Les ministres de l’Énergie de l’Union européenne ont demandé, lors de la réunion du 29 octobre 2026 à Luxembourg, que les futures règles relatives aux tarifs d’utilisation des réseaux électriques laissent davantage de liberté aux États membres pour définir leurs méthodologies nationales. Bien qu’un large soutien existe en faveur de la réduction des coûts du système et d’une utilisation plus efficace des infrastructures existantes, le débat ne s’est pas conclu par l’adoption d’une position du Conseil. La présidence irlandaise vise à obtenir une orientation générale lors de la réunion des ministres de l’Énergie du 10 décembre.
En bref 29 octobre 2026. Les ministres de l’Énergie ont soutenu la réduction des coûts des réseaux électriques et une utilisation plus efficace des infrastructures existantes, mais ont demandé davantage de flexibilité pour les méthodologies tarifaires nationales. 24–29 % de la facture des ménages. C’est la part moyenne des tarifs de réseau ces dernières années, selon les données historiques citées par la Commission européenne. Cet indicateur ne représente pas une part identique dans tous les États membres ni pour chaque consommateur. 17 juillet 2026. La Commission a présenté la proposition COM(2026) 600, qui vise des tarifs reflétant mieux les coûts, une utilisation intelligente des infrastructures, la numérisation et la réduction de la pression sur les factures. La fiscalité reste controversée. La proposition prévoit que les accises sur l’électricité ne soient pas supérieures à celles appliquées au gaz naturel. Selon Euronews, 13 États, dont la Roumanie, ont demandé la suppression de cette disposition. 10 décembre 2026. Le Conseil entend parvenir à une orientation générale sur le règlement. Celle-ci constituerait sa position pour les négociations législatives, et non l’adoption définitive des nouvelles règles. Le Parlement européen n’a pas encore adopté sa position. Le dossier 2026/0203(COD) est examiné par la commission ITRE, avec l’eurodéputé Bruno Tobback comme rapporteur. Aucun changement de facture ne découle automatiquement du débat du 29 octobre. Le projet propose des compteurs intelligents pour 50 % des clients finaux d’ici la fin de 2030 et 75 % d’ici la fin de 2033. Les États affichant une couverture inférieure à 30 % lors de l’entrée en vigueur disposeraient de délais prolongés jusqu’en 2031 et 2034.
La discussion des ministres porte sur une composante de la facture d’électricité distincte du prix de l’énergie consommée. Les tarifs de réseau couvrent les coûts du transport et de la distribution, notamment l’entretien, l’exploitation et la modernisation des infrastructures. Dans l’exposé des motifs de la proposition législative, la Commission européenne indique que ces tarifs ont représenté, ces dernières années, en moyenne entre 24 % et 29 % de la facture d’électricité des ménages. Cette part peut toutefois varier considérablement d’un État à l’autre, en fonction de la structure du système, des investissements nécessaires et de la manière dont les coûts sont répartis.
Le 17 juillet, la Commission a présenté une proposition visant à modifier le règlement (UE) 2019/943, avec pour objectif de réduire les coûts totaux du système électrique et d’encourager l’électrification. Une orientation importante consiste à élaborer des tarifs transmettant aux consommateurs et aux opérateurs des signaux plus clairs sur les coûts d’utilisation du réseau. Par exemple, le déplacement de la consommation en dehors des heures de pointe peut réduire la pression sur les infrastructures et les besoins en investissements supplémentaires, si la méthodologie tarifaire récompense effectivement cette flexibilité. Le bénéfice pour le consommateur dépend toutefois des règles appliquées et de sa possibilité concrète d’adapter sa consommation.
La proposition vise également une plus grande transparence et une meilleure comparabilité entre les méthodologies nationales. Elle inclut la possibilité de signaux tarifaires liés au moment et au lieu d’utilisation du réseau, ainsi qu’un cadre commun pour définir les principes de tarification. C’est précisément cette dimension d’harmonisation qui a suscité des réserves parmi les États membres. Selon les résultats officiels de la réunion, les ministres ont généralement convenu que les infrastructures existantes devaient être utilisées plus efficacement, mais ont demandé que les méthodologies nationales puissent refléter les particularités de chaque système électrique.
