L’Europe intègre ses marchés de capitaux plus rapidement avec les États-Unis qu’entre ses États membres, tandis que la fragmentation financière interne affecte la résilience de l’économie européenne, a déclaré Boris Vujcic, responsable de la Banque centrale européenne, lors d’une conférence financière organisée à Dublin.
Vujcic a cité une étude de la BCE selon laquelle les barrières aux investissements transfrontaliers en actions entre la zone euro et les États-Unis ont diminué d’un quart depuis 2014. Au cours de la même période, la réduction des barrières au sein de la zone euro a été plus de deux fois moindre.
« C’est stupéfiant : nous nous intégrons plus rapidement avec les États-Unis qu’entre nous », a déclaré le responsable. Il a averti que les frontières nationales et la fragmentation des marchés de capitaux limitent la capacité des entreprises européennes à faire face aux chocs économiques.
Les données de la BCE montrent que, pendant la pandémie, les entreprises dont les actionnaires étaient principalement locaux ont réduit leurs investissements d’environ 20 % de plus que les entreprises comptant des investisseurs internationaux. En outre, les entreprises européennes ont tendance à réduire leurs investissements lorsque les prix du pétrole augmentent, contrairement aux entreprises américaines.
Selon Vujcic, le problème de la fragmentation financière concerne d’abord la résilience de l’économie, et seulement ensuite son rythme de croissance. Cette déclaration remet en lumière les efforts de longue date de l’Union européenne pour créer un marché unique des capitaux.
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