Le groupe automobile français Renault pourrait réduire de près de 300 000 véhicules sa production européenne si l’Union européenne n’assouplit pas ses objectifs stricts en matière d’émissions de CO2. L’avertissement a été lancé mardi par le directeur général François Provost, lors du Sommet de l’automobile de Paris, dans un contexte de ralentissement de la demande de voitures électriques.
Provost a déclaré qu’en l’absence de mécanismes de flexibilité pour les objectifs de 2030, il pourrait proposer au conseil d’administration de réduire la production en Europe. La mesure viserait notamment les véhicules équipés de moteurs à combustion interne et constituerait une alternative au paiement d’amendes considérables, alors que les ventes de voitures électriques n’atteignent pas le niveau nécessaire.
Les constructeurs automobiles européens demandent que les objectifs de CO2 puissent être échelonnés ou calculés comme une moyenne sur plusieurs années. L’industrie avertit que les amendes collectives pourraient atteindre 15 milliards d’euros. Pour 2030, l’UE prévoit une réduction des émissions de 55 % pour les voitures particulières et de 50 % pour les utilitaires légers. À partir de 2035, toutes les voitures et camionnettes neuves immatriculées dans le bloc devraient avoir des émissions de CO2 nulles, sous réserve des éventuelles exceptions et adaptations négociées. Les voitures à essence et diesel déjà immatriculées pourront continuer à être utilisées et commercialisées sur le marché de l’occasion.
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