Baromètre Informat.ro – INSCOP Research, édition VII, ne se limite pas seulement aux opinions des Roumains concernant le rôle de l'UE en matière de sécurité, mais aussi aux différences claires entre les générations. Bien qu'au niveau de l'ensemble de la population, les opinions soient presque parfaitement partagées entre ceux qui soutiennent le transfert de certaines attributions de sécurité à l'Union européenne (41,7%) et ceux qui préfèrent les maintenir exclusivement au niveau national (43,2%), l'analyse par groupes d'âge montre que les jeunes soutiennent le plus fortement un rôle élargi de l'UE dans le domaine de la défense.
La répartition par groupes d'âge montre ainsi : 59% des jeunes entre 18 et 29 ans seraient d'accord pour que l'UE prenne plus d'attributions des États membres en matière de sécurité et de défense, comparativement à environ 40% de ceux entre 30 et 59 ans et seulement 35% de ceux de la catégorie 60+. En pratique, plus l'âge diminue, plus l'ouverture à l'idée d'une sécurité européenne commune augmente.
Le fort soutien des jeunes de moins de 30 ans pour un rôle plus fort de l'UE en matière de sécurité n'est pas fortuit, mais le résultat d'un processus de socialisation différent de celui de leurs parents ou grands-parents. Pour eux, l'appartenance de la Roumanie à l'Union européenne n'est pas le résultat d'une option politique récente ou d'une transition difficile, mais une réalité évidente. Ils ont grandi avec la liberté de circulation, avec des programmes éducatifs européens, avec des opportunités d'études et de travail dans l'espace communautaire. En conséquence, les jeunes de moins de 30 ans ont plus facilement intériorisé une identité européenne complémentaire à celle nationale. Ainsi, le transfert de certaines attributions en matière de défense vers l'UE représente pour eux moins une perte de souveraineté et plus un investissement dans la sécurité.
En revanche, les réserves des plus âgés face à la possibilité que l'UE prenne plus d'attributions des États membres en matière de sécurité et de défense reflètent une approche différente de l'idée d'État national. Pour eux, la sécurité reste un attribut fondamental de la souveraineté, et la délégation de compétences à une structure supranationale peut être perçue comme une perte de contrôle ou même une vulnérabilité. Ces attitudes sont liées à une socialisation prolongée dans une culture politique où l'État a longtemps été vu comme le principal garant de la protection (non seulement en ce qui concerne la défense).
Dans l'ensemble, la variation des pourcentages en fonction de l'âge montre non seulement des opinions divergentes entre les générations, mais reflète deux manières distinctes de comprendre la sécurité : l'une ancrée dans la logique de l'État-nation et l'autre orientée vers la coopération et la protection collective.
Méthodologie : Les données de l'édition VII du BAROMÈTRE Informat.ro – INSCOP Research ont été collectées entre le 12 et le 15 janvier 2026. Méthode de recherche : entretien par questionnaire. Les données ont été collectées par la méthode CATI (entretiens téléphoniques), le volume de l'échantillon simple, stratifié étant de 1100 personnes, représentatif des catégories socio-démographiques significatives (sexe, âge, profession) pour la population non institutionnalisée de Roumanie, âgée de 18 ans et plus. L'erreur maximale admise des données est de ± 3%, avec un degré de confiance de 95%.
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