou l'ordre public, y compris dans des domaines tels que la défense, l'intelligence artificielle, les semi-conducteurs, l'énergie, les transports, l'infrastructure numérique, les matières premières critiques, les systèmes électoraux et certaines infrastructures financières.
Le Conseil de l'Union européenne a adopté le règlement qui modifie le système européen de vérification des investissements étrangers directs, à un moment où la sécurité économique, l'infrastructure critique et le contrôle des technologies sensibles sont devenus des dossiers centraux de la politique commerciale européenne. Le nouveau cadre remplacera le règlement en vigueur depuis 2020 et obligera tous les États membres à établir des mécanismes de filtrage pour les investissements pouvant affecter la sécurité ou l'ordre public.
En bref
Tous les États membres devront disposer de mécanismes nationaux de vérification des investissements étrangers dans des domaines sensibles.
Les règles couvrent les investissements dans des technologies à double usage, des équipements militaires, des semi-conducteurs, des technologies quantiques, de l'intelligence artificielle, des matières premières critiques, de l'énergie, des transports et de l'infrastructure numérique.
Le règlement couvre également les investissements réalisés par le biais de filiales établies dans l'Union européenne, si celles-ci sont contrôlées par des investisseurs extérieurs à l'UE.
Les États membres conservent la responsabilité finale des décisions de filtrage, mais la coopération avec la Commission européenne et les autres États membres deviendra plus structurée.
Les nouvelles règles entreront en vigueur 20 jours après leur publication dans le Journal officiel de l'Union européenne et s'appliqueront 18 mois plus tard.
Le règlement adopté par le Conseil étend le cadre existant pour le filtrage des investissements étrangers et introduit un ensemble commun minimal de secteurs, technologies et infrastructures que les mécanismes nationaux doivent couvrir. Le texte s'applique aux investissements qui créent ou maintiennent des liens directs et durables entre un investisseur étranger et une entreprise basée dans l'Union européenne, lorsque ces liens permettent une participation effective à la gestion ou au contrôle de la cible.
Dans le nouveau système, les États membres devront vérifier les investissements dans des entreprises qui développent, produisent ou commercialisent des produits à double usage, des biens ou des technologies militaires, des semi-conducteurs, des technologies quantiques et certaines technologies d'intelligence artificielle. Le filtrage couvrira également les investissements dans des entités actives dans les transports, l'énergie ou l'infrastructure numérique, si ces entités sont considérées comme critiques par l'État membre concerné.
Le règlement inclut les matières premières stratégiques, l'infrastructure financière d'importance systémique et les systèmes liés aux processus électoraux, tels que les bases de données pour l'enregistrement des électeurs, les systèmes de vote et les systèmes d'information utilisés pour compter, auditer, afficher ou certifier les résultats électoraux.
Un changement important concerne les investissements réalisés par le biais d'entreprises établies à l'intérieur de l'Union européenne, mais contrôlées directement ou indirectement par des investisseurs de pays tiers. Le texte législatif indique que ces investissements peuvent générer les mêmes risques pour la sécurité ou l'ordre public que les investissements réalisés directement depuis l'extérieur de l'Union, car l'investisseur étranger conserve le pouvoir d'influence sur l'entreprise cible.
Les États membres conserveront la responsabilité exclusive des décisions de filtrage, y compris l'autorisation, l'autorisation avec des mesures d'atténuation, l'interdiction ou l'annulation d'un investissement. Le règlement oblige cependant les autorités nationales à prendre en compte les commentaires des autres États membres et les avis de la Commission européenne lorsque un investissement peut affecter la sécurité ou l'ordre public dans plusieurs États membres ou des projets d'intérêt de l'Union.
Michael Damianos, ministre de l'énergie, du commerce et de l'industrie de la République de Chypre, a déclaré qu'avec l'adoption des nouvelles règles, l'Union européenne renforce sa capacité à protéger la sécurité et l'ordre public, tout en maintenant en même temps l'ouverture aux investissements étrangers. Selon lui, le cadre mis à jour apportera plus de cohérence entre les États membres et couvrira un domaine minimal commun élargi pour les autorités nationales de filtrage.
Le règlement fixe également des délais procéduraux. Les autorités nationales devront réaliser une analyse initiale dans un délai maximum de 45 jours calendaires à compter du dépôt du dossier complet, afin de décider si une enquête approfondie est nécessaire. Dans certains cas, les États membres notifieront l'investissement par le biais du mécanisme de coopération européen, permettant aux autres États membres et à la Commission de soumettre des commentaires ou des avis dans des délais définis.
Le texte prévoit également la création d'un système sécurisé et crypté pour l'échange d'informations entre les États membres et la Commission, une base de données sécurisée concernant les investissements notifiés et, à la demande d'au moins neuf États membres, un portail européen en ligne pour le dépôt électronique des dossiers d'investissement.
Le cadre actuel, appliqué depuis octobre 2020, a créé le premier mécanisme de coopération à l'échelle de l'UE pour le filtrage des investissements étrangers directs susceptibles d'affecter la sécurité ou l'ordre public. Après son introduction, tous les États membres ont établi des mécanismes nationaux de filtrage, mais le Conseil indique que les différences de domaine, de seuils, de délais et de procédures continuent de créer de l'incertitude pour les investisseurs et des risques pour le marché intérieur.
Le règlement adopté sera désormais publié dans le Journal officiel de l'Union européenne. Il entrera en vigueur 20 jours après sa publication, et les nouvelles règles commenceront à s'appliquer 18 mois après leur entrée en vigueur.
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