Le Parlement européen a évalué les progrès de cinq pays des Balkans occidentaux en voie d'adhésion à l'Union européenne et a transmis un message différencié : le Monténégro et l'Albanie avancent le plus clairement, le Kosovo et la Macédoine du Nord sont bloqués par des problèmes politiques et institutionnels, tandis que la Bosnie-Herzégovine est avertie que l'obstruction interne freine son parcours européen. Les eurodéputés affirment que l'élargissement reste un processus basé sur des réformes concrètes, et non sur un calendrier politique.
Le Parlement européen a transmis mercredi un message différencié pour cinq pays des Balkans occidentaux qui souhaitent adhérer à l'Union européenne : le Monténégro est le candidat le plus avancé, l'Albanie progresse rapidement, tandis que la Bosnie-Herzégovine, le Kosovo et la Macédoine du Nord doivent surmonter des blocages politiques et institutionnels qui ralentissent leur parcours européen. Les eurodéputés ont adopté des rapports séparés concernant l'Albanie, la Bosnie-Herzégovine, le Kosovo, le Monténégro et la Macédoine du Nord, en mettant l'accent sur les réformes, l'état de droit, le fonctionnement des institutions et la capacité politique à avancer dans les négociations d'adhésion.
En résumé
1. Le Parlement européen a évalué les progrès de cinq pays des Balkans occidentaux : l'Albanie, la Bosnie-Herzégovine, le Kosovo, le Monténégro et la Macédoine du Nord.
2. Le Monténégro est présenté comme le candidat le plus avancé, avec l'objectif de devenir le 28ème État membre de l'Union européenne d'ici 2028.
3. L'Albanie souhaite conclure les négociations d'adhésion d'ici la fin de l'année 2027, mais les eurodéputés avertissent que le rythme dépend de la qualité des réformes.
4. Le Kosovo et la Macédoine du Nord sont critiqués pour le manque de progrès par rapport aux rapports précédents.
5. La Bosnie-Herzégovine est exhortée à mettre fin à l'obstruction politique, aux veto motivés politiquement et à la rhétorique divisive.
Pour un lecteur qui ne suit pas quotidiennement le dossier de l'élargissement, les votes du Parlement européen montrent la différence entre les pays qui ont atteint une étape de négociation presque technique et ceux qui rencontrent encore des blocages politiques de base. L'adhésion à l'Union européenne implique l'adoption et l'application de la législation européenne, mais aussi des institutions stables, une justice fonctionnelle, une lutte crédible contre la corruption et une capacité administrative à mettre les règles en pratique.
Le Monténégro reste le pays le plus proche de l'adhésion. Les eurodéputés ont salué le progrès constant des réformes et l'ambition de Podgorica de finaliser les négociations d'ici la fin de l'année 2026 et de devenir le 28ème État membre de l'Union européenne d'ici 2028. Le rapport sur le Monténégro a été adopté par 486 voix pour, 101 contre et 75 abstentions.
Le message pour le Monténégro est cependant aussi politique, pas seulement technique. Le Parlement européen affirme qu'en plus de remplir les critères de réforme, l'orientation européenne stratégique et l'engagement ferme des représentants politiques envers l'indépendance de l'État sont des critères essentiels dans le processus d'adhésion.
L'Albanie reçoit, pour sa part, un signal positif. Le rapport, adopté par 483 voix pour, 103 contre et 70 abstentions, salue le progrès rapide des dernières années, mais demande aux autorités de s'assurer que les lois adoptées sont appliquées intégralement. Pour Tirana, l'enjeu n'est plus seulement l'adoption des réformes sur le papier, mais la capacité de démontrer qu'elles changent le fonctionnement des institutions et de l'administration.
Les eurodéputés attirent l'attention sur le fait que l'Albanie doit surmonter la polarisation politique interne, améliorer la culture politique, renforcer l'état de droit et consolider les réformes anticorruption. Le Parlement note l'ambition de l'Albanie de conclure les négociations d'adhésion d'ici la fin de l'année 2027, mais souligne que le délai dépendra de la qualité des réformes, et non seulement de la volonté politique déclarée.
Dans le cas de la Bosnie-Herzégovine, le ton est beaucoup plus sévère. Le rapport a été adopté par 478 voix pour, 116 contre et 54 abstentions, et le Parlement réaffirme son soutien à l'adhésion du pays à l'Union européenne sur la base de l'unité, de la souveraineté et de l'intégrité territoriale. Le soutien est cependant conditionné par des réformes qui renforcent les institutions démocratiques, l'état de droit, la lutte contre la corruption et la criminalité organisée, et garantissent les droits fondamentaux pour tous les citoyens.
Les eurodéputés demandent aux dirigeants politiques de Bosnie-Herzégovine de renouveler leur engagement envers l'adhésion à l'Union européenne et de mettre en œuvre sans délai les réformes longtemps retardées. Le Parlement exige la fin de l'obstruction, des veto motivés politiquement et de la rhétorique divisive, qu'il considère comme des obstacles directs à l'aspiration européenne du pays.
Le Kosovo est dans une situation différente, mais tout aussi compliquée. Le Parlement apprécie l'engagement continu du Kosovo envers la demande d'adhésion à l'Union européenne, mais se déclare inquiet de l'incapacité à former une législature et un gouvernement fonctionnels depuis plus d'un an. Le rapport sur le Kosovo a été adopté par 412 voix pour, 174 contre et 58 abstentions.
Les eurodéputés demandent au gouvernement de Pristina d'accélérer les réformes liées à l'Union européenne, en particulier dans les domaines de l'état de droit, des libertés fondamentales et de la lutte contre la corruption. Le rapport souligne également que la normalisation des relations avec la Serbie, y compris la mise en œuvre des accords de Bruxelles et d'Ohrid, reste essentielle pour les ambitions européennes du Kosovo.
La Macédoine du Nord reçoit l'un des messages les plus prudents. Le Parlement européen réaffirme son soutien total à l'adhésion du pays à l'Union européenne, mais regrette le manque de progrès depuis le rapport de 2025, notamment dans les domaines de l'état de droit, de la réforme judiciaire et de la lutte contre la corruption. Le rapport a été adopté par 411 voix pour, 120 contre et 120 abstentions.
Pour Skopje, le blocage le plus visible reste politique. Les eurodéputés affirment qu'un engagement politique renouvelé et une coopération entre les partis sont urgents, y compris pour l'adoption des amendements constitutionnels nécessaires à l'ouverture du premier cluster de négociation. Sans ces changements, le processus d'adhésion reste bloqué même si le soutien européen pour le pays continue.
Les cinq rapports montrent que l'élargissement de l'Union européenne dans les Balkans occidentaux n'avance pas de manière uniforme. Le Parlement européen soutient l'adhésion des pays candidats, mais son message est que chaque État sera évalué en fonction des réformes qu'il applique, de la stabilité de ses institutions et de sa capacité à résoudre les problèmes politiques internes qui affectent directement son parcours européen.
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