Le Conseil de l’UE a prolongé de trois ans l’autorisation accordée à la Roumanie de limiter la déduction de la TVA pour certains véhicules utilisés à la fois dans le cadre de l’activité économique et à titre personnel. Le taux de 50 % et les exceptions restent inchangés. Le régime couvre l’achat, la location, le leasing et les dépenses connexes, sans modifier le taux de TVA.
La Roumanie peut maintenir jusqu’au 31 décembre 2029 la limitation à 50 % du droit à déduction de la TVA pour certains véhicules utilisés à la fois dans le cadre de l’activité économique et à titre personnel. Le Conseil de l’Union européenne a prolongé de trois ans l’autorisation qui devait expirer fin 2026, sans modifier le pourcentage ni les catégories de véhicules concernées. Le régime porte sur l’achat, la location, le leasing et les dépenses connexes, avec des exceptions pour l’utilisation exclusivement professionnelle et pour certaines activités.
En bref
Le Conseil de l’UE autorise la Roumanie à maintenir jusqu’au 31 décembre 2029 la limitation à 50 % de la déduction de la TVA pour certains véhicules à usage mixte. Il s’agit de la prolongation d’un régime existant, et non d’une modification du taux de TVA.
La limitation concerne l’achat, l’acquisition intracommunautaire, l’importation, la location, le leasing et les dépenses directement liées aux véhicules. Elle ne s’applique pas aux véhicules dont la masse dépasse 3 500 kg ou qui comptent plus de neuf places, conducteur compris.
L’utilisation exclusivement économique et sept catégories d’activités sont exemptées, dans les conditions prévues par la loi. Une entreprise qui utilise une voiture prise en leasing n’est pas automatiquement exemptée ; l’exception concerne la fourniture du service de leasing.
La déduction limitée à 50 % dispense de prouver la répartition entre l’utilisation économique et l’utilisation personnelle au moyen du carnet de route. Le régime permet également de ne pas imposer séparément l’utilisation privée des véhicules soumis à cette restriction.
Pour une prolongation au-delà de 2029, la Roumanie doit adresser à la Commission une demande et un rapport de réexamen avant le 31 mars 2029. L’autorisation relève du Conseil, sur proposition de la Commission.
La décision a été adoptée le 29 octobre 2026 et publiée au Journal officiel de l’UE le 5 novembre. L’acte modifie la date d’expiration de la dérogation accordée à la Roumanie et précise qu’il prend effet à compter de la date de sa notification. Il s’agit d’une autorisation européenne déjà adoptée pour la poursuite d’un régime existant, et non de l’introduction d’une nouvelle restriction visant toutes les voitures. Les règles nationales d’application figurent dans le Code fiscal.
Pour les entreprises et les autres assujettis concernés, la limitation couvre la TVA relative à l’achat, à l’acquisition intracommunautaire, à l’importation, à la location ou au leasing des véhicules détenus ou utilisés. Elle s’applique également aux dépenses directement liées aux véhicules, telles que le carburant, les réparations, l’entretien, les lubrifiants et les pièces de rechange. Selon les règles fiscales roumaines, le pourcentage de 50 % s’applique à la taxe qui serait déductible dans les conditions générales prévues par la loi ; il ne garantit pas la récupération de la moitié de toute facture automobile.
La restriction spéciale ne s’applique pas aux véhicules dont la masse maximale autorisée dépasse 3 500 kilogrammes ou qui comptent plus de neuf places, conducteur compris. Les véhicules dépassant l’un de ces seuils restent soumis aux règles générales de TVA. Pour les autres véhicules, la limitation est liée à l’utilisation mixte, et pas seulement au fait qu’ils soient détenus ou utilisés par une entreprise.
La décision établissant le régime exclut sept catégories de véhicules : ceux utilisés exclusivement pour les services d’urgence ; ceux utilisés exclusivement pour la surveillance, la protection et le courrier ; ceux utilisés par les agents commerciaux et les agents d’achat ; ceux destinés au transport rémunéré de personnes, y compris les taxis ; ceux utilisés pour la fourniture de services rémunérés, notamment la location ou la formation dispensée par les auto-écoles ; ceux utilisés pour la location ou le leasing ; et ceux achetés en vue de leur revente. Le classement dans une exception doit être étayé par la situation réelle et par les documents exigés par les règles fiscales.
