La Commission européenne a adopté 20 lettres de mise en demeure, 26 avis motivés et 14 renvois à la Cour de justice de l'UE, dans des dossiers couvrant l'environnement, le marché unique, l'énergie, la justice, le numérique et les droits sociaux.
La Commission européenne a adopté le paquet d'infraction d'avril, comprenant 20 lettres de mise en demeure, 26 avis motivés et 14 renvois à la Cour de justice de l'Union européenne contre les États membres qui ne respectent pas le droit de l'UE.
En résumé, la Commission européenne a adopté 20 lettres de mise en demeure, 26 avis motivés et 14 renvois à la Cour de justice de l'Union européenne.
Le paquet couvre des dossiers concernant l'environnement, le marché intérieur, la migration, la justice, l'énergie, la fiscalité, le transport, les services financiers, le numérique, l'emploi, les droits sociaux et la concurrence.
La Commission a également décidé de clore 70 cas dans lesquels les États membres ont remédié aux violations et ont assuré la conformité avec le droit de l'UE.
Parmi les cas renvoyés à la Cour de justice de l'UE figurent des dossiers concernant les eaux usées urbaines, la résilience des entités critiques, le mandat d'arrêt européen, l'énergie renouvelable et la fiscalité dans le secteur de la vente au détail.
Les États membres concernés doivent répondre, dans la plupart des cas, dans un délai de deux mois, avant que les procédures n'avancent. La Commission européenne a adopté le paquet mensuel de décisions d'infraction, par lequel elle prend des mesures contre les États membres qui ne respectent pas les obligations prévues par le droit de l'Union européenne. Les décisions concernent plusieurs domaines de la politique européenne et visent à garantir une application correcte de la législation de l'UE pour les citoyens et les entreprises. La Commission a clôturé, dans le même paquet, 70 cas dans lesquels les problèmes signalés ont été résolus par les États membres concernés. Dans le domaine de l'environnement, la Commission a ouvert une procédure contre la Pologne pour détérioration de l'écosystème de la rivière Oder. L'exécutif européen invoque les obligations de la Pologne sur la base de la directive-cadre sur l'eau, de la directive sur les émissions industrielles, de la directive Habitats et de la directive Oiseaux.
Le cas est lié aux épisodes de mortalité piscicole dans le bassin de la rivière Oder, y compris celui de l'été 2022, lorsque plus de 360 tonnes de poissons sont mortes sur un secteur d'environ 500 kilomètres. La Commission mentionne la salinité élevée et les fortes concentrations de nutriments comme principaux facteurs de développement d'algues toxiques.
L'Italie est visée pour la transposition incorrecte de la directive sur l'eau potable, et l'Irlande pour la transposition incorrecte de la directive sur les plastiques à usage unique et pour la non-finalisation du réseau marin Natura 2000.
La Commission a décidé d'envoyer l'Espagne devant la Cour de justice de l'Union européenne pour non-respect des obligations concernant la collecte, le traitement et la surveillance des eaux usées urbaines. L'exécutif européen considère que les efforts des autorités espagnoles ont été insuffisants pour assurer une conformité totale avec la directive sur le traitement des eaux usées urbaines.
Dans le domaine du marché intérieur, la Commission a ouvert des procédures contre la Hongrie et la Slovaquie pour des prix discriminatoires sur les carburants appliqués aux conducteurs de véhicules immatriculés à l'étranger. En Slovaquie, le prix du diesel pour les véhicules immatriculés à l'étranger est réglementé hebdomadairement, tandis que les conducteurs de voitures immatriculées en Slovaquie peuvent bénéficier d'un prix de marché plus bas. En Hongrie, des prix fixes protégés ont été introduits pour les véhicules avec des plaques d'immatriculation hongroises, tandis que les véhicules immatriculés à l'étranger doivent payer des prix de marché plus élevés.
La Commission considère que ces mesures peuvent enfreindre les règles sur la libre circulation des biens, des services et des travailleurs, la liberté d'établissement, le transport routier et les obligations de notification prévues par la directive sur la transparence du marché unique.
