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Hier 11:03

La Commission propose une reconnaissance plus rapide des qualifications pour travailler dans un autre État membre de l’UE et des indemnisations en cas de retard

Ana Maria Eftene
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16 septembre 2026, 11:03
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UE
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Les délais seraient ramenés à cinq semaines pour la reconnaissance automatique et à 11 semaines pour les autres demandes. Le paquet introduirait également des preuves numériques des qualifications et de la protection sociale, ainsi que des contrôles mieux coordonnés pour protéger les travailleurs, y compris ceux originaires de pays tiers.

La Commission européenne propose des délais plus courts pour la reconnaissance des qualifications professionnelles dans d’autres États de l’UE et des indemnisations pour certains retards imputables aux autorités. Le paquet sur la mobilité équitable de la main-d’œuvre permettrait également l’utilisation de documents numériques pour prouver les qualifications et l’affiliation à la sécurité sociale, parallèlement au renforcement de la coopération entre les inspections du travail. Les propositions législatives doivent être approuvées par le Parlement européen et le Conseil.

En bref

1.La reconnaissance des qualifications serait accélérée grâce à une procédure numérique commune, avec des délais de cinq semaines pour la reconnaissance automatique et de 11 semaines pour les autres demandes. Les demandeurs pourraient réclamer des indemnisations pour certains retards imputables aux autorités, dans les conditions prévues par le projet.

2.Les attestations numériques et un nouvel outil Europass aideraient les travailleurs et les employeurs à vérifier et à comparer des qualifications provenant de différents pays. Le format numérique ne remplacerait pas la reconnaissance nécessaire à l’exercice d’une profession réglementée.

3.ESSPASS permettrait l’utilisation en ligne du document A1 pour les travailleurs détachés et de la carte européenne d’assurance maladie. La carte devrait être délivrée dans un délai maximal de 24 heures à compter d’une demande complète ; les documents papier resteraient disponibles.

4.L’Autorité européenne du travail soutiendrait des inspections couvrant explicitement aussi les droits des travailleurs originaires de pays tiers. Les inspections nécessiteraient toujours l’accord des États participants, et les refus devraient être justifiés.

5.Les propositions législatives doivent être négociées au Parlement et au Conseil. Le calendrier proposé prévoit des documents A1 numériques un an après l’entrée en vigueur du règlement pertinent et les principales modifications numériques concernant les qualifications et la carte européenne trois ans après l’entrée en vigueur des actes respectifs.

Le premier changement concerne l’accès aux professions réglementées, pour lesquelles l’exercice de l’activité dépend d’une qualification reconnue. La Commission propose de réduire les délais de trois mois à cinq semaines dans les cas bénéficiant d’une reconnaissance automatique, et de quatre mois à 11 semaines pour les autres demandes. Les procédures devraient se dérouler via une plateforme européenne commune, et les demandes ainsi que les pièces justificatives seraient acceptées dans toutes les langues officielles de l’UE, réduisant ainsi la nécessité de traductions certifiées.

La plateforme permettrait au demandeur de suivre son dossier, et aux autorités du pays d’origine et du pays dans lequel il souhaite travailler d’échanger directement les preuves nécessaires. L’autorité qui reçoit la demande devrait signaler les documents manquants dans un délai maximal d’une semaine. Les nouveaux délais ne supprimeraient pas la vérification de la qualification. La procédure comprend le complément du dossier et, lorsque cela est nécessaire, l’obtention de confirmations auprès de l’État d’origine.

En cas de non-respect des délais, le projet introduit le droit de demander une indemnisation calculée par jour de retard. Ce droit s’activerait si l’autorité de l’État d’origine dépasse de plus de cinq jours calendaires les délais concernés ou si l’autorité de l’État d’accueil les dépasse de plus de dix jours. Le calcul commencerait le premier jour suivant l’expiration du délai, mais le temps pendant lequel l’État d’accueil attend les preuves demandées à l’État d’origine ou au pays tiers ayant délivré la qualification ne lui serait pas imputé. Les États pourraient plafonner le montant total. La proposition de modification de la directive sur les qualifications professionnelles établit ces conditions.

Pour les qualifications incluses dans les cadres nationaux, les titulaires pourraient demander gratuitement une attestation dans le portefeuille européen d’identité numérique, afin de la présenter dans d’autres États de l’UE. Pour les qualifications obtenues au cours des dix années précédant l’entrée en vigueur du nouveau règlement, la délivrance sur demande devrait prendre au maximum deux semaines. Le projet permet aux États de limiter cette délivrance rétroactive aux personnes qui prouvent qu’elles utiliseront le document pour travailler dans un autre État membre.

