La Suceava et le Sălaj ont enregistré les taux de fécondité les plus élevés de Roumanie en 2024, soit respectivement 1,81 et 1,80 enfant par femme, selon les estimations d’Eurostat. Ce sont les deux seuls départements à atteindre le seuil de 1,75, dans une comparaison nationale où l’Ilfov se trouve à l’autre extrémité, avec 1,09. L’analyse régionale présentée par Eurostat le mardi 27 octobre 2026 montre d’importantes différences au sein des États membres, tandis que le taux de fécondité dans l’UE s’est établi à 1,34 enfant par femme.
En bref
Le taux de fécondité s’est élevé à 1,81 enfant par femme dans le département de Suceava et à 1,80 dans celui de Sălaj en 2024. Ce sont les deux seuls départements roumains dont les valeurs atteignent au moins 1,75 ; Eurostat qualifie ces données d’estimations.
L’Ilfov a enregistré la valeur la plus faible, 1,09, suivi par Mehedinți, avec 1,16, et Gorj, avec 1,17. Bucarest a enregistré 1,23, tandis que le Cluj a atteint 1,22.
Le taux de fécondité dans l’UE était de 1,34 en 2024, soit le niveau le plus bas de la série commencée en 2001. Ni Suceava ni Sălaj n’ont atteint le niveau d’environ 2,1 enfants par femme associé au remplacement naturel des générations.
La comparaison du communiqué d’Eurostat couvre 1 165 régions : 714 au-dessus de la moyenne de l’UE, 439 en dessous et 12 au même niveau. Pour l’Allemagne, des données de 2023 sont utilisées, tandis que les valeurs roumaines se rapportent à 2024.
Le taux de fécondité total est un indicateur hypothétique fondé sur les taux par âge d’une année donnée, et non sur le nombre d’enfants déjà nés de chaque femme. Il n’explique pas à lui seul les causes des différences entre les départements et ne constitue pas une prévision de l’évolution de la population.
Les données régionales couvrent les 41 départements et la municipalité de Bucarest, unités roumaines de niveau NUTS 3 dans la classification statistique européenne. Eurostat qualifie d’estimations les 42 valeurs pour 2024. Celles-ci peuvent être révisées à mesure que les données démographiques sont actualisées.
Après Suceava et Sălaj, les valeurs les plus élevées ont été enregistrées en Harghita, avec 1,64 enfant par femme, et à Giurgiu, avec 1,57. Ialomița et Mureș ont chacune atteint 1,55, Brașov 1,54 et Covasna 1,53. Toutes se situaient au-dessus du niveau de l’UE, mais en dessous du seuil de 1,75 utilisé dans la présentation d’Eurostat pour les régions à fécondité relativement élevée.
À l’extrémité inférieure, l’Ilfov a enregistré 1,09, Mehedinți 1,16 et Gorj 1,17. Suivaient Vâlcea, avec 1,21, Cluj, avec 1,22, et Bucarest, avec 1,23. L’écart entre Suceava et l’Ilfov était de 0,72 enfant par femme.
Le taux de fécondité total exprime le nombre moyen d’enfants qu’aurait une femme au cours de sa vie reproductive si elle suivait les taux de fécondité par âge observés au cours d’une année donnée. L’indicateur permet de comparer les territoires, mais ne mesure pas le nombre d’enfants déjà nés des femmes d’un département. Il diffère à la fois du nombre annuel de naissances et du taux brut de natalité, qui rapporte les naissances à l’ensemble de la population.
À l’échelle de l’UE, le taux a baissé de 1,38 en 2023 à 1,34 en 2024. Eurostat présente la valeur de 2024 comme la plus faible depuis le début de la série européenne, en 2001. Au cours des deux dernières décennies, l’indicateur a varié entre 1,34 et 1,57 enfant par femme.
Même les départements en tête du classement roumain restent en dessous du niveau d’environ 2,1 enfants par femme associé au remplacement naturel des générations, en l’absence de migration et dans des conditions de faible mortalité. Avoir une fécondité supérieure à la moyenne de l’UE ne signifie donc pas atteindre ce niveau.
Dans la comparaison publiée le 27 octobre, Eurostat a inclus 1 165 régions de l’UE. Parmi elles, 714, soit 61,3 %, étaient au-dessus de la moyenne européenne, 439, soit 37,7 %, en dessous, et 12 l’égalaient. Cette répartition utilise des données allemandes de 2023, tandis que les chiffres pour la Roumanie datent de 2024 ; le communiqué reprend l’analyse de l’Annuaire régional 2026 et précise que certaines valeurs peuvent être révisées.
Le fait que la majorité des régions de cette comparaison dépassent le niveau de l’UE s’explique par le mode de calcul. Le taux européen est construit à partir des taux de fécondité par âge et des populations concernées, et non comme une simple moyenne arithmétique des valeurs régionales. Les régions peu peuplées et celles comptant beaucoup d’habitants n’ont pas le même poids dans l’indicateur européen.
Dans la même comparaison d’Eurostat, la Bulgarie et la France comptaient chacune 14 régions affichant des taux d’au moins 1,75 enfant par femme. L’Allemagne en comptait six, sur la base de ses données de 2023, et la Slovénie trois. La Hongrie, les Pays-Bas et la Roumanie en comptaient chacune deux, tandis que l’Irlande, la Grèce, la Croatie et la Slovaquie en comptaient chacune une.
Les taux les plus élevés étaient enregistrés dans les régions françaises ultrapériphériques de Mayotte, avec 3,51 enfants par femme, et de la Guyane française, avec 3,10. La Réunion atteignait 2,11, tandis que les régions bulgares de Sliven et de Yambol enregistraient 2,58 et 2,42. Ce sont les cinq régions de l’UE identifiées par Eurostat comme affichant des valeurs supérieures au niveau d’environ 2,1.
À l’opposé, le communiqué indique des taux inférieurs à 1,00 enfant par femme dans 16 régions espagnoles, sept régions polonaises, cinq italiennes, trois grecques et deux en Allemagne et en Lituanie. Le chiffre allemand se rapporte également à 2023. La valeur la plus faible présentée par Eurostat pour 2024 est de 0,76, sur l’île espagnole de La Palma, dans l’archipel des Canaries.
Eurostat relève également des valeurs relativement faibles dans certaines régions des capitales, notamment Copenhague, Dublin, Riga et Budapest, ainsi que dans la zone métropolitaine d’Amsterdam. En Roumanie, Bucarest et Cluj se situent dans la partie inférieure de la distribution. Les données n’établissent toutefois pas pourquoi les départements diffèrent et ne mesurent pas l’effet d’une politique locale ou d’une tradition familiale sur la fécondité.
La fécondité ne détermine pas à elle seule si la population d’un département augmente ou diminue : la structure par âge, la mortalité et les migrations comptent également. Pour la planification des crèches, des écoles, des services médicaux ou des infrastructures locales, le taux de fécondité doit être considéré conjointement avec le nombre de naissances, la population par âge et les déplacements des habitants. Les valeurs d’une seule année ne peuvent pas être directement transformées en prévisions concernant le nombre d’élèves ou les besoins budgétaires.
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