La France est visée pour un schéma national de certificats concernant la production de biométhane, que la Commission considère incompatible avec la libre circulation des biens. Le schéma ne reconnaît que le biométhane produit en France continentale, même si le biométhane produit dans d'autres États membres est certifié comme durable.
L'Espagne reçoit une lettre de mise en demeure pour la législation dans le secteur de la vente au détail concernant les délais de paiement. La Commission soutient que les délais de paiement pour les biens de consommation peuvent être systématiquement prolongés au-delà de 60 jours, parfois au-delà de 120 jours, d'une manière qui semble incompatible avec l'interprétation de la Cour de justice de l'UE. La Belgique reçoit un avis motivé pour des retards systémiques de paiement des municipalités de la Région de Bruxelles-Capitale envers les fournisseurs et pour le non-paiement de l'indemnité fixe de 40 euros pour les factures impayées par les municipalités flamandes et la Région de Bruxelles-Capitale. La Commission soutient que les paiements tardifs affectent les entreprises, en particulier les PME, en réduisant la liquidité et en limitant la capacité de croissance.
Dans le domaine de la migration et des affaires intérieures, la Commission a ouvert des procédures contre l'Allemagne, la France et l'Autriche pour la transposition incorrecte de certaines dispositions de la directive sur la lutte contre le blanchiment d'argent par le droit pénal.
La Hongrie est visée pour sa législation sur la facilitation de l'entrée, du transit et du séjour non autorisé dans l'UE. La Commission soutient que les modifications législatives adoptées en 2025 créent le risque d'une impunité systématique dans les cas de trafic de migrants, en permettant la suspension conditionnelle des procédures contre des personnes soupçonnées de telles infractions.
La Commission a décidé d'envoyer la Bulgarie, l'Espagne, la France, le Luxembourg, les Pays-Bas, la Pologne et la Suède devant la Cour de justice de l'Union européenne pour non-transposition de la directive sur la résilience des entités critiques. La directive vise la continuité des services essentiels dans des secteurs tels que l'énergie, le transport, la santé, l'eau, les banques et l'infrastructure numérique.
Dans le domaine de la justice, la Pologne reçoit une lettre de mise en demeure pour la transposition incorrecte des règles concernant les réductions de prix par rapport aux services. La Grèce et la Croatie sont visées pour la transposition incorrecte des règles de l'UE concernant l'assistance juridique pour les suspects et les personnes accusées.
La Commission a envoyé des avis motivés à la Belgique, à la Bulgarie, à la République tchèque, à Chypre, à la Lettonie, à la Hongrie, à l'Autriche, à la Pologne et au Portugal pour la non-transposition complète de la directive sur l'équilibre entre les sexes dans les conseils d'administration des entreprises. La directive fixe pour les grandes entreprises cotées de l'UE un objectif de 40 % pour le sexe sous-représenté parmi les administrateurs non exécutifs et de 33 % parmi tous les administrateurs.
L'Espagne reçoit un avis motivé pour la non-incorporation complète dans la législation nationale de la directive sur les actions en représentation, qui permet aux entités qualifiées, telles que les organisations de consommateurs, de demander des réparations ou d'autres formes de redressement pour des groupes de consommateurs affectés par des pratiques commerciales illégales.
La République tchèque et la Hongrie sont envoyées devant la Cour de justice de l'Union européenne pour la transposition incorrecte des règles concernant le mandat d'arrêt européen. La Commission soutient que la législation tchèque ne garantit pas certaines garanties concernant le transfert temporaire ou l'audition de la personne demandée, et que la législation hongroise transpose incorrectement les motifs de refus.
Dans le domaine de l'énergie et du climat, la Croatie, la Pologne et le Portugal reçoivent des avis motivés pour la non-transposition des nouvelles règles concernant la conception du marché de l'électricité. Les règles visent à stabiliser les prix de l'énergie pour les consommateurs et à réduire leur dépendance aux prix des combustibles fossiles.
