La Commission européenne a adopté des règles communes pour les élevages de porcs et de volailles couverts par la directive relative aux émissions industrielles et à l’élevage. Les exigences concernent en particulier l’ammoniac ainsi que les quantités d’azote et de phosphore excrétées, et leur application débutera progressivement entre 2030 et 2032, selon la taille de l’élevage.
Les élevages de porcs et de volailles qui dépassent les seuils fixés par la législation européenne devront respecter un nouvel ensemble commun de règles visant à réduire la pollution, adopté par la Commission européenne le 8 octobre 2026. Les premières obligations deviendront applicables en 2030 aux exploitations les plus grandes, tandis que les élevages plus petits qui relèvent néanmoins du champ d’application de la directive auront jusqu’en 2032 pour s’adapter.
En bref
1.Les nouvelles normes concernent les élevages de porcs et de volailles couverts par la directive relative aux émissions industrielles et à l’élevage, et non tous les élevages de l’UE.
2.Les règles fixent des exigences concernant les émissions d’ammoniac et les quantités d’azote et de phosphore excrétées, et couvrent notamment l’alimentation, les bâtiments d’élevage et la gestion des effluents.
3.Les élevages d’au moins 600 unités de gros bétail doivent se conformer aux règles au plus tard le 8 octobre 2030, ceux d’au moins 400 unités d’ici 2031, et les autres élevages relevant du champ d’application de la directive d’ici 2032.
4.La Commission estime que la directive couvre environ 30 % des élevages de porcs et de volailles de l’UE, les petits et moyens élevages représentant environ 70 % et restant en dehors de ces nouvelles obligations.
5.Les États membres peuvent utiliser un système simplifié d’enregistrement des élevages au lieu de l’autorisation individuelle appliquée aux installations industrielles.
La décision adoptée par la Commission établit les « conditions uniformes de fonctionnement », UCOL, que les États membres doivent appliquer aux élevages relevant du champ d’application de la directive relative aux émissions industrielles et à l’élevage. Le système diffère du régime complet applicable aux grandes installations industrielles et vise à combiner la réduction des émissions avec des exigences administratives proportionnées pour les exploitations d’élevage. La Commission autorise les États, par exemple, à utiliser l’enregistrement des élevages au lieu d’un système individuel complet d’autorisation.
Le critère d’inclusion n’est pas le simple nombre d’animaux, mais la capacité exprimée en unités de gros bétail, LSU, une unité standardisée permettant de comparer différentes catégories d’animaux. La directive inclut notamment les exploitations comptant au moins 350 LSU de porcs, les élevages exclusivement composés de poules pondeuses comptant au moins 300 LSU, ceux comptant au moins 280 LSU d’autres catégories de volailles, ainsi que les élevages mixtes de porcs et de volailles comptant au moins 380 LSU. Un élevage peut relever du champ d’application de la directive selon plusieurs de ces critères.
La Commission estime qu’environ 38 500 élevages de porcs et de volailles sont couverts par la directive révisée. Les petits et moyens élevages de porcs et de volailles qui restent sous les seuils représentent environ 70 % du total des exploitations de ce type dans l’UE et ne sont pas soumis aux nouvelles exigences. Pour la Roumanie, l’impact dépend donc de la taille et de la structure de chaque exploitation, et les nouvelles normes ne doivent pas être interprétées comme des obligations applicables à tous les foyers ou à tous les élevages commerciaux.
Les règles couvrent l’ensemble de la chaîne d’activités de l’élevage qui influencent les émissions : gestion de la nutrition animale, préparation des aliments, bâtiments d’élevage, collecte et stockage des effluents, traitement et épandage de ceux-ci sur les terres, ainsi que stockage des animaux morts. Pour ces activités, la décision fixe des techniques et des niveaux de performance destinés à réduire la pollution, sans obliger les élevages à utiliser une technologie unique. Les agriculteurs peuvent également recourir à d’autres solutions si les autorités nationales valident, sur des bases scientifiques, qu’elles offrent au moins un niveau équivalent de protection de l’environnement et de la santé.
La réduction de l’ammoniac libéré dans l’air par les bâtiments d’élevage constitue un élément central. La décision fixe des valeurs maximales ou, si un État choisit cette option, autorise un système fondé sur une réduction minimale des émissions par rapport à un système de référence. Des limites de performance sont également établies pour les quantités totales d’azote et de phosphore excrétées. Ces substances sont importantes, car l’excès d’azote contribue à la pollution de l’air, de l’eau et des sols, tandis que les émissions d’ammoniac sont notamment associées à la formation de particules fines nuisibles à la santé.
Le calendrier varie selon la capacité de l’élevage. Les exploitations relevant du champ d’application de la directive et comptant au moins 600 LSU doivent appliquer les conditions uniformes au plus tard quatre ans après le 8 octobre 2026, soit au plus tard le 8 octobre 2030. Pour celles comptant au moins 400 LSU, le délai est de cinq ans, jusqu’au 8 octobre 2031. Toutes les autres exploitations couvertes par l’annexe disposent d’un délai de six ans, jusqu’au 8 octobre 2032. Cette période de transition est destinée à permettre l’adaptation des investissements et des pratiques de travail des élevages.
Les nouvelles conditions résultent de la révision de la directive relative aux émissions industrielles adoptée en 2024. Celle-ci a étendu et restructuré le régime applicable à l’élevage intensif de porcs et de volailles, mais a créé pour le secteur de l’élevage un système plus simplifié que celui destiné aux installations industrielles classiques. La directive révisée est entrée en vigueur le 4 août 2024, et les États membres avaient jusqu’au 1er juillet 2026 pour transposer les modifications dans leur législation nationale.
La Commission a proposé séparément, en décembre 2025, des simplifications supplémentaires de la législation relative aux émissions industrielles et à l’élevage. L’adoption des règles du 8 octobre ne signifie pas que toutes ces modifications proposées sont automatiquement devenues législation. La Commission précise que les conditions actuelles de fonctionnement devront être ajustées si le texte final de la simplification législative modifie les exigences pertinentes.
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