La Biélorussie devient un élément de plus en plus important de l'appareil militaire russe et se rapproche du statut de base opérationnelle avancée pour Moscou, ce qui étend la pression militaire russe le long de la frontière est de l'Union européenne, selon une analyse publiée par le European Council on Foreign Relations. L'auteur, Vasil Navumau, soutient que les sanctions et l'isolement diplomatique appliqués à Minsk n'ont pas empêché l'approfondissement de l'intégration militaire avec la Russie et recommande aux Européens une stratégie visant à préserver une certaine autonomie biélorusse face au Kremlin. Le document ne représente pas une position officielle de l'UE ou de l'ECFR, mais l'analyse et les recommandations de l'auteur.
En résumé, l'analyse de l'ECFR soutient que la Biélorussie a évolué d'une base logistique en arrière-front pour la Russie vers un potentiel point opérationnel avancé, avec des infrastructures militaires, des systèmes de missiles et des capacités nucléaires russes installées sur son territoire. Environ 2 000 militaires russes seraient actuellement concentrés autour des systèmes de défense aérienne, des centres de formation, des installations logistiques et des installations militaires russes en Biélorussie. L'auteur considère que la politique européenne principalement basée sur des sanctions risque de réduire les alternatives économiques de Minsk et d'accroître sa dépendance à la Russie, sans résoudre le problème de la militarisation. L'ECFR recommande de renforcer le soutien à la Pologne, à la Lituanie et à la Lettonie, de maintenir des contacts diplomatiques et techniques avec la Biélorussie et de conditionner toute concession à des actions vérifiables, y compris la libération et le traitement des détenus politiques. La stratégie proposée ne vise pas à rapprocher la Biélorussie de l'Occident ou à légitimer le régime d'Alexandre Loukachenko, mais à prévenir la transformation du pays en une base permanente et complètement intégrée du pouvoir militaire russe.
La relation militaire entre la Russie et la Biélorussie a considérablement changé après l'invasion à grande échelle de l'Ukraine en février 2022, selon l'analyse de l'ECFR. La Biélorussie a permis à la Russie d'utiliser son territoire pour des équipements militaires, de l'aviation, des infrastructures ferroviaires, des hôpitaux et des aérodromes et a servi, dans les premières phases de la guerre, de point de départ pour des opérations terrestres vers Kiev et Tchernihiv et pour des attaques par missiles et aviation. L'auteur soutient qu'après cette étape, Moscou a commencé à transformer l'infrastructure initialement utilisée pour le soutien logistique en une présence militaire plus permanente et plus proche du modèle d'une base opérationnelle avancée.
Selon le policy brief, la Russie a environ 2 000 militaires en Biélorussie, concentrés autour des systèmes de défense aérienne, des centres de formation, des hubs logistiques et des installations militaires russes existantes depuis longtemps. Entre 2022 et 2023, les transferts de munitions de la Biélorussie vers la Russie auraient dépassé 130 000 tonnes, et des centres communs de formation, des dépôts, des installations pour armement et des corridors de transport ont été modernisés dans le cadre des programmes de l'Union d'État Russie-Biélorussie. L'auteur considère que cette infrastructure offre désormais à la Russie une plus grande capacité à soutenir des opérations sur le flanc occidental.
La dimension nucléaire représente l'une des principales préoccupations de l'analyse. La constitution de la Biélorussie a été modifiée en 2022 pour permettre le stockage d'armes nucléaires russes, et la Russie a ensuite déployé sur le territoire biélorusse des systèmes Iskander capables de transporter des ogives nucléaires. L'ECFR affirme que des missiles hypersoniques Oreshnik ont été déplacés au début de l'année 2025 vers un emplacement que les experts estiment se trouver à environ 60 kilomètres au sud de Minsk, ce qui rapproche des capacités militaires russes supplémentaires des États de l'UE et de l'OTAN.
