La Commission européenne a approuvé le soutien en faveur de l’usine de Sanofi à Francfort-Höchst, qui comprend la construction d’une nouvelle unité d’ici 2032, le maintien d’une production minimale jusqu’en 2042 et la constitution d’un stock de matières premières pour l’insuline. Sans cette aide, l’entreprise fermerait le site allemand et, pour certains types d’insuline, l’Europe deviendrait dépendante des importations.
L’Allemagne pourra accorder 400 millions d’euros à Sanofi pour maintenir et développer la production d’insuline à Francfort-Höchst, après que la Commission européenne a approuvé la mesure destinée à réduire le risque de problèmes d’approvisionnement. En contrepartie de la compensation publique, Sanofi doit construire une nouvelle usine d’ici fin 2032, maintenir une production annuelle d’au moins 1,1 tonne d’insuline jusqu’en 2042 et constituer une réserve d’une tonne de substances pharmaceutiques actives utilisées pour produire l’insuline.
En bref
1. L’Allemagne pourra verser à Sanofi 400 millions d’euros pour maintenir une capacité stratégique de production d’insuline à Francfort-Höchst.
2. Sanofi doit construire une nouvelle usine d’insuline d’ici le 31 décembre 2032 et produire chaque année au moins 1,1 tonne jusqu’à fin 2042.
3. L’entreprise doit conserver une réserve d’une tonne de substances pharmaceutiques actives destinées à l’insuline et accorder la priorité aux marchés de l’Espace économique européen en cas de pénuries.
4. La Commission affirme que, sans ce soutien, Sanofi fermerait le site allemand et qu’il ne resterait plus qu’une seule unité de production d’insuline dans l’Espace économique européen.
5. Pour certains produits, notamment l’insuline humaine, la production dans l’Espace économique européen disparaîtrait complètement, ce qui accroîtrait la dépendance à l’égard des importations en provenance de pays tiers.
Le soutien allemand repose sur une obligation de service public et ne consiste pas en un financement accordé à l’entreprise sans conditions. Sanofi doit conserver à long terme une capacité industrielle capable de soutenir l’approvisionnement des patients allemands et, en situation de pénurie, accorder la priorité aux marchés de l’Espace économique européen.
L’investissement le plus important est une nouvelle usine d’insuline à l’Industriepark Frankfurt-Höchst, qui doit être achevée d’ici le 31 décembre 2032. Sanofi s’engage en même temps à maintenir sur ce site une production annuelle d’au moins 1,1 tonne d’insuline jusqu’au 31 décembre 2042 et à stocker, jusqu’à cette même date, une tonne de substances pharmaceutiques actives nécessaires à la fabrication des produits.
L’enjeu dépasse le maintien d’une seule usine. Selon l’évaluation présentée par la Commission, Sanofi fermerait le site allemand si elle ne recevait pas la compensation, ce qui réduirait considérablement la capacité européenne de production. L’Allemagne n’aurait plus aucune usine d’insuline et, dans l’ensemble de l’Espace économique européen, il ne resterait qu’une seule unité de production.
Pour certains produits, l’effet serait encore plus important. La Commission affirme que certains types, notamment l’insuline humaine, ne seraient plus du tout produits dans l’Espace économique européen, ce qui obligerait les marchés européens à s’appuyer sur des importations en provenance de pays tiers. Cette dépendance est considérée comme une vulnérabilité dans un secteur où la continuité de l’approvisionnement est directement liée au traitement des patients.
Le document indique également une pression supplémentaire sur la capacité de production existante. Les pénuries sont devenues plus fréquentes en raison de la réorientation de certaines capacités industrielles vers des produits de la catégorie des agonistes des récepteurs du GLP-1, principalement utilisés dans le traitement du diabète et, pour certains produits, de l’obésité. La Commission s’appuie sur cette évolution pour expliquer pourquoi le maintien d’une capacité dédiée à la production d’insuline est devenu plus important.
La compensation de 400 millions d’euros doit couvrir les coûts nets supportés par Sanofi pour remplir ces obligations. La Commission a conclu que la somme ne dépassait pas le coût net du service et que l’accord entre l’Allemagne et l’entreprise comprenait des mécanismes visant à prévenir et à récupérer d’éventuels paiements excédentaires. La Commission affirme également que la structure de la mesure respecte les règles européennes en matière de marchés publics.
La vice-présidente exécutive de la Commission européenne chargée d’une transition propre, juste et compétitive, Teresa Ribera, a présenté la décision comme faisant partie d’un effort plus large visant à protéger l’approvisionnement en médicaments considérés comme critiques.
“Today’s decision is an important step towards ensuring the security of supply of critical medicines in the EU,” a déclaré Ribera.
En traduction, elle a déclaré que la décision représentait une étape importante pour la sécurité de l’approvisionnement en médicaments critiques dans l’UE et que le soutien public devait permettre un accès fiable à des produits essentiels tels que l’insuline, tout en maintenant un financement public ciblé et proportionné.
La mesure s’inscrit dans une évolution plus large de la manière dont l’UE aborde la sécurité de l’approvisionnement en médicaments. En décembre 2025, la Commission a clarifié les règles permettant aux États membres d’imposer à certains opérateurs des obligations spécifiques de service public afin de maintenir la disponibilité des médicaments critiques lorsque le marché n’offre pas à lui seul une sécurité d’approvisionnement suffisante. Pour les compensations allant jusqu’à 20 millions d’euros par an, une procédure simplifiée existe, tandis que le soutien dépassant ce niveau doit faire l’objet d’un examen distinct par la Commission.
La même préoccupation est également à la base du Critical Medicines Act, proposé par la Commission en mars 2025. L’initiative vise à réduire les pénuries graves de médicaments essentiels, notamment les antibiotiques, l’insuline et les analgésiques, en renforçant les chaînes d’approvisionnement, en augmentant la production dans l’UE et en réduisant la dépendance excessive à l’égard de fournisseurs externes.
Le soutien allemand à Sanofi n’est pas un financement général de l’activité de l’entreprise, mais une compensation liée à des obligations concrètes de production, de stockage et d’approvisionnement qui s’étendent jusqu’en 2042. Le maintien du site de Francfort-Höchst est considéré comme nécessaire, car sa fermeture réduirait à une seule usine l’infrastructure de production d’insuline restante dans l’Espace économique européen.
La décision illustre l’utilisation de la politique des aides d’État non seulement pour les investissements industriels, mais aussi pour préserver des capacités considérées comme essentielles à la santé. Dans le cas de l’insuline, la Commission établit un lien direct entre cette capacité, la réduction du risque de pénurie et la limitation de la dépendance européenne à l’égard des importations.
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