La France et la Grèce testeront aux niveaux national et local une nouvelle étape du projet européen destiné aux enfants en contact avec le système judiciaire, tandis que l’Italie et la Slovaquie y participeront en tant que pays partenaires. Le programme analysera la législation et les pratiques existantes et développera des outils concernant les alternatives à la détention, la justice restaurative et la prévention de la récidive.
L’Union européenne et le Conseil de l’Europe ont lancé une nouvelle étape du projet commun pour une justice adaptée aux enfants, qui se poursuivra jusqu’en juin 2028. La France et la Grèce seront les principaux pays où les outils du projet seront appliqués aux niveaux national et local, tandis que l’Italie et la Slovaquie participeront en tant que partenaires pour l’échange d’expériences et le développement de pratiques communes.
En bref
La deuxième phase du projet commun de l’Union européenne et du Conseil de l’Europe se déroule de juillet 2026 à juin 2028, et son lancement public a eu lieu le 29 septembre.
La France et la Grèce sont les principaux pays d’intervention, où des données seront recueillies, les lacunes identifiées et des changements proposés pour la législation, les politiques et les pratiques.
L’Italie et la Slovaquie participent en tant que pays partenaires, tandis que les professionnels du système judiciaire bénéficieront d’activités de formation et d’échange d’expériences.
L’outil européen d’évaluation sera complété par trois volets consacrés aux alternatives à la détention, à la justice restaurative et à la prévention de la première infraction et de la récidive.
Le projet n’introduit pas à lui seul une réforme obligatoire dans tous les États de l’UE. Il propose des évaluations, des recommandations, des outils et des formations pour adapter les systèmes nationaux aux normes européennes relatives aux droits de l’enfant.
Le projet concerne les enfants qui entrent en contact avec la loi dans des situations très diverses. Ils peuvent être victimes ou témoins, être accusés d’avoir commis une infraction ou être parties à une procédure civile, pénale, administrative ou à une procédure extrajudiciaire. L’objectif est que les procédures soient compréhensibles, accessibles et adaptées à l’âge, sans réduire la protection des droits procéduraux.
Les activités en France et en Grèce comprendront la collecte de données et l’évaluation de la manière dont la législation et les institutions fonctionnent en pratique. Le projet identifiera les écarts entre les normes européennes et l’expérience concrète des enfants et formulera des recommandations pour modifier la législation, les politiques et les procédures lorsque des lacunes seront constatées.
Les autorités travailleront aux niveaux national et local. Les ministères de la Justice, les législateurs, les juges, les procureurs, les avocats, les policiers, les travailleurs sociaux, les psychologues et les professionnels de la protection de l’enfance figurent parmi les groupes visés. Le projet prévoit également la formation du personnel spécialisé dans les procédures adaptées aux enfants.
Un élément central est l’extension de l’outil d’évaluation de la justice adaptée aux enfants développé lors de la première phase. Il permet aux autorités d’examiner systématiquement si un système judiciaire respecte les droits et les besoins des enfants avant, pendant et après une procédure, et d’identifier les domaines dans lesquels des changements sont nécessaires.
Dans la nouvelle phase, l’outil sera doté de trois annexes thématiques. La première concerne les mesures de déjudiciarisation et les alternatives à la détention conçues pour les enfants. La deuxième porte sur la justice restaurative, et la troisième sur la prévention de la première infraction et de la récidive.
Les alternatives à la détention visent à éviter la privation de liberté lorsqu’il existe des solutions appropriées qui protègent à la fois l’enfant et l’intérêt public. Elles peuvent comprendre des interventions éducatives, des mesures communautaires ou d’autres formes de réponse adaptées à l’âge et à la situation de l’enfant, dans les limites prévues par les systèmes juridiques nationaux.
La justice restaurative vise un autre type de réponse que la procédure exclusivement punitive. Dans les conditions et avec les garanties nécessaires, elle peut impliquer la participation de l’auteur des faits, de la victime et de la communauté à l’identification des conséquences et des moyens de réparation. Le projet analysera comment de tels mécanismes peuvent être adaptés aux enfants en toute sécurité.
Le volet consacré à la prévention de la récidive part de l’idée que la réponse du système judiciaire doit également viser à réduire la probabilité qu’un enfant entre de nouveau en conflit avec la loi. Le projet analysera à la fois la prévention de la première infraction et les interventions ultérieures, notamment les relations entre le système judiciaire, les services sociaux et la protection de l’enfance.
Les enfants et les personnes qui s’occupent d’eux constituent également un groupe directement visé. Le programme développera des activités destinées à leur permettre de mieux connaître leurs droits et les options disponibles avant, pendant et après les procédures judiciaires. Une attention particulière est prévue pour les parents ou tuteurs en situation de vulnérabilité, notamment les personnes handicapées ou confrontées à des difficultés psychosociales.
La deuxième phase fait suite aux activités menées entre janvier 2024 et juin 2026. Lors de la première phase, la Belgique, la Pologne et la Slovénie ont appliqué l’outil d’évaluation et procédé à des autoévaluations de leurs propres systèmes, tandis que la Grèce, la Hongrie et le Portugal y ont participé en tant que pays partenaires.
L’expérience de la première phase a débouché sur des recommandations nationales et sur le développement d’un outil commun disponible en plusieurs langues. Celui-ci n’établit pas de classement des États, mais structure l’analyse d’éléments tels que l’accès de l’enfant à l’information, sa participation à la procédure, la protection de sa vie privée, le traitement réservé aux victimes et aux témoins et la préparation des professionnels travaillant avec des enfants.
Le Conseil de l’Europe définit la justice adaptée aux enfants comme une justice accessible, adaptée à l’âge, rapide et orientée vers les besoins et les droits de l’enfant. Les normes comprennent le droit à un procès équitable, le droit de l’enfant de participer et de comprendre ce qui se passe, ainsi que le respect de la vie privée, de la vie familiale, de l’intégrité et de la dignité.
Le projet s’appuie sur les Lignes directrices du Comité des Ministres du Conseil de l’Europe sur une justice adaptée aux enfants et est lié à la Stratégie de l’UE relative aux droits de l’enfant, à la Garantie européenne pour l’enfance et à la Stratégie du Conseil de l’Europe pour les droits de l’enfant.
Le financement est assuré conjointement par la Direction générale de la justice et des consommateurs de la Commission européenne et par le Conseil de l’Europe, tandis que la mise en œuvre relève de la Division des droits de l’enfant du Conseil de l’Europe. Les documents officiels publiés lors du lancement de la deuxième phase précisent la période et les activités du programme, mais n’indiquent pas le montant total du budget.
Le lancement du 29 septembre comprenait également la première réunion du comité de pilotage de la nouvelle phase. Des représentants de la France, de la Grèce, de l’Italie et de la Slovaquie ont présenté les réformes et les problèmes identifiés dans leurs systèmes, tandis que des représentants de l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne et du réseau européen pour une justice adaptée aux enfants ont également participé à la réunion.
Le projet ne produit pas directement de normes obligatoires pour tous les États membres et ne signifie pas que les mesures testées dans les quatre pays sont déjà introduites dans l’ensemble de l’Union européenne. Les résultats sont destinés à identifier des pratiques susceptibles d’être appliquées plus largement et à soutenir les États qui souhaitent adapter leur législation et leurs institutions aux normes européennes relatives aux droits des enfants en contact avec la justice.
https://2eu.brussels/ro/news/ue-si-consiliul-europei-extind-proiectul-pentru-o-justitie-mai-accesibila-copiilor-in-patru-state
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