L'analyse décrit cette évolution comme le passage de la Biélorussie d'une "base arrière opérationnelle", utilisée principalement pour la logistique, la maintenance et la profondeur stratégique, à une possible "base avant opérationnelle". La différence est importante dans l'argumentation de l'auteur : une telle transformation permettrait à la Russie d'utiliser plus directement le territoire biélorusse pour le déploiement de personnel, d'infrastructures militaires, de formation conjointe et d'opérations futures. L'auteur ne soutient pas que la Biélorussie est entrée directement dans la guerre en Ukraine avec ses propres troupes, mais affirme que l'intégration militaire et institutionnelle avec la Russie a atteint un niveau qui modifie les risques pour les États voisins.
Un épisode analysé dans le document concerne quatre stations de retransmission de signal découvertes par les services ukrainiens dans les régions de Gomel et de Brest en juin 2026. Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a demandé à la Biélorussie de les démanteler, et l'auteur affirme que les installations auraient ensuite été retirées ou arrêtées, sans confirmation publique de la part de Minsk. L'ECFR traite cet épisode comme un indice que Loukachenko conserve une certaine capacité à prendre des décisions séparées de Moscou, bien que le document reconnaisse qu'il existe également des rapports selon lesquels les installations auraient pu être détruites par l'Ukraine.
Cette marge d'autonomie représente le point central des recommandations de l'auteur pour la politique européenne. Au lieu de traiter la Biélorussie exclusivement comme une extension de la Russie, les Européens devraient identifier les domaines dans lesquels Minsk peut encore prendre des décisions propres et utiliser la pression diplomatique et économique pour empêcher une intégration militaire irréversible. L'objectif proposé n'est pas la transformation rapide de la Biélorussie en un État démocratique ou orienté vers l'Occident, mais la réduction du risque que son territoire devienne définitivement une plateforme pour le pouvoir militaire russe.
Le policy brief est critique à l'égard de l'efficacité de la politique européenne actuelle principalement basée sur des sanctions et l'isolement. L'auteur soutient que la réduction des relations commerciales et économiques avec l'Europe après 2020 et surtout après l'invasion de l'Ukraine a créé un espace que la Russie a occupé par le commerce, le financement et l'accès aux marchés. Moscou est devenu un marché essentiel pour les biens biélorusses tels que les produits laitiers et pétrochimiques, et la diminution des alternatives occidentales aurait accru la dépendance du régime de Loukachenko à la Russie.
Cette conclusion ne conduit cependant pas à la recommandation d'une levée générale des sanctions. L'auteur souligne que le régime de Minsk continue la répression politique, les violations des droits de l'homme et le soutien à la guerre de la Russie en Ukraine et note l'existence de 879 détenus politiques au moment de la rédaction de l'analyse. La proposition est que d'éventuelles concessions européennes, y compris des contacts diplomatiques de haut niveau ou un assouplissement limité de certaines sanctions, soient liées à des actions mesurables et vérifiables, telles que la libération de détenus politiques identifiés, la cessation des arrestations motivées politiquement et l'accès des organisations humanitaires internationales.
L'ECFR compare dans ce contexte l'approche européenne à celle adoptée par les États-Unis. Selon l'analyse, Washington a poursuivi une politique plus transactionnelle, utilisant un assouplissement calibré des sanctions en échange de la libération de détenus politiques ; le document mentionne la libération de 123 personnes en 2025 dans le cadre de l'assouplissement de certaines restrictions américaines sur l'industrie biélorusse de la potasse. L'auteur considère que de tels accords ont produit des résultats humanitaires limités, mais n'ont pas modifié l'alignement stratégique et militaire de la Biélorussie avec la Russie.
Pour les États membres situés à la frontière avec la Biélorussie, les recommandations se concentrent davantage sur la sécurité. La Pologne, la Lituanie et la Lettonie sont décrites comme étant simultanément exposées à la pression militaire, aux incidents frontaliers et aux actions hybrides, et l'ECFR recommande que le soutien à ces États soit intégré plus clairement dans une stratégie européenne de défense et de gestion des crises. L'auteur propose une meilleure coordination entre la préparation militaire, la signalisation diplomatique et les canaux destinés à éviter l'escalade accidentelle.