Un nouvel outil sur la plateforme Europass permettrait aux employeurs et aux travailleurs de comparer gratuitement le contenu des qualifications, en utilisant les bases de données nationales. Le document numérique faciliterait la vérification de l’authenticité d’un diplôme, tandis que la comparaison aiderait à comprendre la formation qu’il atteste. Le format numérique ne modifierait toutefois pas les règles de reconnaissance. Pour une profession réglementée, le document du portefeuille ne remplacerait pas la décision de l’autorité compétente.

Pour les physiothérapeutes, la Commission a adopté séparément le premier cadre commun de formation, qui permettrait la reconnaissance automatique des qualifications remplissant les exigences minimales communes en matière de compétences. Le mécanisme concerne les États membres participants. Le cadre est soumis au contrôle du Parlement européen et du Conseil, de sorte que son adoption par la Commission ne signifie pas que la nouvelle reconnaissance s’applique déjà.

Le paquet aborde également les qualifications obtenues en dehors de l’UE. Une directive proposée pour les ressortissants de pays tiers introduirait des exigences communes concernant les documents, les délais de traitement et le droit de contester les décisions. La reconnaissance automatique ne serait possible que pour les qualifications issues de programmes de formation préalablement approuvés, respectant les normes minimales européennes, dans des professions telles que médecin, infirmier en soins généraux ou architecte.

La reconnaissance d’une telle qualification dans un État membre ne rendrait pas automatiquement la décision transférable dans les autres. Elle ne conférerait pas non plus le droit d’entrer dans l’UE, d’y résider ou d’y travailler. Ces conditions resteraient distinctes de l’évaluation de la formation professionnelle. La Commission précise ces limites dans ses explications concernant le paquet.

La preuve de l’affiliation à la sécurité sociale suivrait une voie similaire de numérisation, grâce au passeport européen de sécurité sociale, ESSPASS. Un travailleur détaché pourrait demander, recevoir et présenter électroniquement le document A1, qui indique dans quel pays il est assuré socialement. La carte européenne d’assurance maladie pourrait également être gérée en ligne ; le projet fixe pour sa délivrance un délai maximal de 24 heures à compter du dépôt d’une demande complète.

Les institutions de sécurité sociale, les inspecteurs et les prestataires de soins de santé pourraient vérifier directement si un document est authentique, si ses données ont été modifiées et s’il est toujours valable. Cette vérification réduirait le besoin de confirmations administratives distinctes et aiderait à détecter les documents falsifiés. L’utilisation du portefeuille numérique ne serait pas obligatoire. Les versions papier resteraient disponibles sur demande et comporteraient des éléments de sécurité vérifiables, conformément à la proposition ESSPASS.

Pour lutter contre les abus dans le travail transfrontalier, la Commission propose d’étendre le mandat de l’Autorité européenne du travail, ELA. Celle-ci bénéficierait d’un accès élargi aux données pour les analyses de risques et coordonnerait des inspections couvrant explicitement aussi les droits du travail et de la sécurité sociale des travailleurs originaires de pays tiers. Des agents nationaux de liaison pour les inspections soutiendraient la coopération entre les autorités.

« Une coopération plus étroite entre les autorités nationales contribuera à lutter contre la fraude et les abus, afin que ceux qui enfreignent les règles ne puissent pas désavantager les travailleurs et les entreprises responsables », a déclaré dans le communiqué Roxana Mînzatu, vice-présidente exécutive de la Commission chargée des droits sociaux et des compétences. Tel est l’objectif invoqué par l’exécutif européen pour combiner la simplification des procédures et le renforcement de l’application des règles.

ELA pourrait demander de sa propre initiative l’organisation d’inspections concertées ou communes, mais celles-ci dépendraient toujours de l’accord des États participants. Le projet obligerait un État qui refuse de participer à justifier sa décision et à en communiquer les motifs dans un délai de dix jours ouvrables. Les compétences de contrôle continueraient d’être exercées dans le cadre national, avec le soutien de l’autorité européenne. La proposition concernant le mandat d’ELA maintient explicitement la condition du consentement national.

Pour les travailleurs et les employeurs, l’application des changements serait progressive, après la conclusion des négociations législatives. Le calendrier proposé prévoit la numérisation du document A1 un an après l’entrée en vigueur du règlement ESSPASS, et celle de la carte européenne ainsi que d’autres documents de sécurité sociale trois ans plus tard. Les attestations numériques des qualifications et les nouvelles procédures numériques de reconnaissance commenceraient également à s’appliquer trois ans après l’entrée en vigueur des actes respectifs. Ces délais ne sont pas calculés à partir de la présentation du paquet par la Commission.

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