La Commission européenne demande des observations jusqu'au 26 juin 2026 sur un projet de lignes directrices pour les « trusted flaggers », les organisations officiellement reconnues pour signaler aux plateformes du contenu illégal en ligne. Le mécanisme est prévu par le Règlement sur les services numériques et oblige les plateformes à traiter ces notifications en priorité, sans transférer aux organisations la responsabilité finale de décider si un contenu est illégal.
La Commission européenne prépare des lignes directrices communes pour les organisations qui obtiennent le statut de « trusted flagger » en vertu du Règlement sur les services numériques, un mécanisme par lequel les plateformes en ligne doivent traiter en priorité les notifications concernant le contenu illégal.
Le projet vise à clarifier les critères selon lesquels les coordinateurs nationaux pour les services numériques accordent ce statut, la manière dont les plateformes et les organisations doivent traiter les notifications et les garanties nécessaires pour que le système ne soit pas utilisé abusivement. La Commission demande des observations de la part des plateformes, des organisations déjà désignées, des candidats, des chercheurs et des organisations de la société civile jusqu'au 26 juin 2026, et les lignes directrices devraient être adoptées dans la seconde moitié de l'année 2026.
En résumé
La Commission européenne demande des retours sur des lignes directrices pour le mécanisme des « trusted flaggers » prévu par le Règlement sur les services numériques.
Les plateformes en ligne doivent traiter en priorité les notifications transmises par ces organisations, mais restent responsables de décider si un contenu est illégal.
Plus de 70 organisations ont déjà été désignées, avec une expertise dans des domaines tels que la fraude financière, le harcèlement en ligne, les matériels d'abus sexuels sur les enfants, les violations des droits de propriété intellectuelle et d'autres formes de contenu illégal.
Le projet clarifie l'indépendance, l'objectivité, la responsabilité et les procédures de suspension ou de retrait du statut.
L'étude préparatoire de la Commission montre que l'application du mécanisme soulève des problèmes pratiques, y compris le manque d'harmonisation entre les autorités nationales, la difficulté d'évaluer l'indépendance et la capacité limitée de certaines petites organisations.
Dans le cadre du Règlement sur les services numériques, les « trusted flaggers » sont des entités spécialisées dans la détection, l'identification et la notification de contenu illégal en ligne. Le statut est accordé par les coordinateurs nationaux pour les services numériques, et les organisations doivent démontrer leur expertise, leur indépendance vis-à-vis des plateformes et leur capacité à agir de manière diligente, précise et objective.
Les notifications transmises par ces organisations doivent être traitées rapidement et en priorité par les plateformes en ligne. La Commission souligne cependant que les plateformes conservent la responsabilité de vérifier les notifications et de décider si le matériel signalé est illégal. Le mécanisme couvre le contenu illégal, et non tout type de contenu problématique ou contraire aux règles internes des plateformes.
Les exemples indiqués par la Commission montrent la diversité des domaines concernés. Parmi les organisations déjà désignées figurent la Bank of Ireland, spécialisée dans la fraude financière, Someturva, qui s'occupe de harcèlement en ligne, y compris la distribution non consensuelle de matériels intimes, et Child Focus, qui travaille sur des matériels d'abus sexuels sur les enfants.
Le projet de lignes directrices vise à réduire les différences entre les pratiques nationales. Les coordinateurs pour les services numériques doivent décider quelles organisations peuvent obtenir le statut, surveiller leur activité et peuvent suspendre ou retirer le statut si les notifications sont insuffisamment précises, inexactes ou mal fondées. La page de la Commission concernant le mécanisme montre que le statut est valable au niveau de l'Union européenne, en rapport avec toute plateforme en ligne qui entre sous l'incidence de l'article 22 du Règlement sur les services numériques.
L'enjeu est double. D'une part, la Commission souhaite que le signalement de contenu illégal devienne plus rapide et plus fiable, surtout là où les organisations spécialisées ont des connaissances que les utilisateurs ordinaires ou les systèmes automatiques n'ont pas. D'autre part, le mécanisme doit éviter le risque que des organisations privées, publiques ou commerciales acquièrent une influence disproportionnée sur la modération du contenu en ligne.
L'étude préparatoire réalisée pour la Commission montre que le mécanisme est encore à un stade précoce et que les autorités nationales, les plateformes et les potentielles organisations désignées ont demandé des lignes directrices officielles pour réduire les incertitudes. L'étude identifie le manque d'harmonisation entre les coordinateurs nationaux, les différences concernant les exigences d'application et les procédures d'évaluation, ainsi que les ambiguïtés concernant la suspension et la révocation du statut.
Une des étapes les plus difficiles est l'évaluation des candidats. L'étude note que les autorités nationales ont des difficultés à vérifier l'expertise et l'indépendance, surtout dans le cas des organisations nouvellement créées, des organismes publics, des titulaires de droits de propriété intellectuelle ou des organisations qui ont reçu un financement de la part des plateformes.
Un autre problème est la capacité administrative. Les organisations désignées doivent publier des rapports annuels concernant les notifications transmises, les types de contenu signalés et les actions entreprises par les plateformes. L'étude avertit que cette obligation peut devenir un fardeau pour les petites organisations, en particulier pour les ONG, si un soutien technique, un échange d'informations et un financement adéquat ne sont pas disponibles.
Les lignes directrices incluent également des garanties pour la liberté d'expression. La Commission souhaite que les organisations désignées restent indépendantes, objectives et responsables, et que le statut puisse être suspendu ou retiré si le mécanisme est utilisé de manière abusive. Les organisations devront publier des rapports annuels de transparence, et les coordinateurs nationaux auront le rôle de surveiller le respect des critères.
Pour les utilisateurs, l'effet pratique est que certaines signalements de contenu illégal devraient parvenir plus rapidement aux plateformes. Pour les plateformes, le mécanisme implique des obligations procédurales plus claires. Pour la société civile, les chercheurs et les organisations spécialisées, le statut peut offrir un moyen officiel d'intervention, mais aussi des obligations de transparence et de responsabilité.
Le Règlement sur les services numériques s'applique aux services en ligne utilisés par les citoyens européens, y compris les plateformes de médias sociaux, les marchés en ligne, les magasins d'applications et les plateformes de réservation. Le mécanisme des « trusted flaggers » est l'une des composantes par lesquelles l'UE tente de rendre l'application des règles plus rapide, plus prévisible et plus contrôlable, sans éliminer la responsabilité des plateformes pour leurs propres décisions de modération.
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