Le document rappelle que la Pologne a fermé sa frontière avec la Biélorussie lors des exercices militaires Zapad en septembre 2025, et que la Lituanie a ensuite fermé sa frontière pendant un mois après que des ballons météorologiques aient pénétré dans son espace aérien en provenance de Biélorussie. En Lettonie, les autorités ont enregistré jusqu'au 21 juillet 2026 un nombre de 8 413 tentatives de passage de la frontière au cours de l'année, dans le contexte de la pression migratoire attribuée à Minsk. L'ECFR place ces incidents dans une catégorie plus large de risques hybrides qui s'ajoutent à la présence militaire russe.
Une autre recommandation est de maintenir des canaux de communication fonctionnels à l'intérieur de la Biélorussie. L'auteur suggère de maintenir des contacts diplomatiques de travail par l'intermédiaire des ambassades des États membres à Minsk, des intermédiaires ou des lignes techniques directes qui peuvent être utilisées pour des échanges concernant les mouvements militaires et d'autres évolutions sensibles. L'objectif de ces contacts serait de réduire le risque d'erreurs de calcul et de maintenir une alternative aux canaux dominés exclusivement par les structures de l'Union d'État Russie-Biélorussie.
L'ECFR recommande également de continuer à soutenir les petites et moyennes entreprises biélorusses, y compris celles qui opèrent en exil ou tentent de réduire leur dépendance au marché russe. Le document rappelle que l'UE et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement ont promis en 2022 environ 4 milliards d'euros pour les PME qui ont relocalisé leurs activités à l'étranger et suggère d'explorer des moyens de soutenir la capacité économique indépendante à l'intérieur de la Biélorussie.
Le soutien à la société civile et à la diaspora reste un élément séparé de la stratégie proposée. L'auteur soutient que l'exil est devenu un instrument structurel de la répression du régime et que les activistes, journalistes, chercheurs et organisations civiques contraints de quitter le pays doivent être considérés par les Européens comme une ressource politique et sociale à long terme. L'UE devrait, selon l'analyse, offrir plus de prévisibilité concernant le séjour, l'accès au marché du travail et la reconnaissance des qualifications pour les Biélorusses en exil et considérer la surveillance, l'intimidation numérique et les pressions sur les familles restées en Biélorussie comme des problèmes de sécurité européenne.
L'UE a alloué, selon le document, environ 200 millions d'euros depuis 2020 pour soutenir la population biélorusse, et l'ECFR recommande des financements plus stables pour la presse indépendante, les organisations de recherche et les initiatives civiques en exil. L'auteur suggère également de continuer les programmes destinés aux jeunes et à la société civile, y compris Erasmus+, le Corps européen de solidarité et les projets culturels financés par la Commission.
En ce qui concerne l'opposition politique, l'analyse recommande de continuer le dialogue avec Sviatlana Tsikhanouskaya et les organisations démocratiques en exil, sans que celles-ci soient automatiquement considérées comme la seule alternative future à Loukachenko. L'auteur considère que de tels contacts offrent aux institutions européennes une meilleure compréhension de la société et des institutions biélorusses et peuvent maintenir l'infrastructure politique et civique nécessaire à un éventuel changement futur.
La stratégie proposée par l'ECFR cherche ainsi à éviter le choix exclusif entre l'isolement total et la normalisation des relations avec le régime de Minsk. À court terme, la priorité devrait être d'empêcher la transformation de la présence militaire russe en Biélorussie en une réalité permanente et irréversible et de limiter le déploiement d'armes conventionnelles et nucléaires russes. À long terme, l'auteur ne propose pas une Biélorussie alignée sur l'Occident, mais un État suffisamment autonome pour résister à sa transformation en une base permanente pour le pouvoir militaire russe et capable de maintenir des relations gérables tant avec l'Europe qu'avec la Russie.
La Biélorussie et la Russie forment depuis 1999 l'Union d'État, un cadre supranational par lequel les deux pays ont progressivement approfondi leur coopération économique, politique et militaire. L'intégration s'est accélérée après la crise politique en Biélorussie en 2020 et après l'invasion russe à grande échelle de l'Ukraine en 2022.
