La coopération combinerait des missiles et des lanceurs ukrainiens avec des technologies européennes, afin de réduire la dépendance à l’égard d’un fournisseur unique. Freyja est encore en développement, et le programme annoncé pour les entreprises ukrainiennes ne prévoit pas de dotation précisée dans le discours.
L’Union européenne veut développer avec l’Ukraine un système antimissile et utiliser les fonds restants de SAFE pour un nouveau programme de projets communs avec des entreprises ukrainiennes, a annoncé la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, dans son discours sur l’état de l’Union. La coopération serait centrée sur le projet Freyja et vise à réduire la dépendance à l’égard d’un fournisseur unique, parallèlement à la livraison urgente des intercepteurs Patriot déjà approuvés à l’achat.
En bref
Von der Leyen propose de développer avec l’Ukraine un système antimissile abordable et modulaire, à partir de Freyja. L’objectif est de diversifier l’approvisionnement en combinant l’expérience ukrainienne avec les technologies et la production européennes.
Freyja est un projet en développement, doté d’une coalition de dix pays constituée en juillet. Les autorités ukrainiennes visent de premiers résultats d’ici à la fin de 2026 ; cet objectif ne confirme pas l’existence d’un système opérationnel.
Les achats de Patriot approuvés sont financés séparément de SAFE, par le prêt de l’UE destiné à l’Ukraine. L’approbation permet l’achat des intercepteurs, sans confirmer leur livraison.
SAFE fonctionne au moyen de prêts remboursables accordés aux États membres de l’UE, et l’industrie ukrainienne peut participer aux achats. Le nouveau programme utiliserait les fonds restants de l’instrument, mais le discours n’en précise ni le montant alloué ni les règles de sélection.
Von der Leyen propose un système abordable et modulaire, qui combinerait l’expérience du combat et la capacité d’innovation de l’Ukraine avec les technologies et la capacité de production européennes. Le programme industriel annoncé couvrirait également d’autres projets communs avec des entreprises ukrainiennes. Le discours fixe cette orientation de coopération, sans annoncer de contrat pour Freyja, de budget propre au système ni de date à laquelle il pourrait être utilisé au combat.
Freyja dispose déjà d’une structure de coopération entre États. Le 13 juillet 2026, à Paris, dix pays, dont l’Ukraine, la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni, ont constitué une coalition pour la défense contre les missiles balistiques. À cette occasion, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a présenté la contribution que Kiev préparait ainsi que sa complémentarité avec celle des partenaires. « D’autres ont des radars et d’autres composants essentiels », a-t-il déclaré, selon le compte rendu publié par la présidence ukrainienne.
Lors de la réunion d’Oslo du 9 septembre, Zelensky a précisé que l’Ukraine pouvait développer et fabriquer le missile intercepteur ainsi que le lanceur. Des représentants d’entreprises telles que Fire Point, Kongsberg, Saab, Hensoldt et Thales y ont participé. La partie ukrainienne a présenté les avancées et discuté des contributions des partenaires ainsi que des étapes prévues pour les prochains mois. La coopération suppose ainsi de réunir plusieurs composants et compétences industrielles pour réaliser le système commun.
Le calendrier reste axé sur le développement. La présidence ukrainienne a indiqué qu’elle visait des résultats concrets à la fin de 2026 ou au début de 2027. Le Conseil de sécurité nationale et de défense de l’Ukraine évoque de premiers résultats d’ici à la fin de l’année. Ces objectifs ne signifient pas que le système est opérationnel ni qu’une date de livraison a été fixée.
D’ici là, le financement des intercepteurs existants suit un mécanisme distinct. La Commission a approuvé le 11 septembre un paquet de 6,1 milliards d’euros provenant du prêt de soutien à l’Ukraine, d’un montant de 90 milliards d’euros. Ce paquet couvre plusieurs besoins militaires et permet l’achat de missiles américains PAC-3 pour les Patriot, par dérogation aux conditions habituelles d’éligibilité. Avant le déblocage des fonds, la Commission vérifie les contrats.
Pour la coopération industrielle à plus long terme, SAFE fournit déjà le cadre de certains achats communs. L’instrument « Action pour la sécurité de l’Europe » peut accorder jusqu’à 150 milliards d’euros de prêts aux États membres, sur la base de plans nationaux d’investissement dans la défense. Les États bénéficiaires remboursent les fonds. L’Ukraine peut participer aux achats et ses entreprises peuvent recevoir des commandes, dans les conditions du programme ; le plafond de 150 milliards ne constitue pas une nouvelle allocation destinée à Kiev.
Un achat commun éligible peut réunir un État membre de l’UE bénéficiaire du prêt et l’Ukraine. Le soutien vise notamment à accroître la production et à réduire les délais de livraison grâce à des commandes communes. Ce mécanisme finance l’effort d’achat des États membres, sans accorder automatiquement de subventions de recherche aux entreprises participantes.
L’accès aux fonds implique également des conditions industrielles. La règle de base limite à 35 % la part des composants provenant de pays extérieurs à l’UE, à l’Ukraine et aux États de l’Association européenne de libre-échange qui font partie de l’Espace économique européen, calculée sur le coût estimé des composants du produit final. Pour les systèmes antiaériens et antimissiles, les contractants doivent pouvoir décider de la conception et de la modification du produit sans restrictions imposées par des pays tiers ou par des entités de ces pays, et notamment pouvoir remplacer les composants soumis à de telles restrictions.
Le montant destiné au nouveau programme avec l’Ukraine reste à préciser. Euronews rapporte que 10 à 15 milliards d’euros n’auraient pas été utilisés dans SAFE après la réduction des demandes de certains États. Le discours ne confirme pas cette fourchette et ne fixe ni l’allocation du programme, ni la procédure de sélection, ni la répartition des fonds entre les projets. L’annonce de la Commission ne précise pas non plus combien Freyja pourrait recevoir ni quand des systèmes livrés grâce à ce financement pourraient être disponibles.
https://2eu.brussels/ro/news/ue-vrea-sa-dezvolte-cu-ucraina-sistemul-antiracheta-freyja-si-sa-foloseasca-fondurile-ramase-din-safe-pentru-proiecte-industriale-comune
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