La session plénière du Parlement européen du 15 au 18 juin à Strasbourg se concentrera sur plusieurs dossiers ayant un impact politique direct, allant de l'accord tarifaire avec les États-Unis et la réforme de la politique de retour des migrants sans droit de séjour, jusqu'à l'élargissement de l'Union européenne, la sécurité de la frontière orientale, l'intelligence artificielle, les nouvelles techniques génomiques pour les plantes et la protection des enfants sur les réseaux sociaux. L'ordre du jour comprend également des débats sur le Conseil européen de juin, les relations économiques avec la Chine, le Moyen-Orient, la souveraineté numérique et le soutien aux travailleurs licenciés en Belgique.
Le Parlement européen réunira en session plénière du 15 au 18 juin à Strasbourg certains des dossiers les plus sensibles à l'ordre du jour de l'Union européenne, allant du commerce avec les États-Unis et de la politique de retour des migrants, jusqu'à l'élargissement, la sécurité de la frontière orientale et l'application des règles concernant l'intelligence artificielle. Le programme de la semaine montre une plénière dominée par des thèmes ayant un impact direct sur l'économie, la sécurité, la migration, l'agriculture et les droits fondamentaux.
En résumé
Les eurodéputés doivent donner leur vote final sur la législation qui met en œuvre les engagements tarifaires de l'Union européenne dans ses relations avec les États-Unis, suite à la déclaration conjointe UE-États-Unis d'août 2025.
La réforme de la politique de retour des migrants sans droit de séjour sera votée mercredi et inclut des obligations de coopération pour les ressortissants des pays tiers, une détention pouvant aller jusqu'à 24 mois et la possibilité de centres de retour dans des États tiers.
Le Parlement européen votera des rapports annuels concernant l'Albanie, la Bosnie-Herzégovine, la Géorgie, le Kosovo, la Macédoine du Nord, le Monténégro et la Turquie, lors d'une semaine où le président du Monténégro s'adressera à la plénière.
L'intelligence artificielle, la souveraineté numérique, la protection des enfants sur les réseaux sociaux, la frontière orientale de l'Union et les tensions au Moyen-Orient seront discutées en plénière avec des représentants de la Commission européenne, du Conseil et de la diplomatie européenne.
Un des votes économiques importants concerne la relation commerciale UE-États-Unis. Mardi, les eurodéputés sont attendus pour approuver deux actes législatifs qui mettent en œuvre les engagements tarifaires pris par la déclaration conjointe d'août 2025. Les textes élimineraient la plupart des tarifs sur les biens industriels et agricoles en provenance des États-Unis, mais incluent une clause d'expiration au 31 décembre 2029, des mécanismes de sauvegarde pour les secteurs industriel et agricole de l'Union et des conditions pour les réductions tarifaires appliquées aux dérivés du pétrole et de l'aluminium.
La migration sera à nouveau au centre de l'agenda avec le vote sur la réforme de la politique de retour. L'accord provisoire entre le Parlement et le Conseil introduit de nouvelles obligations pour les personnes des pays tiers qui n'ont pas de droit de séjour, renforce la reconnaissance mutuelle des décisions de retour et permet l'utilisation de "centres de retour" en dehors de l'Union. La réforme prévoit une détention pouvant aller jusqu'à 24 mois, avec la possibilité d'une durée plus longue dans certaines conditions.
La session préparera également le Conseil européen des 18 et 19 juin. Lors d'un débat commun, les eurodéputés discuteront avec des représentants de la Commission et de la présidence du Conseil du sommet des dirigeants de l'UE, du soutien à l'Ukraine, des évolutions au Moyen-Orient, du futur budget pluriannuel, de la défense européenne, de la migration, des drogues illicites et de la coordination économique par le Semestre européen. La seconde partie du débat sera consacrée aux relations économiques UE-Chine, dans un contexte marqué par des critiques concernant l'accès asymétrique au marché, les contrôles à l'exportation pour les matières premières critiques et les politiques industrielles jugées déformantes de Pékin.
L'élargissement sera également présent de manière significative en plénière. Le Parlement doit voter des rapports annuels sur les progrès de l'Albanie, de la Bosnie-Herzégovine, de la Géorgie, du Kosovo, de la Macédoine du Nord, du Monténégro et de la Turquie. Les projets adoptés en Commission des affaires étrangères présentent le Monténégro et l'Albanie comme les pays les plus avancés dans le processus, regrettent le manque de progrès en Macédoine du Nord, signalent des difficultés institutionnelles au Kosovo et indiquent un grave recul démocratique en Géorgie et en Turquie.