Le policy brief "In the bear's paw: How Europeans can loosen Russia's grip on Belarus" a été publié par le European Council on Foreign Relations le 20 août 2026 et est signé par Vasil Navumau, chercheur à l'Université de Siegen et ancien chercheur invité à l'ECFR. L'ECFR précise que les publications représentent les opinions des auteurs et non les positions collectives de l'organisation.
En résumé, l'analyse de l'ECFR soutient que la Biélorussie a évolué d'une base logistique en arrière-front pour la Russie vers un potentiel point opérationnel avancé, avec des infrastructures militaires, des systèmes de missiles et des capacités nucléaires russes installées sur son territoire. Environ 2 000 militaires russes seraient actuellement concentrés autour des systèmes de défense aérienne, des centres de formation, des installations logistiques et des installations militaires russes en Biélorussie. L'auteur considère que la politique européenne principalement basée sur des sanctions risque de réduire les alternatives économiques de Minsk et d'accroître sa dépendance à la Russie, sans résoudre le problème de la militarisation. L'ECFR recommande de renforcer le soutien à la Pologne, à la Lituanie et à la Lettonie, de maintenir des contacts diplomatiques et techniques avec la Biélorussie et de conditionner toute concession à des actions vérifiables, y compris la libération et le traitement des détenus politiques. La stratégie proposée ne vise pas à rapprocher la Biélorussie de l'Occident ou à légitimer le régime d'Alexandre Loukachenko, mais à prévenir la transformation du pays en une base permanente et complètement intégrée du pouvoir militaire russe.
La relation militaire entre la Russie et la Biélorussie a considérablement changé après l'invasion à grande échelle de l'Ukraine en février 2022, selon l'analyse de l'ECFR. La Biélorussie a permis à la Russie d'utiliser son territoire pour des équipements militaires, de l'aviation, des infrastructures ferroviaires, des hôpitaux et des aérodromes et a servi, dans les premières phases de la guerre, de point de départ pour des opérations terrestres vers Kiev et Tchernihiv et pour des attaques par missiles et aviation. L'auteur soutient qu'après cette étape, Moscou a commencé à transformer l'infrastructure initialement utilisée pour le soutien logistique en une présence militaire plus permanente et plus proche du modèle d'une base opérationnelle avancée.
Selon le policy brief, la Russie a environ 2 000 militaires en Biélorussie, concentrés autour des systèmes de défense aérienne, des centres de formation, des hubs logistiques et des installations militaires russes existantes depuis longtemps. Entre 2022 et 2023, les transferts de munitions de la Biélorussie vers la Russie auraient dépassé 130 000 tonnes, et des centres communs de formation, des dépôts, des installations pour armement et des corridors de transport ont été modernisés dans le cadre des programmes de l'Union d'État Russie-Biélorussie. L'auteur considère que cette infrastructure offre désormais à la Russie une plus grande capacité à soutenir des opérations sur le flanc occidental.
La dimension nucléaire représente l'une des principales préoccupations de l'analyse. La constitution de la Biélorussie a été modifiée en 2022 pour permettre le stockage d'armes nucléaires russes, et la Russie a ensuite déployé sur le territoire biélorusse des systèmes Iskander capables de transporter des ogives nucléaires. L'ECFR affirme que des missiles hypersoniques Oreshnik ont été déplacés au début de l'année 2025 vers un emplacement que les experts estiment se trouver à environ 60 kilomètres au sud de Minsk, ce qui rapproche des capacités militaires russes supplémentaires des États de l'UE et de l'OTAN.
L'analyse décrit cette évolution comme le passage de la Biélorussie d'une "base arrière opérationnelle", utilisée principalement pour la logistique, la maintenance et la profondeur stratégique, à une possible "base avant opérationnelle". La différence est importante dans l'argumentation de l'auteur : une telle transformation permettrait à la Russie d'utiliser plus directement le territoire biélorusse pour le déploiement de personnel, d'infrastructures militaires, de formation conjointe et d'opérations futures. L'auteur ne soutient pas que la Biélorussie est entrée directement dans la guerre en Ukraine avec ses propres troupes, mais affirme que l'intégration militaire et institutionnelle avec la Russie a atteint un niveau qui modifie les risques pour les États voisins.
