Le gouvernement néerlandais proposera l’ancien président de la banque centrale nationale pour succéder à Christine Lagarde. L’Eurogroupe examinera les candidatures le 9 novembre, sans décision déjà programmée. Une nomination en décembre constitue un objectif politique et dépend de l’accord des États ainsi que des consultations obligatoires avec le Parlement européen et la BCE.
Les Pays-Bas proposeront Klaas Knot à la présidence de la Banque centrale européenne, dans le cadre du processus de succession ouvert après l’annonce du départ de Christine Lagarde le 7 février 2027. Le gouvernement néerlandais a informé le Parlement de son intention le 4 novembre, avant la date limite du vendredi 6 novembre pour la présentation des candidatures. Les ministres des Finances de la zone euro examineront les propositions le 9 novembre ; le choix d’un candidat commun et sa nomination restent à décider.
En bref
Le gouvernement néerlandais a annoncé qu’il proposerait Klaas Knot, ancien président de De Nederlandsche Bank. Cette annonce ne signifie pas que les États de la zone euro se sont mis d’accord sur le successeur de Christine Lagarde.
La date limite pour les candidatures à la présidence de la BCE est fixée au 6 novembre ; Agence Europe rapporte que l’heure limite est 17 h 00. La réunion de l’Eurogroupe du 9 novembre prévoit l’examen des candidatures, sans décision déjà programmée.
Un haut responsable de la zone euro a indiqué à Reuters que l’objectif était une nomination lors du Conseil européen des 17 et 18 décembre. Janvier 2027 reste une possibilité si les étapes formelles prennent plus de temps ; décembre n’est pas une échéance garantie.
La nomination relève du Conseil européen réuni avec les États de la zone euro, sur recommandation du Conseil de l’UE et après consultation du Parlement européen et du Conseil des gouverneurs de la BCE. La majorité requise est d’au moins 16 des 21 États, représentant au minimum 65 % de la population de la zone euro.
Les discussions peuvent être politiquement liées au remplacement d’Isabel Schnabel, qui quittera ses fonctions le 3 janvier 2027, et de Philip Lane, dont le mandat s’achève le 31 mai 2027. La date limite pour les candidatures au poste de Mme Schnabel est distincte : le 27 novembre.
Le ministre néerlandais des Finances, Eelco Heinen, a annoncé l’intention de proposer M. Knot dans un document transmis à la Chambre des représentants avant les réunions de l’Eurogroupe et d’ECOFIN. Pour aboutir à sa nomination, la candidature devra obtenir un soutien suffisant auprès des autres gouvernements de la zone euro. M. Knot a dirigé De Nederlandsche Bank entre 2011 et 2025 et a été, à ce titre, membre du Conseil des gouverneurs de la BCE.
Le président de l’Eurogroupe, Kyriakos Pierrakakis, a demandé aux gouvernements de la zone euro de transmettre leurs candidatures d’ici au 6 novembre. Cette date est confirmée dans le document néerlandais, tandis que l’heure de 17 h 00 est rapportée par Agence Europe. La procédure a été accélérée par le départ anticipé de Mme Lagarde, dont le mandat devait expirer fin octobre 2027.
Pour le 9 novembre, le gouvernement néerlandais décrit un examen des personnes proposées, sans décision déjà prévue. Un haut responsable de la zone euro cité par Reuters a expliqué qu’il n’existait actuellement aucun projet visant à recommander un candidat unique lors de cette réunion, mais que la situation pourrait changer si les dirigeants parvenaient rapidement à un accord. L’Eurogroupe est le lieu de la négociation politique ; il ne nomme pas le président de la BCE.
Un autre nom évoqué est celui de Pablo Hernández de Cos, directeur général de la Banque des règlements internationaux et ancien gouverneur de la Banque d’Espagne. Reuters rapportait le 4 novembre que l’Espagne devrait le proposer. M. Hernández de Cos a dirigé la banque centrale espagnole entre 2018 et 2024 et dirige l’institution de Bâle depuis juillet 2025.
