La Commission européenne ouvre une enquête approfondie pour déterminer si l'indemnité ordonnée par un tribunal d'arbitrage enfreint les règles sur les aides d'État et le primat du droit européen.
Bruxelles, 23 janvier 2026 – La Commission européenne a lancé une enquête approfondie pour évaluer si une décision arbitrale obligeant la Bulgarie à verser plus de 61 millions d'euros à la société ACF Renewable Energy Limited constitue une aide d'État illégale. L'enquête met en lumière le conflit juridique persistant entre les tribunaux internationaux d'arbitrage et l'autonomie de l'ordre juridique de l'UE en ce qui concerne les litiges d'investissement intra-UE.
En bref
La Commission examine une décision arbitrale de 61,04 millions d'euros contre la Bulgarie, en faveur de la société ACF Renewable Energy, basée à Malte.
La décision repose sur le Traité de la Charte de l'énergie (TCE), mais la CE soutient que les clauses d'arbitrage intra-UE sont invalides selon le droit européen.
L'avis préliminaire de la Commission est que le paiement de l'indemnité constituerait une aide d'État incompatible, offrant à ACF un avantage déloyal.
Le cas remonte à 2011, lorsque la Bulgarie a établi un régime de soutien pour l'électricité provenant de sources renouvelables. ACF, une société fondée à Malte, a investi dans une centrale solaire photovoltaïque en Bulgarie en 2012. Cependant, à la suite des modifications législatives apportées par la Bulgarie entre 2013 et 2015, qui ont altéré le régime de soutien, ACF a engagé des procédures d'arbitrage, réclamant des pertes financières.
En janvier 2024, un tribunal arbitral a décidé que la Bulgarie avait enfreint le Traité de la Charte de l'énergie (TCE) et a ordonné au pays de verser à ACF la somme de 61,04 millions d'euros plus intérêts. La Bulgarie a notifié la Commission de cette décision, mais n'a pas encore effectué le paiement.
L'évaluation préliminaire de la Commission est que la décision arbitrale constitue une aide d'État au sens de l'article 107, paragraphe 1, du Traité sur le fonctionnement de l'UE (TFUE) et est incompatible avec le marché intérieur. L'exécutif soutient que le litige est strictement une question "intra-UE" – entre un État membre de l'UE et un investisseur d'un autre État membre. Citant les décisions de référence Achmea et Komstroy de la Cour de justice de l'UE (CJUE), la Commission soutient que les clauses d'arbitrage du TCE ne s'appliquent pas aux litiges intra-UE, car elles sapent la juridiction des tribunaux européens. En conséquence, tout paiement effectué sur la base d'une telle décision serait considéré comme une violation du droit de l'UE.
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