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Les kinésithérapeutes pourraient obtenir la reconnaissance automatique de leur qualification dans d’autres États de l’UE

Cristiana Dida
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14 octobre 2026, 10:59
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UE
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La Commission européenne a créé le premier cadre commun de formation pour les physiothérapeutes, qui permettrait la reconnaissance automatique, dans les États participants, des qualifications répondant à des critères européens communs. La formation doit comprendre au moins 240 crédits ECTS et 1 000 heures de formation clinique. Par ailleurs, la Commission propose de raccourcir les procédures de reconnaissance pour les professions réglementées à cinq semaines dans les cas automatiques et à 11 semaines pour les autres demandes.

Les physiothérapeutes titulaires d’une qualification répondant à un nouvel ensemble d’exigences européennes pourraient obtenir une reconnaissance automatique lorsqu’ils souhaitent exercer leur profession dans un autre État membre participant. La Commission européenne a adopté le 15 septembre le premier cadre commun de formation pour cette profession, et Roxana Mînzatu, vice-présidente exécutive chargée des droits sociaux et des compétences, a présenté le mécanisme aux députés européens de la commission de l’emploi et des affaires sociales (EMPL) le 12 octobre. Ce changement ne signifie pas la reconnaissance immédiate et inconditionnelle de tous les diplômes de physiothérapie de l’UE.

En bref

Le cadre commun fixe, pour les qualifications éligibles, un minimum de 240 crédits ECTS, au moins le niveau 6 du Cadre européen des certifications et un minimum de 1 000 heures de formation clinique supervisée.

Les qualifications qui remplissent les critères et sont notifiées dans le cadre du mécanisme devraient bénéficier d’une reconnaissance automatique dans les États membres participants.

Les qualifications qui ne relèvent pas du cadre commun continueront d’être évaluées selon le système général de reconnaissance des qualifications professionnelles.

Par ailleurs, la Commission propose de réduire le délai des procédures de reconnaissance automatique de trois mois à cinq semaines et celui des autres procédures de quatre mois à 11 semaines au maximum.

Le cadre applicable aux physiothérapeutes est un acte délégué et ne produit pas encore l’effet d’une reconnaissance automatique générale. Le Parlement et le Conseil exercent le contrôle prévu pour les actes délégués, puis les États doivent adapter leur législation dans le délai fixé par la directive.

La physiothérapie relève actuellement du système général prévu par la directive relative à la reconnaissance des qualifications professionnelles. Un physiothérapeute qualifié dans un État membre qui souhaite exercer dans un autre État où la profession est réglementée doit, en principe, demander la reconnaissance de sa qualification auprès de l’autorité compétente du pays concerné. Les physiothérapeutes peuvent déjà utiliser la carte professionnelle européenne, une procédure électronique de gestion de la demande, mais l’existence de cet instrument ne transforme pas la qualification en qualification automatiquement reconnue.

Le cadre commun adopté par la Commission tente de changer cette situation pour les qualifications qui répondent à un socle commun de formation. Le document fixe un minimum de 240 crédits ECTS et au moins le niveau 6 du Cadre européen des certifications. Dans les États où un stage est obligatoire pour accéder à la profession, celui-ci doit également être effectué. La formation clinique doit constituer une composante identifiable du programme, avec au moins 1 000 heures effectuées sous supervision, dans des environnements cliniques appropriés et en contact direct avec les patients. Les exigences couvrent l’anatomie, la physiologie et les sciences du mouvement, ainsi que des domaines cliniques tels que l’orthopédie, la neurologie, la cardiologie, la pédiatrie, la gériatrie, l’oncologie, la santé des femmes et la rééducation pré- et postopératoire.

Le mécanisme n’uniformise pas les programmes universitaires en Europe. Les États peuvent maintenir des exigences éducatives et professionnelles plus élevées. Le cadre identifie le seuil commun qui permet que certaines qualifications soient traitées, pour l’accès à la profession, de la même manière qu’une qualification obtenue dans l’État d’accueil. La Commission précise également les conditions dans lesquelles un État peut être exempté, par exemple lorsqu’il ne propose pas la formation concernée, lorsque l’application du cadre affecterait gravement son propre système éducatif ou lorsque des différences substantielles de formation créeraient un risque sérieux pour la santé ou la sécurité publiques.

