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  2. UE

La Cour de justice européenne rejette la condition de 10 ans de résidence pour l'accès au revenu minimum en Italie

2eu.brussels
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7 mai 2026, 16:51
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Les juges de l'UE affirment que les bénéficiaires de la protection internationale doivent être traités de manière égale aux citoyens italiens lorsqu'ils demandent des prestations sociales de base et des mesures d'intégration professionnelle, et que la condition de résidence imposée par l'Italie affecte principalement les personnes sans citoyenneté italienne.


La Cour de justice de l'Union européenne a décidé que l'Italie ne peut pas conditionner l'accès des bénéficiaires de la protection internationale au "revenu de citoyenneté" à une résidence d'au moins 10 ans, car cette exigence constitue une discrimination indirecte interdite par le droit de l'UE.


En résumé


La Cour de justice a décidé qu'une condition de résidence de 10 ans pour accéder au "revenu de citoyenneté" en Italie discrimine indirectement les bénéficiaires de la protection internationale.


Le cas concerne un bénéficiaire de protection subsidiaire, résident légal en Italie depuis 2011, dont l'INPS a retiré la prestation sociale après un contrôle administratif.


La Cour a établi que le "revenu de citoyenneté" est à la fois une mesure d'accès à l'emploi et une prestation sociale de base sous la forme d'un revenu minimum.


Les juges de l'UE ont considéré que l'exigence s'applique formellement à tous, mais affecte principalement les personnes qui ne sont pas des citoyens italiens.


La Cour a rejeté l'argument selon lequel les coûts administratifs et financiers peuvent justifier cette différence de traitement.


La Cour de justice de l'Union européenne a décidé qu'une condition de résidence de 10 ans imposée par la législation italienne pour accéder au "revenu de citoyenneté" constitue une discrimination indirecte contre les bénéficiaires de la protection internationale.


La décision a été prononcée dans l'affaire C-747/22, dans un litige découlant du cas d'un bénéficiaire de protection subsidiaire vivant légalement en Italie depuis 2011 et recevant le "revenu de citoyenneté", une prestation sociale liée à des mesures d'intégration professionnelle et sociale.


La concession de cette prestation était conditionnée par une résidence en Italie d'au moins 10 ans, dont les deux dernières années devaient être continues.


Après un contrôle administratif, l'Istituto nazionale della previdenza sociale, INPS, a constaté que la personne concernée ne remplissait pas cette condition. L'institution a arrêté le paiement de la prestation et a demandé le remboursement des sommes considérées comme indûment versées.


Le bénéficiaire a contesté la décision devant un tribunal italien, soutenant que l'exigence d'une résidence de 10 ans est indirectement discriminatoire, car elle est plus facile à remplir pour les citoyens italiens que pour les citoyens étrangers.


INPS a soutenu que le revenu en question ne visait pas à couvrir un besoin primaire, mais relevait de la politique d'emploi et d'intégration, ce qui justifierait l'exigence d'un lien réel avec l'Italie.


Le tribunal italien a considéré que cette condition pourrait être discriminatoire et disproportionnée et a demandé à la Cour de justice de déterminer si elle est compatible avec le droit de l'Union européenne.


La Cour a d'abord décidé que le "revenu de citoyenneté" a une double nature. Il s'agit d'une mesure d'accès à l'emploi, soumise au principe de l'égalité de traitement entre les bénéficiaires de la protection internationale et les citoyens de l'État membre, et d'une prestation sociale de base, sous la forme d'un revenu minimum.


Cette qualification est importante car le droit de l'UE garantit aux bénéficiaires de la protection internationale un traitement égal avec les citoyens de l'État membre en matière d'accès aux mesures d'emploi et aux prestations sociales de base.


La Cour a constaté que l'exigence de résidence de 10 ans s'applique de la même manière aux citoyens italiens et aux bénéficiaires de la protection internationale. Cependant, en pratique, elle affecte principalement les personnes qui ne sont pas des citoyens italiens.


Les juges ont établi que cette différence de traitement constitue une discrimination indirecte, en principe interdite par le droit de l'UE.


La Cour a également examiné la justification présentée par le gouvernement italien, selon laquelle le "revenu de citoyenneté" implique des coûts administratifs et financiers significatifs, ce qui permettrait de limiter la prestation aux personnes bien intégrées dans la communauté nationale.


Les juges de l'UE ont rejeté cet argument. La Cour a souligné que l'octroi d'une prestation sociale génère les mêmes coûts pour l'institution compétente, que le bénéficiaire soit citoyen de l'État membre ou bénéficiaire de la protection internationale.


La Cour a également précisé qu'en ce qui concerne l'accès aux mesures d'emploi et aux prestations sociales de base, le droit de l'UE confère aux bénéficiaires de la protection internationale un droit à un traitement égal et ne permet pas aux États membres d'introduire d'autres conditions ou restrictions que celles prévues par la législation européenne.


Les juges ont souligné que la durée de séjour sur le territoire d'un État membre n'est pas prévue par le droit de l'UE comme critère pour l'octroi de ces prestations aux bénéficiaires de la protection internationale.


La Cour a également considéré que l'imposition d'une condition de résidence de 10 ans contrevient à l'objectif du droit de l'UE d'assurer un niveau minimum de prestations pour les bénéficiaires de la protection internationale.


Le statut de ces personnes n'est pas, par nature, permanent et peut être révoqué, ce qui peut conduire, dans certains cas, à leur renvoi dans leur pays d'origine. Dans ce contexte, une exigence de résidence aussi longue limiterait l'accès à des prestations conçues pour couvrir des besoins de base et pour l'intégration.


La décision ne résout pas directement le litige national. Dans le cadre d'une question préjudicielle, la Cour de justice interprète le droit de l'UE, et le tribunal national doit résoudre l'affaire conformément à cette interprétation.


La décision de la Cour est également contraignante pour d'autres tribunaux nationaux qui pourraient juger des questions similaires concernant l'accès des bénéficiaires de la protection internationale aux prestations sociales de base ou aux mesures d'intégration professionnelle.


Le cas s'inscrit dans l'application de la Directive 2011/95/UE, qui établit les normes pour la qualification des citoyens de pays tiers ou des apatrides en tant que bénéficiaires de la protection internationale et définit le contenu de la protection accordée.


Le droit de l'UE prévoit que les bénéficiaires de la protection internationale doivent bénéficier d'un traitement égal avec les citoyens de l'État membre en ce qui concerne l'accès aux mesures d'emploi et à certaines prestations sociales de base.


Dans ce cas, la Cour a interprété l'article 26 de la directive, relatif à l'accès à l'emploi, et l'article 29, concernant les prestations sociales. Le "revenu de citoyenneté" italien a été considéré comme pertinent pour les deux domaines, car il combine un revenu minimum avec l'obligation de participer à un programme d'intégration professionnelle et sociale.


La décision clarifie les limites dans lesquelles les États membres peuvent conditionner l'accès aux prestations sociales pour les bénéficiaires de la protection internationale. Les États peuvent organiser leurs propres systèmes de protection sociale, mais ne peuvent pas introduire de conditions qui affectent de manière disproportionnée les étrangers protégés par le droit de l'UE et qui ne sont pas prévues par le cadre européen.


La décision a une portée plus large pour les politiques nationales de soutien social et d'intégration, en particulier lorsque les prestations sont liées à la fois à un revenu minimum et à la participation à des mesures d'emploi.


https://2eu.brussels/ro/stiri/curtea-de-justitie-europeana-respinge-conditia-de-10-ani-de-rezidenta-pentru-accesul-la-venit-minim-in-italia

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