Un épisode analysé dans le document concerne quatre stations de retransmission de signal découvertes par les services ukrainiens dans les régions de Gomel et de Brest en juin 2026. Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a demandé à la Biélorussie de les démanteler, et l'auteur affirme que les installations auraient ensuite été retirées ou arrêtées, sans confirmation publique de la part de Minsk. L'ECFR traite cet épisode comme un indice que Loukachenko conserve une certaine capacité à prendre des décisions séparées de Moscou, bien que le document reconnaisse qu'il existe également des rapports selon lesquels les installations auraient pu être détruites par l'Ukraine.
Cette marge d'autonomie représente le point central des recommandations de l'auteur pour la politique européenne. Au lieu de traiter la Biélorussie exclusivement comme une extension de la Russie, les Européens devraient identifier les domaines dans lesquels Minsk peut encore prendre des décisions propres et utiliser la pression diplomatique et économique pour empêcher une intégration militaire irréversible. L'objectif proposé n'est pas la transformation rapide de la Biélorussie en un État démocratique ou orienté vers l'Occident, mais la réduction du risque que son territoire devienne définitivement une plateforme pour le pouvoir militaire russe.
Le policy brief est critique à l'égard de l'efficacité de la politique européenne actuelle principalement basée sur des sanctions et l'isolement. L'auteur soutient que la réduction des relations commerciales et économiques avec l'Europe après 2020 et surtout après l'invasion de l'Ukraine a créé un espace que la Russie a occupé par le commerce, le financement et l'accès aux marchés. Moscou est devenu un marché essentiel pour les biens biélorusses tels que les produits laitiers et pétrochimiques, et la diminution des alternatives occidentales aurait accru la dépendance du régime de Loukachenko à la Russie.
Cette conclusion ne conduit cependant pas à la recommandation d'une levée générale des sanctions. L'auteur souligne que le régime de Minsk continue la répression politique, les violations des droits de l'homme et le soutien à la guerre de la Russie en Ukraine et note l'existence de 879 détenus politiques au moment de la rédaction de l'analyse. La proposition est que d'éventuelles concessions européennes, y compris des contacts diplomatiques de haut niveau ou un assouplissement limité de certaines sanctions, soient liées à des actions mesurables et vérifiables, telles que la libération de détenus politiques identifiés, la cessation des arrestations motivées politiquement et l'accès des organisations humanitaires internationales.
L'ECFR compare dans ce contexte l'approche européenne à celle adoptée par les États-Unis. Selon l'analyse, Washington a poursuivi une politique plus transactionnelle, utilisant un assouplissement calibré des sanctions en échange de la libération de détenus politiques ; le document mentionne la libération de 123 personnes en 2025 dans le cadre de l'assouplissement de certaines restrictions américaines sur l'industrie biélorusse de la potasse. L'auteur considère que de tels accords ont produit des résultats humanitaires limités, mais n'ont pas modifié l'alignement stratégique et militaire de la Biélorussie avec la Russie.
Pour les États membres situés à la frontière avec la Biélorussie, les recommandations se concentrent davantage sur la sécurité. La Pologne, la Lituanie et la Lettonie sont décrites comme étant simultanément exposées à la pression militaire, aux incidents frontaliers et aux actions hybrides, et l'ECFR recommande que le soutien à ces États soit intégré plus clairement dans une stratégie européenne de défense et de gestion des crises. L'auteur propose une meilleure coordination entre la préparation militaire, la signalisation diplomatique et les canaux destinés à éviter l'escalade accidentelle.
Le document rappelle que la Pologne a fermé sa frontière avec la Biélorussie lors des exercices militaires Zapad en septembre 2025, et que la Lituanie a ensuite fermé sa frontière pendant un mois après que des ballons météorologiques aient pénétré dans son espace aérien en provenance de Biélorussie. En Lettonie, les autorités ont enregistré jusqu'au 21 juillet 2026 un nombre de 8 413 tentatives de passage de la frontière au cours de l'année, dans le contexte de la pression migratoire attribuée à Minsk. L'ECFR place ces incidents dans une catégorie plus large de risques hybrides qui s'ajoutent à la présence militaire russe.