Les différences entre les réseaux expliquent en partie les divergences. Un État disposant d’interconnexions développées, d’une production décentralisée et d’un grand nombre de compteurs intelligents peut avoir d’autres besoins qu’un État qui doit développer rapidement ses infrastructures ou supprimer des goulets d’étranglement locaux. Une méthodologie trop rigide pourrait limiter l’adaptation des tarifs à ces situations. En revanche, la Commission estime que des principes plus cohérents à l’échelle européenne peuvent favoriser une utilisation efficace des réseaux et réduire les coûts supportés par les utilisateurs.
Avant la réunion, la présidence irlandaise avait préparé deux versions révisées des textes de compromis, à la suite des observations formulées par les États membres au sein du groupe de travail sur l’énergie. La note d’orientation du 16 octobre identifiait deux principaux enjeux pour le débat politique : la structure des tarifs et la fiscalité de l’électricité. Le résultat de la réunion du 29 octobre fournit des orientations pour la poursuite des négociations techniques, sans encore fixer la formulation finale des dispositions.
Le différend fiscal est distinct du calcul des tarifs de réseau, mais il fait partie de la même proposition législative. La Commission souhaite un cadre favorisant l’utilisation de l’électricité et prévoit que les accises qui lui sont appliquées soient au plus égales à celles visant le gaz naturel. L’objectif est que les politiques fiscales n’annulent pas les avantages recherchés grâce à l’amélioration de l’efficacité des réseaux. La proposition inclut également la possibilité de réductions des accises pour certaines grandes entreprises grandes consommatrices d’énergie, dans les conditions prévues par la législation applicable.
Cette composante s’est heurtée à une opposition. Euronews rapporte que l’Allemagne, l’Italie, Malte, la Tchéquie, la Bulgarie, la Slovaquie, la Finlande, la Roumanie, la Croatie, la Pologne, la Lettonie, l’Estonie et la Hongrie figuraient parmi les États ayant demandé la suppression de la disposition fiscale. L’article fait également état d’objections concernant l’extension des compétences européennes aux méthodologies tarifaires. Les résultats officiels publiés par le Conseil confirment l’existence du débat sur la fiscalité et la demande de flexibilité nationale, mais ne présentent pas d’inventaire individuel des positions de toutes les délégations.
Derrière ces positions se trouve également une controverse juridique. La note de la présidence indique que de nombreux États membres considèrent que les dispositions fiscales devraient se fonder sur l’article 113 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, qui implique l’unanimité au Conseil. La proposition de la Commission a toutefois été présentée dans le cadre de la procédure législative ordinaire, sur la base de l’article 194, paragraphe 2, relatif à la politique énergétique. La divergence porte sur la base juridique appropriée et sur le mode d’adoption des mesures fiscales ; elle n’a pas été définitivement résolue par le débat du 29 octobre.
La proposition prévoit également l’installation de compteurs intelligents pour au moins 50 % des clients finaux d’ici au 31 décembre 2030 et pour 75 % d’ici au 31 décembre 2033. Pour les États où la couverture est inférieure à 30 % lors de l’entrée en vigueur du futur règlement, les échéances proposées sont le 31 décembre 2031 et, respectivement, le 31 décembre 2034. Il s’agit d’objectifs du projet de la Commission, et non de nouvelles obligations déjà adoptées.
Au Parlement européen, la proposition est examinée par la commission de l’industrie, de la recherche et de l’énergie (ITRE), dont le rapporteur est l’eurodéputé belge Bruno Tobback, du groupe S&D. L’Observatoire législatif du Parlement indique que le dossier attend encore une décision de la commission compétente. Le Conseil et le Parlement ne disposent donc pas encore de positions législatives finales permettant de conclure la procédure.
Pour les ménages et les entreprises, l’effet de la réforme dépendra de la forme définitive du règlement, des règles nationales d’application et des caractéristiques de la consommation. Des tarifs conçus pour réduire la sollicitation du réseau pendant les heures de pointe peuvent générer des économies pour certaines catégories d’utilisateurs, mais ne garantissent pas une baisse des factures pour tous les consommateurs. Le prochain rendez-vous politique est la réunion du Conseil Énergie du 10 décembre, lors de laquelle la présidence irlandaise espère obtenir une orientation générale. Même si cet objectif est atteint, le règlement devra encore franchir les étapes nécessaires à son adoption par les colégislateurs.
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