La Commission européenne explique le retrait de son logo de la communication de la conférence de Ventotene par son utilisation sur des supports qu’elle n’avait ni vus ni validés. Interrogée sur une éventuelle influence de la participation de la vice-présidente de Taïwan, Hsiao Bi-khim, la Commission n’a pas donné de réponse explicite, bien qu’elle ait confirmé que sa représentation à Rome avait contribué financièrement à l’événement.
En bref
1. La Commission attribue le retrait du logo à son utilisation dans la communication sur les réseaux sociaux sans validation du contenu. Elle n’a pas identifié les supports concernés.
2. Le bureau du Parlement européen en Italie a organisé la conférence, tandis que la représentation de la Commission à Rome a contribué financièrement. Le briefing n’a pas annoncé le retrait du financement.
3. La vice-présidente de Taïwan, Hsiao Bi-khim, a participé à l’invitation des organisateurs. Les questions concernant l’influence de sa présence sur la décision de la Commission sont restées sans réponse explicite.
La conférence européenne pour la liberté et la démocratie s’est tenue sur l’île italienne de Ventotene du 10 au 12 septembre. À sa deuxième édition, l’événement avait été lancé par la vice-présidente du Parlement européen Pina Picierno et organisé par le bureau du Parlement en Italie. Le programme annoncé réunissait des dissidents, des militants, des représentants des institutions et des journalistes autour de débats sur la liberté et la démocratie.
Lors du briefing à Bruxelles le 14 septembre, Christian Wigand, porte-parole chargé des affaires étrangères et de la politique de sécurité, a précisé que la représentation de la Commission à Rome avait fourni une contribution financière. Il a déclaré que la démocratie était un sujet pour lequel la Commission soutenait fréquemment des événements, mais que, dans ce cas, la communication sur les réseaux sociaux avait utilisé le logo sans validation préalable du contenu. C’est l’explication fournie pour le retrait.
Les journalistes sont revenus à deux reprises sur la participation de la représentante de Taïwan, demandant si celle-ci faisait partie du contenu ayant provoqué la décision. Wigand a refusé de commenter les déplacements et les contacts officiels de la responsable taïwanaise avec les députés européens. Olof Gill, porte-parole en chef adjoint de la Commission, a clos l’échange en déclarant qu’il n’avait rien à ajouter. La Commission n’a identifié ni les publications concernées ni l’élément concret du contenu qu’elle n’avait pas validé.
La participation de Hsiao a eu lieu à l’invitation conjointe de Pina Picierno et de Carlo Corazza, directeur du bureau du Parlement européen en Italie, selon la présidence de Taïwan. Hsiao a expliqué que le déplacement n’avait pas été annoncé avant le départ afin d’éviter des interférences inutiles et de permettre une arrivée en toute sécurité. Faisant référence à Taïwan et à Ventotene, elle a déclaré que les deux îles « méritent d’avoir leur propre voix et d’être respectées ».
Pékin a protesté contre cette visite auprès de l’Italie et de l’Union européenne, selon Reuters. La Chine revendique Taïwan, tandis que le gouvernement de Taipei affirme que seuls les habitants de l’île peuvent décider de son avenir. Ce différend diplomatique ne permet pas, à lui seul, d’établir la raison de la décision de la Commission concernant le logo.
Les règles publiques de la Commission exigent des tiers qu’ils obtiennent une autorisation avant d’utiliser le logo et interdisent les utilisations qui suggéreraient un soutien que la Commission n’aurait pas eu l’intention d’accorder. Ces conditions expliquent le rôle de l’approbation des supports de communication, mais ne montrent pas ce qui a déterminé l’intervention dans le cas de la conférence de Ventotene.
Les réponses de Bruxelles ont confirmé la contribution financière et invoqué le problème de la validation de la communication, sans annoncer le retrait du financement. L’affirmation d’un journaliste selon laquelle il aurait été demandé à un fonctionnaire de la Commission de ne pas participer n’a pas non plus reçu de confirmation explicite. L’explication publique reste ainsi limitée à l’utilisation du logo ; l’éventuelle influence de la présence de la vice-présidente de Taïwan sur la décision n’a pas été clarifiée.
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