Les données publiées par la BCE montrent un assouplissement de la pression à court terme dans la perception des consommateurs, sans un retour complet à des niveaux confortables. L'inflation anticipée pour l'année prochaine a diminué de 0,5 point de pourcentage en un seul mois, passant de 4,0 % à 3,5 %, mais reste au-dessus de l'objectif de 2 % de la BCE et des niveaux observés avant les récents chocs de prix.
La perception de l'inflation déjà vécue est restée à 4,0 %. Cette différence entre l'inflation ressentie et l'inflation anticipée montre que les ménages perçoivent un possible ralentissement des hausses de prix, mais ne considèrent pas que la pression des prix a disparu. Pour de nombreuses familles, le niveau des prix reste élevé même si le rythme de croissance se modère.
Les attentes à plus long terme sont restées stables. Les consommateurs estiment une inflation de 2,9 % dans trois ans et de 2,4 % dans cinq ans. La stabilité de ces chiffres est importante pour la politique monétaire, car la banque centrale surveille non seulement l'inflation actuelle, mais aussi la manière dont la population s'attend à ce que les prix évoluent à l'avenir.
Le sondage montre des différences sociales claires. Les répondants des quintiles à revenus plus faibles ont continué à rapporter, en moyenne, des perceptions et des attentes d'inflation plus élevées que ceux des quintiles à revenus plus élevés. Cette différence peut refléter la structure des dépenses : les ménages à faibles revenus allouent une plus grande part de leur budget à la nourriture, à l'énergie, au loyer ou à d'autres dépenses de base, où les hausses de prix sont ressenties immédiatement.
Des différences apparaissent également entre les générations. Les répondants plus jeunes, âgés de 18 à 34 ans, ont continué à rapporter des perceptions et des attentes d'inflation plus faibles que les personnes des groupes de 35-54 et 55-70 ans.
En même temps, l'incertitude concernant l'inflation anticipée pour les 12 prochains mois a diminué, mais reste au-dessus du niveau d'avant le début de la guerre au Moyen-Orient. Cette incertitude montre que la population n'a pas encore une image stable de la direction des prix, même si la prévision médiane a été réduite.
Le sondage de la BCE révèle également la situation des revenus et des dépenses. Les consommateurs s'attendent à ce que les revenus nominaux augmentent de 1,0 % au cours des 12 prochains mois, contre 0,8 % en avril. La croissance est modeste et reste en dessous de l'inflation anticipée, ce qui peut signifier une pression continue sur le pouvoir d'achat.
Les dépenses ressenties au cours des 12 derniers mois ont augmenté à 5,4 %, contre 5,3 % en avril. Pour l'année prochaine, cependant, les consommateurs estiment une augmentation des dépenses de 3,8 %, en baisse par rapport à 4,3 %. Cette réduction peut indiquer une plus grande prudence dans la consommation ou l'attente d'un ralentissement des hausses de prix.
La BCE note que les répondants des trois premiers quintiles de revenus anticipent une augmentation légèrement plus importante des dépenses que ceux des deux quintiles supérieurs. Pour les ménages à faibles revenus, les dépenses de base laissent moins de place pour des ajustements rapides lorsque les prix augmentent.
Les attentes concernant l'économie se sont légèrement améliorées, mais restent négatives. Les consommateurs estiment que l'économie de la zone euro va diminuer de 1,7 % au cours des 12 prochains mois, contre une baisse anticipée de 2,2 % en avril. Même si le pessimisme a diminué, la population n'anticipe pas encore une croissance économique.
Sur le marché du travail, les consommateurs s'attendent à un taux de chômage de 11,3 % dans 12 mois, en légère augmentation par rapport à 11,2 % en avril. La BCE indique que les ménages à faibles revenus s'attendent au taux de chômage le plus élevé, 13,7 %, tandis que les ménages à revenus plus élevés estiment le taux le plus bas, 9,5 %.
Les consommateurs perçoivent le taux de chômage actuel à 10,7 %, et l'attente pour l'année prochaine est juste un peu plus élevée. Cette différence suggère une perspective relativement stable sur le marché du travail, sans éliminer les préoccupations concernant les revenus et le coût de la vie.
Sur le marché du logement, les consommateurs estiment que le prix de leur propre logement augmentera de 3,6 % au cours des 12 prochains mois, contre 3,7 % en avril. Les ménages du quintile à faibles revenus estiment une augmentation de 4,1 %, au-dessus du niveau de 3,4 % rapporté par les ménages du quintile à revenus élevés.
Les attentes concernant les taux d'intérêt hypothécaires sont restées inchangées à 4,9 %. Les différences entre les revenus persistent ici aussi : les ménages à faibles revenus s'attendent à des taux d'intérêt hypothécaires de 5,6 % dans 12 mois, tandis que ceux à revenus élevés s'attendent à 4,4 %.
L'accès au crédit s'est durci dans la perception des ménages. Le pourcentage net de ceux qui ont rapporté un durcissement de l'accès au crédit au cours des 12 derniers mois a de nouveau augmenté en mai et a atteint son niveau le plus élevé depuis février 2024. En revanche, le pourcentage net de ceux qui s'attendent à des conditions de crédit plus strictes au cours des 12 prochains mois a diminué.
Le sondage a été réalisé entre le 7 mai et le 1er juin 2026 et couvre environ 19 000 consommateurs adultes dans 11 pays de la zone euro : Belgique, Allemagne, Irlande, Grèce, Espagne, France, Italie, Pays-Bas, Autriche, Portugal et Finlande. Les résultats ne représentent pas les opinions des décideurs ou du personnel de la BCE, mais sont utilisés pour l'analyse de la politique monétaire et complètent d'autres sources de données suivies par la banque centrale.
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