Les offres publiées sur la page de l'ANRE pour le 1er avril 2026 — entre 0,32 et 0,41 lei/kWh TVA incluse — ne sont pas seulement un ensemble de nouveaux prix. Ce sont, en fait, un signal. Un signal que le marché de l'approvisionnement ne tarifie plus l'énergie en fonction du coût des marchandises, mais en fonction de la taille du risque, de la prudence commerciale et — pour certains acteurs — d'un retour évident à des marges élevées.
Lorsque les coûts du gaz naturel, en tenant compte du prix négocié sur la Bourse Roumaine de Marchandises pour le deuxième et le troisième trimestre 2026, sont de 0,31 lei/kWh, lorsque les coûts du gaz naturel, en tenant compte du prix négocié sur la Bourse Européenne de Gaz TTF pour l'année 2026, sont de 0,29 lei/kWh, lorsque le prix facturé en décembre 2025 était de 0,29 lei/kWh, une offre de 0,32 lei/kWh signifie une augmentation de 3 % par rapport au prix plafonné. C'est un mouvement presque neutre : peut-être un coût administratif plus élevé, un ajustement de portefeuille, une mise à jour normale. En revanche, le haut de la fourchette, 0,41 lei/kWh, signifie +32 % par rapport au prix plafonné — et ici, nous ne parlons plus d'ajustements, mais d'un repositionnement brutal.
Et la question naturelle est : pourquoi, dans un marché où le produit est le même, la différence atteint-elle presque un tiers ? La réponse ne se trouve pas dans le gaz naturel en soi, mais dans la manière dont les fournisseurs calculent la survie et la rentabilité après quelques années où le "normal" du marché a été remplacé par des exceptions : volatilité, interventions, plafonnements, non-paiement des subventions, pression sur le cash-flow et une leçon apprise à la dure par beaucoup — que un petit prix aujourd'hui peut signifier des pertes massives demain.
Dans ce contexte, nous observons que les marges commerciales s'élargissent. Si actuellement nous voyons des marges de l'ordre de 4 %, pour 2026 apparaissent des offres qui suggèrent l'équivalent de marges qui montent vers environ 22 %. Bien sûr, une partie de cette "marge" est, en réalité, une enveloppe de risque : coûts de déséquilibre, pertes, financement, non-encaissements, incertitudes. Mais une partie devient claire, certains fournisseurs ne courent plus après le volume, mais après un profit net et prévisible.
Et lorsque le prix final augmente, l'effet fiscal apparaît inévitablement. La TVA ne "change pas" proportionnellement, mais en tant que somme sur la facture augmente directement proportionnellement à la base. Ainsi, une augmentation du prix final de 32 % entraîne également une augmentation d'environ 32 % des montants payés en tant que TVA. Pour le consommateur, cela signifie une chose simple, non seulement qu'il paie plus au fournisseur, mais il paie aussi plus à l'État. La facture devient plus lourde dans les deux sens.
Parallèlement, le marché du gaz pour 2026 offre un autre indice pertinent. Les données montrent un prix de 0,16 lei/kWh sur le BRM, contre 0,127 lei/kWh sur le TTF. Une différence d'environ 26 %, qui suggère que la Roumanie continue d'internaliser une "prime" de prix par rapport au hub européen : soit pour des raisons de liquidité, de structure de marché, de contraintes internes, soit pour des coûts et un risque perçu, soit par cupidité. Le gaz n'est pas seulement une marchandise séparée ; en Europe, il reste l'un des principaux repères pour le prix marginal de l'électricité. En d'autres termes, cet écart peut être vu dans la chaîne, même s'il n'explique pas entièrement les grandes augmentations dans le secteur de la vente au détail d'électricité.
Ce qui est important à comprendre, c'est que ces offres pour 2026 ne montrent pas nécessairement une explosion du coût réel des gaz, mais plutôt un changement de paradigme, les fournisseurs prédisent l'avenir comme une période où "bon marché" signifie "dangereux". Et le consommateur se trouve au milieu d'un marché où le prix ne reflète pas seulement le kilowatt-heure, mais aussi la peur de l'instabilité, le désir de profit et la liberté commerciale.
Enfin, l'intervalle 0,32–0,41 lei/kWh n'est pas seulement une différence de 9 bani. C'est une différence de modèle économique. Certains fournisseurs vont cotiser, d'autres vont marger et sélectionner. Pour les consommateurs, cela signifie qu'en 2026, la chose la plus importante ne sera pas le gaz — mais le manque d'attention à l'offre.
Ce que cela signifie pour le client :
- Paiements plus élevés pour un appartement de 2 chambres de : 150 – 1500 lei/an
- Paiements plus élevés pour une maison de : 300 – 3000 lei/an
Cette situation est due en premier lieu à la manière dont (n') a été gérée la préparation à la suppression du plafond sur le gaz. Ces offres, si elles avaient été faites progressivement, obligatoirement, mois par mois au cours de la dernière année, sans la pression du blocage des transactions sur le BRM au cours des derniers mois, sans "nous continuons", "nous ne continuons pas" le plafonnement qui a tiré vers le haut le prix du gaz de marchandise en Roumanie, avec l'obligation de publier la marge commerciale du fournisseur sur la facture, avec un engagement clair "nous donnons le surplus de TVA, de l'augmentation du prix des dernières années en arrière au consommateur", nous aurions eu des prix justes en Roumanie et ceux-ci auraient dû être inférieurs au prix plafonné.
La vitesse à laquelle les contrats seront réalisés pour le 1er avril 2026, en raison de toutes ces analyses sur analyses, qui ont créé artificiellement cette crise de temps, pousse les Roumains à "avaler" ces prix en signant tacitement des contrats sans savoir sur quels prix du gaz.
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