La Hongrie reçoit un avis motivé pour le non-respect des règles concernant l'arbitrage investisseur-État intra-UE dans le domaine de l'énergie. La Commission invoque des actions de la société MOL et d'autres sociétés qu'elle contrôle en lien avec des décisions arbitrales basées sur le traité sur la Charte de l'énergie.
La Grèce, Malte et le Portugal sont envoyés devant la Cour de justice de l'Union européenne pour la non-transposition complète des règles renforcées concernant la promotion de l'énergie renouvelable. La Commission demande à la Cour d'imposer des sanctions financières.
Dans le domaine fiscal, l'Espagne reçoit un avis motivé pour la taxation discriminatoire des contribuables non-résidents qui travaillent et résident habituellement en Espagne. La Hongrie est envoyée devant la Cour de justice de l'Union européenne pour son régime fiscal dans le secteur de la vente au détail, que la Commission considère incompatible avec la liberté d'établissement.
Dans le domaine des transports, la Commission a ouvert des procédures contre la Belgique, la France et le Portugal pour ne pas avoir effectué l'évaluation de la sécurité routière à l'échelle du réseau, conformément aux règles de l'UE sur la gestion de la sécurité des infrastructures routières.
Dans les services financiers, l'Espagne et la Pologne reçoivent des avis motivés pour la non-transposition des modifications à la quatrième directive anti-blanchiment d'argent et pour la non-finalisation de la mise en œuvre de certaines mesures du règlement sur les transferts de fonds. L'Espagne, les Pays-Bas, le Portugal et la Suède reçoivent des avis motivés pour la non-transposition complète de la directive Omnibus concernant le point d'accès unique aux informations publiques sur les entreprises.
Dans le domaine numérique, la Croatie reçoit une lettre supplémentaire de mise en demeure pour non-conformité avec le règlement sur les services numériques. La Commission considère que la législation croate ne habilite pas suffisamment le coordinateur national pour les services numériques et ne transpose pas correctement le régime de sanctions prévu par le DSA.
Dans le domaine de l'emploi et des droits sociaux, le Portugal reçoit une lettre de mise en demeure pour des conditions d'emploi discriminatoires appliquées aux travailleurs à durée déterminée dans le secteur public. L'Espagne reçoit des avis motivés dans deux dossiers concernant des conditions moins favorables pour les employés à durée déterminée et l'utilisation abusive de contrats successifs à durée déterminée dans le secteur public.
La Belgique reçoit un avis motivé supplémentaire pour la transposition incorrecte de la directive sur les qualifications professionnelles. La Commission soutient que la Belgique impose des exigences linguistiques excessives pour les enseignants souhaitant travailler dans la Communauté française, limitant l'accès aux enseignants d'autres États membres.
Dans le domaine de la concurrence, la Belgique reçoit un avis motivé pour ses obligations concernant la reconnaissance de certaines décisions arbitrales investisseur-État. La Commission soutient que la Belgique a reconnu des décisions arbitrales obligeant l'Espagne à verser des indemnités à des investisseurs avant la finalisation de l'évaluation de la Commission en matière d'aides d'État.
La procédure d'infraction est l'instrument par lequel la Commission européenne veille au respect du droit de l'UE par les États membres. La Commission peut ouvrir une procédure par une lettre de mise en demeure, demandant à l'État membre concerné de répondre et de remédier aux problèmes signalés.
Si la réponse n'est pas satisfaisante, la Commission peut envoyer un avis motivé, étape dans laquelle elle explique la violation du droit de l'UE et demande des mesures de conformité. Si l'État membre ne remédie pas à la situation, la Commission peut saisir la Cour de justice de l'Union européenne.
La clôture des 70 cas dans le paquet d'avril indique les situations dans lesquelles les États membres, en coopération avec la Commission, ont remédié aux violations et ont assuré la conformité avec le droit de l'UE, de sorte que la procédure n'a plus besoin d'être poursuivie.
https://2eu.brussels/fr/news-articles/la-commission-europeenne-envoie-14-cas-devant-la-cour-ue-dans-le-paquet-d-infraction-d-avril
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