Pour l’exception relative aux services rémunérés, les règles roumaines exigent que le véhicule contribue de manière essentielle à la fourniture directe du service et que celui-ci ne puisse être réalisé sans le véhicule. Le simple fait que l’entreprise exerce une activité de services ne suffit pas.
Dans le cas du leasing, c’est le rôle du véhicule dans l’activité économique qui compte. Une entreprise qui prend une voiture en leasing pour ses propres déplacements n’est pas automatiquement exemptée : si elle l’utilise également à titre personnel, la limitation peut concerner la TVA relative aux échéances et aux autres dépenses. L’exception applicable au leasing vise les véhicules dont l’usage est transmis aux clients dans le cadre de contrats de leasing financier ou opérationnel. Il s’agit de la différence entre l’utilisation d’une voiture prise en leasing et la fourniture du service de leasing.
Les véhicules utilisés exclusivement dans le cadre de l’activité économique ne sont pas soumis au plafond spécial de 50 %. Pour ceux-ci et pour les catégories exemptées, les règles générales de déduction s’appliquent, notamment les conditions relatives aux opérations ouvrant droit à déduction et aux pièces justificatives. Par conséquent, la sortie du champ de la restriction spéciale ne signifie pas qu’une déduction intégrale est garantie en toutes circonstances.
Les règles méthodologiques exigent que l’utilisation exclusivement économique soit étayée par les documents légaux et le carnet de route, qui indique le motif et le lieu du déplacement, les kilomètres parcourus et la consommation propre de carburant par kilomètre. En revanche, la personne qui applique la déduction limitée à 50 % ne doit pas prouver, au moyen de ce carnet de route, la répartition entre l’utilisation économique et l’utilisation personnelle. Les autres conditions et documents nécessaires à la déduction restent applicables.
Le régime comporte également un second volet, relatif à l’utilisation personnelle. Dans le système général de TVA, l’utilisation privée de certains biens de l’entreprise pour lesquels la taxe a été déduite peut être considérée comme une prestation de services à titre onéreux. Pour les véhicules soumis à la restriction spéciale de 50 %, la Roumanie est autorisée à ne pas appliquer ce traitement distinct. La limitation de la déduction et l’exception relative à l’utilisation privée fonctionnent ensemble afin de simplifier le régime et d’éviter une double imposition de la composante personnelle ; cette règle figure également à l’article 271 du Code fiscal.
Le Conseil justifie la prolongation par la réduction des obligations de suivi pour les contribuables et l’administration, ainsi que par la prévention de la fraude résultant de registres incorrects. Dans la demande enregistrée auprès de la Commission le 19 mai 2026, la Roumanie a également transmis un rapport de réexamen du pourcentage et estimé que la limite de 50 % restait appropriée. La décision évalue comme négligeable l’effet sur le total des recettes fiscales perçues par la Roumanie au stade de la consommation finale et constate l’absence d’incidence négative sur les ressources propres de l’UE provenant de la TVA.
La dérogation repose sur la directive européenne relative à la TVA. Celle-ci permet au Conseil d’autoriser, à l’unanimité et sur proposition de la Commission, des mesures particulières destinées à simplifier la perception de la taxe ou à prévenir certaines formes de fraude et d’évasion fiscales. La Roumanie applique un tel régime depuis 2012, avec des prolongations successives ; la décision adoptée en 2024 permettait sa poursuite jusqu’à fin 2026. La nouvelle décision prolonge l’autorisation jusqu’à fin 2029, en maintenant les règles relatives à la déduction et à l’utilisation privée.
Si la Roumanie souhaite maintenir le régime après 2029, elle devra transmettre à la Commission une nouvelle demande avant le 31 mars 2029, accompagnée d’un rapport réexaminant le plafond en pourcentage. Une prolongation nécessitera une nouvelle autorisation du Conseil, sur proposition de la Commission. La décision actuelle ne modifie pas le niveau du taux de TVA et n’instaure pas de nouvelle taxe sur la détention d’automobiles ; elle prolonge la possibilité d’appliquer la limitation spéciale, dans les conditions prévues par la loi.
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