Une autre recommandation est de maintenir des canaux de communication fonctionnels à l'intérieur de la Biélorussie. L'auteur suggère de maintenir des contacts diplomatiques de travail par l'intermédiaire des ambassades des États membres à Minsk, des intermédiaires ou des lignes techniques directes qui peuvent être utilisées pour des échanges concernant les mouvements militaires et d'autres évolutions sensibles. L'objectif de ces contacts serait de réduire le risque d'erreurs de calcul et de maintenir une alternative aux canaux dominés exclusivement par les structures de l'Union d'État Russie-Biélorussie.
L'ECFR recommande également de continuer à soutenir les petites et moyennes entreprises biélorusses, y compris celles qui opèrent en exil ou tentent de réduire leur dépendance au marché russe. Le document rappelle que l'UE et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement ont promis en 2022 environ 4 milliards d'euros pour les PME qui ont relocalisé leurs activités à l'étranger et suggère d'explorer des moyens de soutenir la capacité économique indépendante à l'intérieur de la Biélorussie.
Le soutien à la société civile et à la diaspora reste un élément séparé de la stratégie proposée. L'auteur soutient que l'exil est devenu un instrument structurel de la répression du régime et que les activistes, journalistes, chercheurs et organisations civiques contraints de quitter le pays doivent être considérés par les Européens comme une ressource politique et sociale à long terme. L'UE devrait, selon l'analyse, offrir plus de prévisibilité concernant le séjour, l'accès au marché du travail et la reconnaissance des qualifications pour les Biélorusses en exil et considérer la surveillance, l'intimidation numérique et les pressions sur les familles restées en Biélorussie comme des problèmes de sécurité européenne.
L'UE a alloué, selon le document, environ 200 millions d'euros depuis 2020 pour soutenir la population biélorusse, et l'ECFR recommande des financements plus stables pour la presse indépendante, les organisations de recherche et les initiatives civiques en exil. L'auteur suggère également de continuer les programmes destinés aux jeunes et à la société civile, y compris Erasmus+, le Corps européen de solidarité et les projets culturels financés par la Commission.
En ce qui concerne l'opposition politique, l'analyse recommande de continuer le dialogue avec Sviatlana Tsikhanouskaya et les organisations démocratiques en exil, sans que celles-ci soient automatiquement considérées comme la seule alternative future à Loukachenko. L'auteur considère que de tels contacts offrent aux institutions européennes une meilleure compréhension de la société et des institutions biélorusses et peuvent maintenir l'infrastructure politique et civique nécessaire à un éventuel changement futur.
La stratégie proposée par l'ECFR cherche ainsi à éviter le choix exclusif entre l'isolement total et la normalisation des relations avec le régime de Minsk. À court terme, la priorité devrait être d'empêcher la transformation de la présence militaire russe en Biélorussie en une réalité permanente et irréversible et de limiter le déploiement d'armes conventionnelles et nucléaires russes. À long terme, l'auteur ne propose pas une Biélorussie alignée sur l'Occident, mais un État suffisamment autonome pour résister à sa transformation en une base permanente pour le pouvoir militaire russe et capable de maintenir des relations gérables tant avec l'Europe qu'avec la Russie.
La Biélorussie et la Russie forment depuis 1999 l'Union d'État, un cadre supranational par lequel les deux pays ont progressivement approfondi leur coopération économique, politique et militaire. L'intégration s'est accélérée après la crise politique en Biélorussie en 2020 et après l'invasion russe à grande échelle de l'Ukraine en 2022.
Le policy brief "In the bear's paw: How Europeans can loosen Russia's grip on Belarus" a été publié par le European Council on Foreign Relations le 20 août 2026 et est signé par Vasil Navumau, chercheur à l'Université de Siegen et ancien chercheur invité à l'ECFR. L'ECFR précise que les publications représentent les opinions des auteurs et non les positions collectives de l'organisation.
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