Un diplôme de physiothérapie délivré dans un État membre n’entrerait pas non plus automatiquement dans ce système du seul fait de son intitulé. La qualification doit respecter les exigences du cadre et être notifiée à la Commission et aux autres États membres. Les qualifications qui ne remplissent pas les critères resteront dans le système général de reconnaissance. Il en va de même lorsque la demande est déposée dans un État bénéficiant d’une exemption au cadre commun.

Cette distinction est également pertinente pour un physiothérapeute formé en Roumanie qui souhaite travailler en Belgique, en France ou dans un autre État membre. La règle européenne ne transforme pas automatiquement tout diplôme roumain en autorisation d’exercer la profession. Il faut déterminer si cette qualification relève du cadre commun, si l’État dans lequel la personne souhaite travailler participe au mécanisme et quelles autres conditions nationales légitimes restent applicables, par exemple celles relatives à l’enregistrement professionnel, à la langue ou à la conduite professionnelle.

Parallèlement au cadre applicable aux physiothérapeutes, la Commission propose une réforme plus large de la directive relative aux qualifications professionnelles. Pour les demandes bénéficiant de la reconnaissance automatique, le délai passerait de trois mois au maximum à cinq semaines. Pour les autres demandes de reconnaissance, le plafond proposé serait de 11 semaines, contre quatre mois au maximum dans le système actuel. Une procédure numérique commune permettrait de déposer le dossier et d’échanger des documents entre les autorités, et les demandes pourraient être présentées dans toutes les langues officielles de l’UE.

La réforme inclut également les qualifications numériques. Les nouveaux documents pourraient être délivrés dans un format européen standardisé et conservés dans le portefeuille européen d’identité numérique. Les employeurs et les autorités pourraient vérifier plus facilement leur authenticité, tandis qu’un outil Europass permettrait de comparer le contenu des qualifications de différents États. La numérisation ne modifie toutefois pas la nature juridique du document : pour une profession réglementée, un diplôme se trouvant dans le portefeuille numérique ne remplace pas la reconnaissance professionnelle lorsque celle-ci est nécessaire.

Les physiothérapeutes constituent le premier test d’un mécanisme que la Commission souhaite étendre. Les sept professions pour lesquelles la législation de l’UE prévoit déjà des systèmes de reconnaissance automatique sur la base de conditions minimales de formation comprennent les professions médicales sectorielles et les architectes. La Commission a encore identifié dix professions pour lesquelles elle entend examiner la possibilité de cadres communs, notamment dans les domaines où il existe une pénurie de personnel. Un cadre commun ne peut être instauré que lorsqu’il existe une proximité suffisante entre les exigences d’éducation et de formation des États participants.

Sur le plan procédural, les deux changements doivent être distingués. La réforme générale de la reconnaissance des qualifications est une proposition législative qui doit être négociée et adoptée par le Parlement européen et le Conseil. Le cadre applicable aux physiothérapeutes a été adopté par la Commission sous la forme d’une directive déléguée, sur la base des compétences déjà prévues par la directive 2005/36/CE. L’acte prévoit qu’après l’achèvement de la procédure européenne et sa publication, les États membres doivent adopter les mesures nationales nécessaires dans un délai de 18 mois. Les qualifications qui bénéficieront effectivement du mécanisme doivent ensuite être identifiées au moyen des notifications des États et des actes d’exécution prévus par la législation.

Pour les professionnels, l’objectif est de résoudre séparément deux problèmes différents. Dans le cas des physiothérapeutes qui satisfont à la norme commune, la vérification de la comparabilité de la formation pourrait être supprimée grâce à la reconnaissance automatique. Pour les autres professions réglementées et pour les qualifications qui ne relèvent pas d’un tel cadre, la reconnaissance resterait nécessaire, mais la Commission souhaite que le dossier puisse être déposé en ligne et traité dans un délai beaucoup plus court.


https://2eu.brussels/ro/news/fizioterapeutii-ar-putea-obtine-recunoasterea-automata-a-calificarii-in-alte-state-ue

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