La Commission européenne a publié des rapports concernant l'application de la Directive sur les sanctions contre les employeurs et de la Directive sur les travailleurs saisonniers. Les États membres ont intensifié les contrôles et ont appliqué des sanctions financières de plus de 200 millions d'euros par an en 2023 et 2024, mais l'application des règles reste inégale dans l'UE.
La Commission européenne a constaté que les États membres ont intensifié les contrôles et les sanctions contre l'emploi illégal des migrants, mais l'application des règles de l'UE reste fragmentée entre les pays.
En bref
La Commission a adopté des rapports concernant l'application de la Directive sur les sanctions contre les employeurs et de la Directive sur les travailleurs saisonniers.
Les États membres ont effectué près de 600 000 contrôles ciblés dans des secteurs à haut risque en 2024.
La détection des travailleurs migrants se trouvant dans une situation irrégulière a augmenté de plus de 28 000 en 2023 et 2024.
Les sanctions financières contre les employeurs qui emploient des migrants dans une situation irrégulière ont dépassé 200 millions d'euros par an en 2023 et 2024.
La Commission lancera en 2026 une évaluation de la Directive sur les sanctions contre les employeurs.
La Commission européenne a adopté des rapports concernant l'application de deux instruments européens qui établissent des règles communes pour les travailleurs migrants dans l'Union européenne : la Directive sur les sanctions contre les employeurs, adoptée en 2009, et la Directive sur les travailleurs saisonniers, adoptée en 2014.
Ces deux actes législatifs font partie de l'approche de l'UE en matière de migration. La Commission les présente comme des instruments visant à prévenir et à décourager la migration illégale et l'emploi illégal des travailleurs migrants, mais aussi à faciliter des voies légales pour la mobilité de la main-d'œuvre.
La Directive sur les travailleurs saisonniers établit le cadre pour l'admission ordonnée des travailleurs migrants saisonniers. Depuis son entrée en vigueur, en 2014, la directive a contribué à des voies plus claires de mobilité de la main-d'œuvre, réduisant les incitations à l'emploi illégal et au travail non déclaré, selon la Commission.
La Commission affirme qu'elle continuera à surveiller l'application de cette directive dans l'Union européenne.
La Directive sur les sanctions contre les employeurs vise les employeurs qui utilisent des travailleurs migrants se trouvant dans une situation irrégulière. Selon le rapport de la Commission, les États membres ont intensifié les contrôles ciblés dans les secteurs à haut risque.
En 2024, ces contrôles ont atteint près de 600 000. La Commission indique que la détection des travailleurs migrants se trouvant dans une situation irrégulière a augmenté de plus de 28 000 au cours des années 2023 et 2024.
Les États membres ont également appliqué des sanctions plus dissuasives contre les employeurs qui emploient des migrants dans une situation irrégulière. Les sanctions financières ont dépassé 200 millions d'euros par an en 2023 et 2024.
La Commission avertit cependant que l'application de la Directive sur les sanctions contre les employeurs reste fragmentée entre les États membres.
L'exécutif européen lancera en 2026 une évaluation de la directive, afin de déterminer si celle-ci reste adéquate à son objectif et comment son efficacité peut être améliorée.
La Commission analysera également le mandat de l'Autorité européenne du travail, dans le cadre de la révision prévue plus tard dans l'année. L'évaluation visera à déterminer comment l'Autorité peut mieux aborder les abus concernant les conditions de travail des migrants.
Parallèlement, la Commission annonce un soutien supplémentaire pour les États membres, par le biais de financements, d'actions ciblées pour la coopération, l'échange de données et le partage de bonnes pratiques.
La Commission lie ces mesures aux priorités établies dans la Stratégie européenne en matière d'asile et de migration pour les cinq prochaines années, publiée en janvier 2026.
La stratégie vise trois objectifs : prévenir la migration illégale et démanteler le modèle économique des réseaux criminels de trafic de migrants, protéger les personnes fuyant la guerre et la persécution, tout en prévenant les abus du système, et attirer des talents dans l'UE pour accroître la compétitivité des économies européennes.
La Commission souligne que le dossier a également une composante économique. Les travailleurs saisonniers sont importants pour des secteurs tels que l'agriculture et le tourisme, et les règles communes concernant la mobilité légale de la main-d'œuvre sont liées à la compétitivité de l'UE.
La Directive sur les sanctions contre les employeurs a été adoptée en 2009 pour lutter contre l'emploi de ressortissants de pays tiers se trouvant dans une situation irrégulière. Elle établit des obligations et des sanctions pour les employeurs qui utilisent de tels travailleurs.
La Directive sur les travailleurs saisonniers a été adoptée en 2014 pour créer un cadre commun d'admission et de séjour pour les travailleurs saisonniers en dehors de l'UE. Elle vise à offrir des voies légales de travail temporaire et à réduire le risque de travail non déclaré et d'exploitation.
La publication des rapports de mise en œuvre ne modifie pas la législation existante. Elle offre à la Commission une base pour surveiller l'application des règles et pour l'évaluation annoncée en 2026 de la Directive sur les sanctions contre les employeurs.
Le défi pratique est de savoir si l'UE peut combiner le besoin de main-d'œuvre dans les secteurs saisonniers avec un contrôle plus efficace de l'emploi illégal et une meilleure protection des travailleurs migrants contre l'exploitation.
Dernières actualités
21:26
21:05
20:37
20:19
20:01
Voir plus d’actualités