Bruxelles, 2 décembre 2025 Le Parlement européen et le Conseil ont conclu un accord provisoire sur la modernisation des règles de l'UE concernant les forfaits de voyage, afin de renforcer la protection des consommateurs et d'accroître la clarté des obligations pour les opérateurs. Les négociateurs soulignent que le nouveau cadre répond aux leçons tirées de la pandémie, lorsque de nombreuses agences et tour-opérateurs ont rencontré des difficultés pour rembourser les voyages annulés et gérer les bons non utilisés.
En bref
Une définition unique du "forfait" pour tous les types de réservations, y compris celles en ligne.
Les bons deviennent strictement optionnels ; les bons non utilisés doivent être remboursés automatiquement.
Le remboursement en cas de faillite doit être effectué dans un délai maximum de six mois.
L'accord introduit une seule définition du forfait, éliminant la catégorie des "arrangements de voyage associés" et clarifiant les situations dans lesquelles deux services ou plus deviennent automatiquement un forfait, y compris dans le cas de réservations en ligne où les données personnelles sont transférées automatiquement entre les fournisseurs dans un délai de 24 heures. Les négociateurs affirment que cette clarification réduira les incertitudes pour les consommateurs et mettra fin aux interprétations divergentes dans la législation nationale.
Les règles concernant l'utilisation des bons sont également renforcées. Les consommateurs pourront refuser les bons reçus à la place du remboursement, leur validité sera limitée à une période raisonnable, et les bons non utilisés devront être remboursés automatiquement à l'expiration. L'objectif de ces modifications est de prévenir les situations survenues pendant la pandémie, lorsque des millions de touristes se sont retrouvés avec des bons impossibles à utiliser ou non couverts par des garanties suffisantes.
En cas de circonstances extraordinaires à destination — telles que des catastrophes naturelles ou des situations sanitaires majeures — les consommateurs auront le droit d'annuler le forfait sans pénalités. Les avertissements officiels de voyage des autorités nationales et européennes seront pris en compte, mais ne constitueront pas, à eux seuls, une base automatique pour l'annulation ; la situation devra être évaluée individuellement, afin d'éviter des interprétations abusives.
Pour protéger les fonds des touristes en cas de faillite de l'organisateur, l'accord introduit des délais fermes pour le remboursement : un maximum de six mois dans la plupart des cas, avec possibilité de prolongation à neuf mois dans des circonstances exceptionnelles. Les États membres pourront utiliser une gamme variée de mécanismes de protection, y compris des fonds de garantie ou des formes alternatives d'assurance, pour assurer le recouvrement des sommes dues.
Un autre élément important est l'introduction d'une procédure européenne standard de gestion des réclamations. Les organisateurs de forfaits devront répondre aux consommateurs dans un délai de sept jours et fournir une solution motivée dans un maximum de 60 jours. Le niveau de l'acompte demandé lors de la réservation et le régime des pénalités pour annulation continueront cependant à être établis au niveau national, car les États membres n'ont pas réussi à parvenir à un consensus sur l'harmonisation de ces aspects.
Le rapporteur du Parlement européen, Alex Agius Saliba, a salué l'accord en affirmant qu'il "améliorera la protection des touristes et offrira de la clarté tant aux consommateurs qu'aux entreprises du secteur du tourisme", appréciant l'équilibre trouvé entre les droits des voyageurs et les besoins de l'industrie. L'accord provisoire sera soumis à l'approbation formelle du Parlement européen et du Conseil, et les nouvelles règles commenceront à s'appliquer après un délai de transposition de 28 mois, suivi de six mois supplémentaires pour la mise en œuvre.