Le Monténégro sera également au centre de l'attention avec le discours du président Jakov Milatović en plénière, mardi à midi. Les négociations d'adhésion du Monténégro ont commencé en 2012, tous les 33 chapitres de négociation ont été ouverts, et sept ont été provisoirement fermés. L'équipe de négociation de Podgorica s'est fixé pour objectif de clore les négociations d'ici la fin de l'année 2026.
La sécurité de la frontière orientale de l'Union sera débattue mardi, sur fond de menaces et d'incursions de drones attribuées à la Russie. Le débat portera sur la défense aérienne européenne et les incidents récents qui ont affecté plusieurs États membres, y compris la Roumanie, les États baltes et la Finlande. Le Parlement clôturera le dossier par un vote sur une résolution, jeudi.
Le Moyen-Orient sera discuté mardi avec Kaja Kallas, Haute Représentante de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité. L'ordre du jour mentionne l'intensification des confrontations militaires dans la région, les opérations d'Israël au Liban, les attaques de l'Iran contre Bahreïn et le Koweït en réponse à des frappes américaines et l'échec des négociations américano-iraniennes pour reprendre le transport par le détroit d'Hormuz.
L'intelligence artificielle sera soumise au vote par le biais d'un dossier de simplification de l'application de la loi sur l'IA. Le Parlement votera le report de certaines dispositions pour les systèmes d'intelligence artificielle à haut risque, de sorte que les obligations pour ces systèmes s'appliquent à partir du 2 décembre 2027, et celles pour les systèmes utilisés comme composants de sécurité à partir du 2 août 2028. Le texte inclut également l'interdiction des systèmes de type "AI nudifier" qui créent des matériaux d'abus sexuels sur des enfants ou des images intimes non consensuelles.
La souveraineté numérique sera discutée mardi, après que la Commission européenne a présenté le 3 juin la stratégie concernant la souveraineté technologique européenne et la stratégie open source de l'Union. Le débat portera sur la capacité de l'Union à développer, contrôler et échelonner des technologies, infrastructures, services et données critiques pour l'économie, la sécurité et la société, ainsi que sur la réduction des dépendances stratégiques vis-à-vis des pays extérieurs à l'Union.
La protection des enfants sur les réseaux sociaux sera discutée mercredi. Le Parlement abordera les effets négatifs des plateformes sur les jeunes et les réponses possibles, y compris des limites d'âge et une plus grande responsabilité pour les plateformes. Les eurodéputés ont précédemment demandé l'introduction d'un âge minimum de 16 ans pour accéder aux réseaux sociaux et des mesures plus strictes contre le harcèlement et le cyberharcèlement.
L'agriculture apparaîtra dans deux dossiers différents. Mercredi, les eurodéputés sont attendus pour adopter de nouvelles règles concernant les techniques génomiques pour les plantes, destinées à faciliter l'accès à des variétés plus résistantes au climat et aux ravageurs, avec des rendements plus élevés ou nécessitant moins de pesticides et d'engrais. Mardi, le Parlement doit donner son vote final sur des mesures visant à renforcer la position des agriculteurs dans la chaîne alimentaire, y compris par des indicateurs en ligne pour les contrats, des contrats écrits obligatoires dans le secteur laitier et des règles concernant l'utilisation de dénominations telles que "steak" ou "filet" pour des produits contenant de la viande.
Le secteur automobile recevra le vote final sur de nouvelles règles de circularité, jeudi. La législation couvre l'ensemble du cycle de vie du véhicule, de la conception au traitement final des véhicules hors d'usage, avec des exigences concernant les matériaux recyclés, la responsabilité des producteurs et les règles d'exportation pour les véhicules d'occasion. Le dossier concerne un secteur où, selon le document du Parlement, l'Union compte 285,6 millions de véhicules, dont environ 6,5 millions atteignent chaque année la fin de leur vie.
Le Parlement votera également un soutien de 2 millions d'euros pour 803 travailleurs licenciés en Belgique suite à la faillite du fabricant de verre automobile Soliver, par le biais du Fonds européen d'ajustement à la mondialisation pour les travailleurs licenciés. Les mesures prévoient un accompagnement professionnel, un soutien à la recherche d'un emploi, une formation et des événements de recrutement.
L'ordre du jour comprend également un vote sur la lutte contre la répression transnationale, une session de contrôle sur la Commission concernant la réduction des charges de reporting pour les petites et moyennes entreprises, une résolution concernant Cuba, des propositions concernant le recrutement d'enfants par la criminalité organisée et des débats urgents concernant les prisonniers politiques au Nicaragua, la situation des prisonniers politiques en Biélorussie et la réduction de l'espace civique au Burkina Faso.
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