Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) recommande une surveillance de 42 jours pour les personnes ayant été en contact avec un cas probable ou confirmé d’infection par le virus des Andes, dans le contexte de cas sporadiques importés dans l’UE et l’Espace économique européen. Les autorités devraient suivre activement les personnes ayant subi une exposition plus intense, et les tests devraient être déclenchés par l’apparition de symptômes. Les tests systématiques des contacts asymptomatiques ne sont pas recommandés.
En brefTous les contacts identifiés d’un cas probable ou confirmé devraient surveiller leurs symptômes pendant 42 jours à compter de la dernière exposition. En cas d’exposition plus intense, l’ECDC recommande également un contact régulier avec l’autorité de santé publique ; au niveau d’exposition plus faible, l’autosurveillance est effectuée sans suivi actif.
L’apparition de symptômes déclenche l’auto-isolement, la notification des autorités et le dépistage, quel que soit le niveau d’exposition. Les tests systématiques des personnes asymptomatiques ne sont pas recommandés, et un résultat négatif ne met pas fin à l’auto-isolement si les symptômes persistent.
Dans un avion, la proximité des sièges sert à identifier les contacts, sans signifier automatiquement une exposition élevée. Les autorités doivent évaluer l’interaction effective, sa durée et l’éventuel contact avec des sécrétions.
La transmission interhumaine reste inhabituelle, et les critères opérationnels d’exposition n’ont pas été officiellement validés pour le virus des Andes. Les recommandations maintiennent l’évaluation individuelle et la possibilité de mesures de précaution lorsque les informations sont incomplètes.
Les recommandations répondent aux différences entre les mesures nationales appliquées après un cas importé signalé par la France au début du mois d’août. La personne était revenue d’Argentine et a ensuite été prise en charge en Espagne. Les enquêtes des autorités françaises et espagnoles ont identifié des contacts au sein de la famille, parmi le personnel médical et parmi les voyageurs, mais les approches ont surtout différé en ce qui concerne la quarantaine des personnes asymptomatiques. Certains États ont mis en question la proportionnalité d’une quarantaine prolongée par rapport au risque relativement faible et incertain de transmission interhumaine dans de tels cas.
L’ECDC organise sa réponse autour de deux critères. « Le niveau d’exposition détermine l’intensité de la surveillance. Les symptômes déterminent le dépistage et l’intervention clinique », précise l’agence. Pour les deux catégories d’exposition, la période de suivi commence au dernier contact à risque, considéré comme le jour zéro. Une exposition plus intense implique également un contact régulier avec l’autorité de santé publique, de préférence par téléphone ; pour une exposition plus faible, l’autosurveillance est recommandée, sans ce suivi actif.
La catégorie d’exposition plus intense comprend le contact connu avec les sécrétions respiratoires, la salive, le sang ou d’autres liquides d’une personne infectée, notamment lors de soins, de contacts intimes ou du partage du même lit. Sont également incluses les interactions rapprochées exposant la personne à des particules respiratoires, ainsi que les expositions non protégées dans des services médicaux ou des laboratoires. Les interactions limitées dans le temps ou la proximité, ainsi que les soins prodigués avec un équipement de protection individuelle adéquat pendant toute la durée de l’exposition, peuvent être classés au niveau plus faible.
Dans les transports, le siège occupé aide à retrouver les contacts, mais ne détermine pas à lui seul l’intensité de l’exposition. Pour les vols de plus de six heures, les autorités peuvent évaluer les passagers assis sur la même rangée ainsi que dans les deux rangées devant et derrière. La classification dépend ensuite de l’interaction effective, de la durée du voyage et de l’éventuel contact avec des sécrétions. Un siège proche de celui de la personne infectée ne signifie pas automatiquement une exposition élevée.
En cas d’apparition de symptômes compatibles, la recommandation est la même quelle que soit la catégorie initiale du contact : auto-isolement, information immédiate de l’autorité de santé publique et dépistage le plus rapidement possible. Parmi les symptômes pertinents figurent la fièvre, les douleurs musculaires, les frissons, la fatigue marquée et les manifestations digestives ou respiratoires. L’ECDC recommande un test RT-PCR, de préférence à partir de sang total, et un résultat positif pour une infection aiguë implique la prise en charge de la personne comme un cas confirmé et son isolement dans un établissement médical, car l’état clinique peut se détériorer rapidement.
Un résultat négatif ne met pas automatiquement fin aux mesures si les symptômes persistent. L’ECDC recommande de poursuivre l’auto-isolement jusqu’à leur disparition, de procéder à une évaluation clinique et d’envisager la répétition des tests ; une aggravation de l’état impose un nouveau test immédiat. Après la disparition des symptômes, la personne peut reprendre la surveillance correspondant à l’exposition initiale jusqu’à la fin des 42 jours calculés à partir du dernier contact à risque.
Les limites des tests expliquent pourquoi un test ne remplace pas la surveillance des symptômes. Dans les recommandations émises en mai pour les contacts à haut risque du foyer sur le navire MV Hondius, l’ECDC indiquait qu’un résultat PCR négatif pouvait survenir trop tôt pour détecter l’infection, et que l’identification de l’ARN viral ne démontrait pas automatiquement la capacité de transmission. À l’époque, le dépistage des personnes asymptomatiques pouvait être envisagé si des ressources étaient disponibles. La nouvelle recommandation concerne les cas sporadiques importés et ne recommande pas ce dépistage systématique.
La surveillance s’accompagne de mesures préventives. L’ECDC recommande aux contacts une bonne hygiène des mains, d’éviter le partage d’objets susceptibles d’être contaminés par de la salive et d’éviter les contacts intimes, ainsi qu’une bonne ventilation lors d’interactions prolongées à l’intérieur. L’agence souligne que la transmission interhumaine du virus des Andes est documentée, mais reste inhabituelle et est principalement associée à des expositions rapprochées et prolongées.
La certitude des recommandations reste limitée. Les données proviennent en grande partie d’enquêtes rétrospectives et d’études observationnelles, notamment en Argentine et au Chili, et les critères opérationnels de proximité et de durée de l’exposition n’ont pas été officiellement validés pour le virus des Andes. La période de contagiosité et le rôle des personnes asymptomatiques sont insuffisamment connus. Par précaution, les autorités peuvent étendre l’identification des contacts aux 48 heures précédant le premier symptôme, mais l’ECDC avertit que cette mesure ne constitue pas une preuve de transmission présymptomatique. L’évaluation individuelle et les décisions des autorités nationales restent ainsi partie intégrante de l’application des recommandations.
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