La Commission européenne a sélectionné le 19 octobre 2026 un total de 77 projets provenant de 23 pays de l’Espace économique européen, pour un soutien d’environ 3,4 milliards d’euros au titre du Fonds pour l’innovation. La liste comprend TERRA-Q, un projet industriel en Roumanie consacré à des matériaux de construction à faibles émissions, ainsi que FLOW4EVE, coordonné par Robert Bosch GmbH, avec des activités en Hongrie et en Roumanie. Les projets ont été invités à préparer les conventions de subvention ; la sélection ne signifie pas que les fonds ont déjà été versés ni que tous les contrats ont été signés.
En bref
La Commission a sélectionné 77 projets dans 23 pays pour environ 3,4 milliards d’euros au titre du Fonds pour l’innovation, financé par les recettes de l’EU ETS.
TERRA-Q, coordonné par Calamearic SRL, vise à produire en Roumanie des panneaux minéraux au moyen d’un processus électrifié qui élimine la cuisson céramique traditionnelle.
FLOW4EVE, coordonné par Robert Bosch GmbH, comprend des activités en Hongrie et en Roumanie ; l’augmentation de l’autonomie hivernale pouvant atteindre 20 % est une estimation du projet.
Les 290 millions de tonnes d’équivalent CO₂ potentiellement évitées en dix ans constituent une projection pour l’ensemble de la sélection, et non des réductions déjà obtenues.
Les projets préparent les conventions avec la CINEA, avec des résultats attendus au premier trimestre 2027 ; la sélection ne signifie pas que les subventions ont déjà été versées.
Le Fonds réinvestit les recettes de la mise aux enchères des quotas d’émission du système EU ETS dans des technologies industrielles innovantes. L’appel lancé en décembre 2025 a attiré 358 candidatures demandant au total 17,5 milliards d’euros, contre un budget initial de 2,9 milliards d’euros. Les projets sont évalués par des experts indépendants selon leur potentiel de réduction des émissions, leur caractère innovant, leur maturité, la possibilité de reproduire la technologie et leur rapport coût-efficacité, sans qu’une enveloppe de financement soit automatiquement réservée à chaque État.
TERRA-Q, coordonné par Calamearic SRL, figure dans la catégorie des projets de petite taille. La fiche officielle décrit une installation industrielle en Roumanie destinée à produire des panneaux minéraux au moyen d’un processus électrifié, avec la réutilisation d’une forte proportion de matériaux minéraux et de matières premières secondaires. La technologie vise à éliminer la cuisson conventionnelle dans le four céramique, que le document décrit comme fonctionnant à des températures de 1 200–1 400 °C, au profit d’une méthode de fabrication à des températures plus basses.
Selon la fiche du projet, TERRA-Q pourrait réduire les émissions de gaz à effet de serre d’environ 80 % par rapport au processus de référence et éviter environ 33 000 tonnes de CO₂ en dix ans. Il s’agit d’objectifs estimés, dépendant de la construction et des performances de l’installation. Les documents vérifiés ne précisent pas le lieu exact, l’investissement total ou la subvention individuelle, et la catégorie de financement ne permet pas de déduire ces montants.
FLOW4EVE est inclus dans la fabrication de technologies propres et vise l’industrialisation d’un système modulaire de gestion thermique pour véhicules électriques, centré sur une pompe à chaleur. La liste PDF de la Commission indique explicitement la Hongrie et la Roumanie comme pays du projet. Le système devrait améliorer le fonctionnement de la batterie à différentes températures, optimiser la capacité nécessaire et soutenir les applications de fourniture d’énergie du véhicule vers le domicile ou le réseau, connues sous les noms Vehicle-to-Home et Vehicle-to-Grid.
Selon les estimations du projet, la technologie pourrait accroître l’autonomie hivernale jusqu’à 20 % et contribuer à éviter environ trois millions de tonnes d’équivalent CO₂ au cours des dix premières années de fonctionnement. Ces valeurs ne sont pas des résultats commerciaux déjà mesurés et ne garantissent pas la même augmentation d’autonomie pour chaque véhicule. Les sources ne précisent pas la répartition de l’investissement entre les deux pays, les activités de chaque site ni le montant qui sera dépensé en Roumanie.
À l’échelle européenne, la sélection comprend 12 grands projets pour environ 1,58 milliard d’euros, 17 projets moyens pour 458 millions d’euros et 20 petits projets pour 124 millions d’euros. Douze autres projets de fabrication de technologies propres ont été sélectionnés pour environ 895 millions d’euros, ainsi que 16 projets pilotes pour environ 394 millions d’euros. Les montants sont arrondis ; ils décrivent le soutien de la sélection européenne, et non des allocations nationales destinées à la Roumanie.
Les projets couvrent les matériaux industriels, le stockage de l’énergie, les composants pour batteries, les pompes à chaleur et les électrolyseurs, les carburants alternatifs, le recyclage et le captage du carbone. La sélection comprend pour la première fois un projet pilote fondé sur un petit réacteur nucléaire modulaire ainsi qu’un projet de captage direct du CO₂ dans l’atmosphère et de stockage permanent. La sélection pour un financement ne remplace pas les autorisations nécessaires à la construction ou à l’exploitation des installations.
Six projets concernant les matières premières critiques demandent ensemble environ 314 millions d’euros ; cinq sont également des projets stratégiques au titre du règlement européen sur les matières premières critiques, selon le document de questions-réponses de la DG CLIMA. Pour l’ensemble des 77 projets, la Commission estime un potentiel d’évitement d’environ 290 millions de tonnes d’équivalent CO₂ au cours de la première décennie de fonctionnement. Les économies dépendent de la mise en œuvre et ne représentent pas des réductions déjà enregistrées.
84 autres projets ont passé l’évaluation, mais n’ont pas reçu de financement sur le budget disponible. Ceux-ci, ainsi que les 77 projets sélectionnés, bénéficieront du label de qualité STEP, qui peut faciliter l’accès à d’autres financements. Par ailleurs, la Commission a transmis 160 propositions à la Banque européenne d’investissement pour évaluer une éventuelle assistance au développement. Cette transmission ne garantit pas l’octroi de l’assistance ni d’une subvention ultérieure.
La prochaine étape pour les 77 projets consiste à préparer les conventions avec l’Agence exécutive européenne pour le climat, les infrastructures et l’environnement, la CINEA. Celles-ci confirmeront les budgets, les calendriers, les objectifs techniques et financiers ainsi que les responsabilités juridiques. La Commission estime que les résultats de la préparation des conventions seront annoncés au premier trimestre 2027 et prépare une nouvelle série d’appels pour le début du mois de décembre 2026, comprenant notamment un volet d’un milliard d’euros consacré à la fabrication de technologies propres.
Pour la Roumanie, TERRA-Q et FLOW4EVE ouvrent la perspective d’activités industrielles dans deux domaines différents : les matériaux de construction et l’efficacité énergétique des véhicules électriques. L’ampleur financière et les effets économiques locaux pourront être évalués plus précisément après la finalisation des conventions et la publication des détails de mise en œuvre.
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