En 2026, avec une inflation encore élevée, des taux d'intérêt réels bas et une croissance économique anémique, cela signifie plutôt une diversification entre plusieurs classes d'actifs plutôt qu'un seul pari (immobilier, bourse, or/argent, devises, dépôts).
Contexte macro
Croissance économique faible : estimations d'environ 0,6-1,1% pour 2026, après une récession technique en 2025 au T4.
Inflation encore élevée : après ~9,7% en 2025, les prévisions pour 2026 indiquent encore une moyenne annuelle de 5-6%, même si vers la fin de l'année elle descend vers 3,7-4,5%.
Taux d'intérêt : la BNR maintient le taux directeur à 6,5%, avec des attentes de légère baisse vers ~5,75% à la fin de 2026, ce qui signifie des taux d'intérêt sur les dépôts encore relativement attractifs nominalement, mais pas spectaculaires par rapport à l'inflation.
Consolidation fiscale : des mesures d'austérité et des augmentations d'impôts pèsent à la fois sur la consommation et sur les rendements réels des placements en lei.
En résumé, un environnement de rendements modérés, avec une pression encore de l'inflation et des risques politiques/fiscaux significatifs.
Immobilier résidentiel
Les prix des logements ont continué à augmenter en 2025, avec un rythme moyen trimestriel d'environ 1,6%, et le début de 2026 montre encore une tendance à la hausse à long terme, même si 2025 s'est terminé plus faiblement en raison de l'augmentation de la TVA et de la baisse des transactions.
Les rapports des agences montrent une demande structurelle solide (urbanisation, forte surpopulation en UE), avec un potentiel d'appréciation à long terme, mais avec une volatilité à court terme et une sensibilité aux taux d'intérêt et à la TVA.
L'immobilier reste une protection partielle contre l'inflation à long terme, mais en 2026, il y a des risques de liquidité (difficile à vendre), une fiscalité imprévisible et une forte dépendance à la micro-localisation. Pour la protection de l'argent, le pourcentage de portefeuille en immobilier serait plutôt de 20-40% pour ceux qui ont un capital important, pas "tout dedans".
Dépôts bancaires et titres d'État
Les taux d'intérêt sur les dépôts en lei se situent autour de 5-6%, en ligne avec le taux de la facilité de dépôt et le taux de politique monétaire.
Comme l'inflation moyenne en 2026 est estimée à environ 5-6%, le taux d'intérêt réel est proche de zéro, peut-être légèrement positif vers la fin de l'année, donc les dépôts sont plus un instrument de stationnement liquide de l'argent, pas de gain réel.
En tant que protection : les dépôts en lei (et les titres d'État en lei à court/moyen terme) sont utiles pour la liquidité et pour ne pas assumer une forte volatilité, mais ne protègent pas de manière spectaculaire contre l'inflation ; ils stabilisent plutôt le portefeuille.
Bourse (actions roumaines et internationales)
Dans un contexte de taux d'intérêt encore élevés et de faible croissance, le marché local des actions pourrait connaître une volatilité en 2026, mais de nombreuses analyses voient le modèle de croissance de la Roumanie devenir plus orienté vers les investissements dans les années à venir, ce qui soutient à moyen terme des secteurs comme l'infrastructure, l'énergie, la construction.
Au niveau mondial, le contexte de taux d'intérêt en baisse lente favorise progressivement les actifs risqués, y compris les actions de qualité et les ETF diversifiés.
Pour la protection de l'argent, la bourse n'est pas un bouclier, c'est plutôt un moteur de croissance sur 5-10 ans. Proportionnellement, pour un investisseur prêt à accepter le risque : 20-40% du portefeuille en ETF mondiaux diversifiés et/ou actions de grandes entreprises cotées (BVB + étrangères) a du sens ; pour un profil très conservateur, plutôt 10-20%.
Or, argent et devises
L'or est généralement une couverture classique contre l'inflation et l'incertitude géopolitique ; dans des contextes avec une inflation encore au-dessus de la moyenne et des risques fiscaux/politiques, une exposition de 5-15% du portefeuille en or est raisonnable, que ce soit par des ETF ou physiquement.
L'argent est plus volatil, plus lié au cycle industriel, donc approprié seulement comme petite composante spéculative (par exemple 0-5%).
Devises (euro, éventuellement dollar) : avec la BNR visant la désinflation et avec le lien de la Roumanie à l'UE, le leu reste généralement stable par rapport à l'euro, mais les risques fiscaux peuvent générer des épisodes de dépréciation.
La devise est plutôt utile pour : (1) des dépenses futures prévisibles en euros, (2) l'accès à des investissements externes, pas nécessairement comme véhicule de rendement en soi en 2026.
Comment construire un portefeuille en 2026 (indicatif, pas de recommandation personnalisée)
En supposant un horizon d'au moins 5 ans et un profil équilibré (ni ultra-conservateur, ni spéculatif), une structure indicative pour protéger et faire croître l'argent dans le contexte actuel pourrait ressembler à ceci :
25-35% dépôts en lei + titres d'État en lei sur 1-3 ans (liquidité, stabilité, taux d'intérêt presque à l'inflation).
20-30% immobilier (appartement à louer ou exposition indirecte par REIT/ETF immobilier), très sélectif sur l'emplacement et le rendement des loyers.
25-35% bourse (ETF global, ETF Europe/US et grandes actions locales – services publics, énergie, banques), comme source de rendement réel sur 5-10 ans.
5-15% or (et éventuellement 0-5% argent) comme couverture contre l'inflation et le risque systémique.
5-15% en devises (euro/dollar) pour la diversification monétaire et l'accès à des opportunités externes, calibré à vos besoins concrets de dépenses en euros.
Pour ceux qui sont beaucoup plus conservateurs, la part en dépôts/titres d'État peut monter jusqu'à 50-60%, avec une réduction de la zone boursière, mais avec le risque clair que la protection contre l'inflation devient plus faible à long terme.
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