La présidente de la Banque Centrale Européenne, Christine Lagarde, a dit aux eurodéputés de la Commission des affaires économiques et monétaires que l'inflation dans la zone euro a augmenté à 3,2 % en mai, en raison de la hausse des prix de l'énergie après le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient. La BCE a décidé en juin d'augmenter les trois taux d'intérêt clés de 25 points de base, mais Lagarde a déclaré que l'institution ne s'engage pas sur une trajectoire prédéfinie et décidera d'une réunion à l'autre, en fonction des données.
La Banque Centrale Européenne a augmenté les trois taux d'intérêt clés de 25 points de base après que la guerre au Moyen-Orient a fait grimper les prix de l'énergie et a modifié la perspective économique de la zone euro. La présidente de la BCE, Christine Lagarde, a dit aux eurodéputés de la Commission des affaires économiques et monétaires que l'inflation avait augmenté à 3,2 % en mai, contre 3 % en avril, et que la croissance économique est maintenant plus fragile qu'au début de l'année.
En résumé
La BCE a augmenté en juin les trois taux d'intérêt clés de 25 points de base.
L'inflation dans la zone euro a augmenté à 3,2 % en mai, et l'inflation énergétique a été supérieure à 10 % en avril et mai.
La BCE prévoit une croissance économique de 0,8 % en 2026, 1,2 % en 2027 et 1,5 % en 2028.
Lagarde dit que l'inflation devrait revenir à 2 % en 2028, mais les risques restent élevés.
Les eurodéputés ont interrogé Lagarde sur la stagflation, les prix des aliments, le rôle mondial de l'euro, les stablecoins, l'intelligence artificielle et l'euro numérique.
Les eurodéputés ont concentré de nombreuses questions sur l'inflation générée par les tensions au Moyen-Orient et sur la capacité de la BCE à réagir aux chocs géopolitiques qui affectent directement les prix en Europe. Lagarde a commencé par rappeler qu'à la précédente audition de février, l'inflation était restée proche de l'objectif de 2 % de la BCE depuis plus d'un an, et que l'économie de la zone euro avait un élan solide. Quelques jours plus tard, le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient a montré à quel point un choc externe peut rapidement modifier les calculs pour les prix, les revenus, la consommation et les investissements.
L'économie de la zone euro avait augmenté de 0,3 % au premier trimestre de 2026, après ajustement pour la volatilité exceptionnelle en Irlande. Cependant, Lagarde a déclaré que la guerre pèse maintenant sur l'activité économique, surtout dans les services, tandis que l'industrie manufacturière a jusqu'à présent résisté en partie grâce à l'accumulation de stocks et à l'augmentation des dépenses pour la défense.
Les nouvelles projections de l'Eurosystème indiquent une croissance réelle du PIB de 0,8 % en 2026, 1,2 % en 2027 et 1,5 % en 2028. La demande intérieure est plus faible que prévu en mars, car la guerre a affecté la confiance, et l'énergie plus chère réduit les revenus réels des ménages.
La consommation devrait néanmoins rester le principal moteur de la croissance, sur fond de bilans encore solides des ménages. Les investissements pourraient être soutenus par les dépenses des entreprises pour les technologies numériques et par les dépenses des gouvernements pour la défense et les infrastructures.
L'inflation est à nouveau le problème central. Lagarde a indiqué que le principal moteur de l'inflation depuis février a été l'énergie, avec un taux de plus de 10 % en avril et mai, et que l'inflation hors énergie et aliments a augmenté à 2,6 % en mai, en partie à cause des effets indirects de l'énergie plus chère sur d'autres prix.
La BCE prévoit maintenant une inflation générale de 3 % en 2026, 2,3 % en 2027 et 2 % en 2028. Lagarde a déclaré que les attentes à court terme avaient augmenté au-dessus des niveaux d'avant la guerre, mais que la plupart des mesures à long terme restent autour de l'objectif de 2 %, ce qui soutient la perspective d'un retour de l'inflation à l'objectif de la BCE.
La décision d'augmenter les taux d'intérêt a été présentée comme robuste dans tous les scénarios analysés par la BCE. Lagarde a déclaré que l'institution surveillera les évolutions et continuera à prendre des décisions d'une réunion à l'autre, sur la base des données sur l'inflation, les risques, la dynamique de l'inflation de base et la force de la transmission de la politique monétaire.
Le message clé de la BCE est que l'institution ne s'engage pas sur une trajectoire prédéfinie des taux d'intérêt. Pour les ménages et les entreprises, cela signifie que le niveau des coûts de crédit dépendra de l'évolution des prix de l'énergie, des salaires, de la demande, de l'inflation de base et de la confiance dans l'économie.
Lagarde a expliqué que la politique monétaire ne peut pas réduire directement les prix de l'énergie, mais doit empêcher la transmission des hausses de prix dans le reste de l'économie. Elle a insisté sur la différence entre un choc temporaire, qui peut être toléré, et un choc suffisamment important ou persistant pour alimenter des hausses de prix et de salaires en chaîne.
La BCE considère que le choc actuel se situe pour l'instant dans une zone intermédiaire : il est trop important pour être ignoré, mais il n'existe pas encore de preuves que les attentes inflationnistes se soient détachées de l'objectif ou que les effets de second tour nécessitent une réaction plus forte. Lagarde a déclaré que ce type de réponse graduelle permet à la BCE de rester agile et d'ajuster sa politique si le choc s'intensifie ou persiste.
Les eurodéputés ont demandé à Lagarde si la BCE dispose des outils nécessaires pour lutter contre la stagflation, une situation dans laquelle l'inflation reste élevée alors que l'économie ralentit. Ils ont également soulevé des questions sur la manière dont la politique commerciale de l'UE, l'autonomie stratégique, les différences d'inflation entre les États européens et l'évolution des prix alimentaires peuvent influencer les décisions de la BCE.
La discussion a également dépassé les taux d'intérêt. Les parlementaires ont demandé des avis sur le rôle mondial de l'euro, la relation entre simplification utile et déréglementation risquée, les stablecoins, l'équilibre entre la politique monétaire et la politique fiscale, et la possibilité que la BCE examine les risques d'une bulle liée à l'intelligence artificielle.
Les eurodéputés ont également interrogé sur l'euro numérique, avant un vote en commission du Parlement européen concernant la législation y afférente. Lagarde a déclaré que les billets de banque resteront et que l'euro numérique et les espèces ne s'excluent pas mutuellement, un message pertinent dans un débat où l'une des préoccupations publiques est que la monnaie numérique pourrait remplacer l'argent physique.
Lagarde a conclu en soulignant que les chocs d'offre deviennent plus fréquents, et que la politique monétaire ne peut pas compenser pleinement leurs effets. Elle a déclaré que la résilience structurelle, en particulier dans le secteur énergétique, sera essentielle pour réduire la vulnérabilité de la zone euro aux chocs externes d'approvisionnement.
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