Le Parlement européen a adopté des amendements à la dérogation temporaire aux règles ePrivacy, qui permet aux fournisseurs de services de communication électronique de détecter volontairement des matériels d'abus sexuel sur les enfants et des tentatives de recrutement en ligne. Les eurodéputés souhaitent que les messages protégés par un chiffrement de bout en bout soient exclus du champ d'application de la loi.
Le Parlement européen soutient le retour d'une dérogation temporaire aux règles ePrivacy pour lutter contre les abus sexuels sur les enfants en ligne, mais souhaite que les messages protégés par un chiffrement de bout en bout soient exclus. Le texte permet aux fournisseurs de services de communication électronique de détecter volontairement des matériels d'abus sexuel sur les enfants et des tentatives de recrutement de mineurs, d'éliminer le contenu et de le rapporter aux autorités.
En résumé
Le Parlement européen a adopté des amendements à la dérogation temporaire aux règles ePrivacy.
La dérogation permet la détection volontaire de matériels d'abus sexuel sur les enfants en ligne.
Les eurodéputés souhaitent exclure les communications protégées par un chiffrement de bout en bout.
La position du Parlement est maintenant transmise au Conseil, qui a trois mois pour accepter ou rejeter les amendements.
En l'absence d'accord, le Parlement et le Conseil entreront en conciliation.
Le vote concerne une dérogation aux règles ePrivacy, c'est-à-dire aux normes européennes qui protègent la confidentialité des communications électroniques. Sans cette dérogation, les fournisseurs de services en ligne ne peuvent pas utiliser les mêmes outils volontaires pour détecter des matériels d'abus sexuel sur les enfants dans des communications privées, même si l'objectif est l'élimination et le rapport de contenu illégal.
La position du Conseil aurait rétabli une dérogation expirée, permettant aux fournisseurs de détecter volontairement des matériels d'abus sexuel sur les enfants et le recrutement de mineurs sur leurs propres services. Le Parlement n'a pas accepté le texte sans modifications et a introduit une limite importante : les communications auxquelles s'applique, se sont appliquées ou s'appliqueront un chiffrement de bout en bout doivent être exclues du champ d'application de la loi.
Le chiffrement de bout en bout signifie que les messages ne peuvent être lus que par l'expéditeur et le destinataire, et non par le fournisseur de services. Pour les partisans de cette exclusion, la question est de protéger la sécurité et la confidentialité des communications privées. Pour les autorités qui demandent des outils plus puissants pour lutter contre les abus, l'enjeu est la capacité d'identifier des matériels illégaux et des contacts de recrutement avant que les victimes ne soient exposées à d'autres abus.
La procédure a été difficile car le Parlement est en deuxième lecture. Pour rejeter ou modifier la position du Conseil, une majorité absolue était nécessaire, actuellement 360 eurodéputés. Lors d'un premier vote, une majorité simple a soutenu le rejet de la position du Conseil, avec 314 votes pour, 276 contre et 17 abstentions, mais le nombre n'a pas atteint le seuil requis.
Après l'adoption des amendements, il n'y avait pas de majorité pour rejeter la position du Parlement ainsi modifiée. Le vote a été de 276 pour le rejet, 286 contre et 30 abstentions. La deuxième lecture est donc close, et le texte amendé sera transmis au Conseil.
Le Conseil a maintenant trois mois pour approuver ou rejeter les amendements du Parlement. S'il n'accepte pas toutes les modifications, les deux institutions entreront en conciliation, la dernière étape où le Parlement et le Conseil tentent d'arriver à un texte commun.
La dérogation est conçue comme une mesure temporaire, pour éviter un vide juridique jusqu'à l'adoption d'un régime permanent de lutte contre les abus sexuels sur les enfants en ligne. La loi intérimaire précédente a expiré le 3 avril 2026, après que le Parlement a rejeté la proposition de la Commission de prolongation et a clos la première lecture.
Avant ce moment, les eurodéputés avaient déjà demandé une dérogation plus limitée. Le Parlement avait voté pour restreindre le champ des mesures de détection et pour introduire une approbation judiciaire. Les négociations avec le Conseil n'ont cependant pas abouti à un accord.
Le dossier permanent pour lutter contre les abus sexuels sur les enfants en ligne continue en parallèle. Selon le Parlement, la plupart des aspects de la loi permanente ont été convenus sous la présidence chypriote du Conseil, dans la première moitié de l'année 2026, mais certains points doivent encore être discutés.
Séparément, le Parlement et le Conseil ont déjà convenu d'un accord pour mettre à jour une directive sur la lutte contre les abus sexuels sur les enfants. Cette directive concerne le cadre pénal et la protection des victimes, tandis que la dérogation ePrivacy traite de la capacité des fournisseurs de services en ligne à détecter et à rapporter volontairement du contenu illégal dans leurs communications.
Pour les utilisateurs, la principale différence est entre la détection volontaire sur des services qui entrent dans le champ de la dérogation et la protection des communications chiffrées de bout en bout. Le Parlement tente de maintenir la possibilité de signaler des matériels d'abus sexuel sur les enfants, mais sans inclure les messages chiffrés dans cette dérogation temporaire.
Pour les enfants et les victimes, le dossier reste lié à la rapidité avec laquelle le contenu abusif est identifié, éliminé et rapporté. Pour les services en ligne, l'enjeu est la clarté juridique : ce qu'ils peuvent faire volontairement, dans quelles conditions et sur quels types de communications, jusqu'à ce que l'UE adopte le cadre permanent.
Le Parlement européen a adopté les amendements jeudi, en séance plénière. La position du Parlement sera transmise au Conseil, qui a trois mois pour décider s'il accepte les modifications ou entre en conciliation avec le Parlement.
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