La Commission européenne prépare des propositions concernant les objectifs climatiques nationaux et les mécanismes de flexibilité pour la période postérieure à 2030, au cours de laquelle elle accordera la priorité à la résilience des forêts et à la viabilité économique du secteur forestier. Le commissaire chargé du climat, Wopke Hoekstra, a présenté cette orientation le 15 octobre 2026, après un dialogue avec des propriétaires forestiers et l’industrie de la pâte à papier et du papier. La réunion n’a pas adopté de nouvelles règles pour la période postérieure à 2030.
En bref, la Commission prépare une réforme du cadre climatique postérieur à 2030, en mettant l’accent sur la résilience des forêts et les investissements. Les obligations LULUCF existantes restent applicables, notamment l’objectif de l’UE consistant à absorber net 310 millions de tonnes d’équivalent CO₂ en 2030. La certification du carbone suppose une méthodologie en vigueur, un dispositif reconnu et la vérification de l’activité ; les revenus ne sont pas garantis. La réunion n’a établi ni nouvelles règles pour l’après-2030 ni fonds pour la Roumanie ; l’évaluation du règlement LULUCF est prévue pour la fin de 2026.
Le dialogue a réuni des organisations de propriétaires forestiers, de gestionnaires des forêts publiques et de l’industrie papetière, ainsi que des entreprises telles que Stora Enso et Metsä Group. Des représentants des commissaires Jessika Roswall, chargée de l’environnement, de la résilience de l’eau et de l’économie circulaire, et Christophe Hansen, chargé de l’agriculture et de l’alimentation, ont également participé. La liste publiée par la Commission ne comprend pas d’organisations de conservation de la nature.
Les participants ont demandé des règles prévisibles pour les investissements qui s’étendent sur plusieurs décennies et une meilleure prise en compte des incendies, des ravageurs et d’autres perturbations naturelles. Ils ont présenté le choix d’essences adaptées au site, la diversité des âges des arbres et les éclaircies comme des moyens de soutenir la santé des forêts. Les effets de ces pratiques dépendent des conditions locales et de leur mise en œuvre.
L’actuel règlement européen sur l’utilisation des terres, le changement d’affectation des terres et la foresterie, connu sous l’acronyme anglais LULUCF, fixe déjà pour 2030 un objectif européen d’absorption nette de 310 millions de tonnes d’équivalent CO₂ et des obligations pour les États membres. Ces dispositions restent applicables. Le cadre couvre l’ensemble du secteur des terres, notamment les forêts, les terres agricoles, les prairies et les zones humides. L’objectif européen ne concerne pas exclusivement les forêts.
Le rapport 2025 de la Commission sur les progrès de l’action climatique indique des absorptions nettes d’environ 198 millions de tonnes d’équivalent CO₂ dans le secteur LULUCF en 2023, soit 15 millions de tonnes de plus qu’en 2022. Cette amélioration n’a pas inversé le déclin observé au cours de la dernière décennie. Le rapport relie cette tendance à l’intensification des récoltes de bois, au ralentissement de la croissance des forêts et aux effets du changement climatique, notamment les incendies, la sécheresse et les ravageurs.
Un autre volet est le cadre volontaire européen pour la certification des absorptions permanentes de carbone, de l’agriculture carbonée et du stockage du carbone dans les produits, connu sous le nom de CRCF. L’agriculture carbonée comprend des pratiques de gestion des terres qui augmentent le stockage du carbone dans les sols et la végétation ou réduisent les émissions des sols. La certification vise à mesurer et à vérifier les bénéfices climatiques des activités, et non la simple possession d’une forêt.
Le 9 juillet 2026, la Commission a adopté des méthodologies pour l’agriculture et l’agroforesterie sur les sols minéraux, la remise en eau et la restauration des tourbières et d’autres sols organiques, ainsi que pour le boisement. L’adoption d’une méthodologie est distincte de son entrée en vigueur et de la reconnaissance des dispositifs de certification. La certification d’une activité nécessite une méthodologie applicable en vigueur, un dispositif reconnu par la Commission et une vérification par un organisme de certification. Lors de la réunion d’octobre, la méthodologie relative à la gestion des forêts existantes était encore présentée comme étant en préparation.
La certification peut aider les propriétaires et les gestionnaires à attirer des investissements ou à obtenir des paiements pour des résultats vérifiables. Les revenus dépendent toutefois de l’éligibilité de l’activité, des coûts de mise en œuvre et de suivi, de l’existence d’acheteurs et des conditions contractuelles. Le cadre volontaire n’accorde pas automatiquement de subventions aux propriétaires et ne garantit pas de prix pour le carbone stocké.
Les participants ont également soutenu la proposition d’intégrer les absorptions permanentes dans le système européen d’échange de quotas d’émission, le SEQE-UE, dans le contexte de la révision proposée par la Commission en juillet 2026. La discussion porte sur des technologies telles que le captage et le stockage du carbone biogénique et le captage direct du CO₂ dans l’air, suivi d’un stockage durable. Ces processus sont différents du stockage du carbone par la croissance des arbres. Le soutien exprimé lors de la réunion n’introduit pas de certificats forestiers dans le SEQE-UE.
Pour la Roumanie, l’enjeu réside dans la manière dont la future politique influencera la planification climatique, la gestion des risques et les incitations aux investissements forestiers. Les obligations LULUCF sont vérifiées au niveau de l’État et pour l’ensemble des catégories de terres couvertes par le règlement. L’annonce de la réunion ne fait apparaître ni nouveau quota d’absorption pour chaque propriétaire, ni paiement à l’hectare, ni allocation financière pour la Roumanie.
L’évaluation du règlement LULUCF, prévue par la Commission pour la fin de 2026, devrait contribuer à la préparation du cadre postérieur à 2030. Les futures propositions montreront comment les règles pourront être adaptées aux cycles longs de la foresterie et aux risques climatiques.
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