L’objectif politique présenté par le responsable cité par Reuters est que la nomination soit finalisée lors de la réunion du Conseil européen des 17 et 18 décembre. Le calendrier dépend toutefois de la constitution d’une majorité entre les États et du temps nécessaire aux consultations institutionnelles. Si les étapes formelles prennent plus de temps, janvier 2027 reste une possibilité pour nommer le successeur avant le départ de Mme Lagarde.
Le document du gouvernement néerlandais indique que les dirigeants pourraient également discuter de la succession lors des réunions de novembre. Ces occasions de négociation ne constituent ni une nomination programmée ni un accord déjà conclu. Elles ne suppriment pas non plus l’obligation d’obtenir l’avis des institutions consultées avant la décision finale.
La procédure de nomination distingue la recommandation des ministres de la décision des dirigeants. Après les discussions au sein de l’Eurogroupe et l’identification d’un candidat soutenu par les États participants, le Conseil de l’UE adopte la recommandation destinée au Conseil européen. Celui-ci consulte le Parlement européen et le Conseil des gouverneurs de la BCE, qui formulent leurs avis, puis prend la décision de nomination.
Le Parlement peut organiser l’audition du candidat au sein de la commission des affaires économiques et monétaires, ECON, avant de se prononcer en séance plénière. Son avis est consultatif ; le Parlement ne dispose donc pas d’un droit de veto sur la nomination. La consultation reste toutefois une étape obligatoire, qu’un accord politique ne peut pas écarter.
Le Conseil européen décide avec les États dont la monnaie est l’euro, à la majorité qualifiée renforcée. Dans la zone euro actuelle, qui compte 21 membres, cela signifie au moins 16 États représentant au minimum 65 % de la population de la zone euro. L’unanimité n’est pas requise et le seuil démographique concerne la zone euro, et non l’ensemble de l’Union.
Le président de la BCE fait partie du directoire, aux côtés du vice-président et de quatre autres membres. Les traités prévoient des mandats de huit ans, non renouvelables, et exigent des candidats jouissant d’une réputation et d’une expérience professionnelle reconnues dans le domaine monétaire ou bancaire. Les règles de nomination sont établies par l’article 283 du traité sur le fonctionnement de l’UE, ainsi que par les dispositions concernant les États qui n’utilisent pas l’euro.
La succession à la présidence coïncide avec deux autres changements à la tête de la BCE. Isabel Schnabel a annoncé qu’elle quitterait l’institution le 3 janvier 2027 pour devenir, dès le lendemain, conseillère financière et directrice du département des marchés monétaires et de capitaux du FMI. Selon Agence Europe, la date limite pour les candidatures à son remplacement a été repoussée au 27 novembre, séparément de celle de la présidence.
Le mandat de Philip Lane, économiste en chef de la BCE et membre du directoire, s’achève le 31 mai 2027. Le document néerlandais et le compte rendu de Reuters indiquent que les négociations politiques pourraient traiter ensemble les trois postes. Un tel accord pourrait tenir compte de l’équilibre géographique et des profils professionnels, mais chaque nomination doit respecter sa propre procédure et les consultations requises.
Mme Lagarde a pris ses fonctions le 1er novembre 2019 et a annoncé le 29 octobre 2026 qu’elle partirait le 7 février 2027. Les données publiées par la BCE confirment une réduction de près de neuf mois de son mandat par rapport à son échéance normale, le 31 octobre 2027. La nouveauté du processus actuel réside dans le passage de l’annonce du départ à la collecte et à l’examen des candidatures.
Le changement de président ne détermine pas automatiquement une nouvelle trajectoire des taux d’intérêt. Les décisions de politique monétaire sont prises par le Conseil des gouverneurs, composé des membres du directoire et des gouverneurs des banques centrales nationales de la zone euro. Le choix de la personne qui dirige l’institution compte pour la coordination et la communication, mais ne lui confère pas le pouvoir de décider seule de la politique monétaire.
La prochaine étape est la clôture de la période de dépôt des candidatures le 6 novembre, suivie de la discussion au sein de l’Eurogroupe. L’annonce d’un candidat par un gouvernement, la sélection d’une personne soutenue par les États et sa nomination par le Conseil européen sont des étapes distinctes. Pour l’heure, le gouvernement néerlandais a rendu public son choix, tandis que la décision européenne reste ouverte.
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