La Commission européenne estime que l'économie de l'UE ne croîtra que de 1,1 % en 2026, contre 1,5 % en 2025, tandis que l'inflation devrait atteindre 3,1 %. La prévision de printemps montre que les perturbations sur les marchés mondiaux de l'énergie affectent la consommation, les investissements, le commerce et les finances publiques. Pour la Roumanie, la Commission anticipe une croissance économique de seulement 0,1 % en 2026 et une inflation moyenne de 7,0 %.
La Commission européenne a réduit sa prévision de croissance économique pour l'Union européenne en 2026 et a augmenté son estimation d'inflation, après que le conflit au Moyen-Orient a provoqué un nouveau choc sur les marchés mondiaux de l'énergie. L'exécutif européen estime que le PIB de l'UE augmentera de 1,1 % en 2026, après 1,5 % en 2025, et devrait atteindre 1,4 % en 2027. Pour la zone euro, la croissance est estimée à 0,9 % en 2026 et 1,2 % en 2027.
En résumé
La Commission européenne estime une croissance de 1,1 % pour l'économie de l'UE en 2026, en baisse par rapport à la prévision de l'automne 2025.
L'inflation dans l'UE devrait atteindre 3,1 % en 2026, un point de pourcentage au-dessus de l'estimation précédente, avant de descendre à 2,4 % en 2027.
La zone euro devrait croître de 0,9 % en 2026, tandis que l'inflation devrait atteindre 3,0 %.
La Commission avertit que l'énergie plus chère affecte la consommation, les investissements, les transports, l'agriculture, la distribution et les finances publiques.
Pour la Roumanie, la Commission estime une quasi-stagnation en 2026, avec une croissance économique de 0,1 % et une inflation moyenne de 7,0 %.
Valdis Dombrovskis, commissaire européen pour l'économie et la productivité, a déclaré que "le conflit au Moyen-Orient a déclenché un choc énergétique majeur". Il a indiqué que l'UE doit maintenir des mesures de soutien temporaires et ciblées, protéger les finances publiques, réduire la dépendance aux combustibles fossiles importés et accélérer les réformes.
Selon la Commission, l'impact du choc énergétique se prolongera jusqu'en 2027. L'inflation devrait descendre à 2,4 % dans l'UE et à 2,3 % dans la zone euro, mais restera au-dessus des niveaux estimés précédemment dans la prévision de l'automne 2025.
La Commission indique que le choc actuel est différent de la crise énergétique de 2021-2022. À l'époque, l'Europe dépendait fortement du gaz russe livré par pipeline. Maintenant, la perturbation affecte les marchés mondiaux du pétrole et du gaz naturel liquéfié, où l'offre peut être redirigée plus facilement entre les régions, mais les pressions se transmettent plus largement dans l'économie mondiale.
La hausse des prix de l'énergie devrait se transférer progressivement dans les chaînes de production et vers les consommateurs. La Commission cite l'agriculture, la distribution et les services de transport parmi les premiers secteurs touchés. Les prix des aliments non transformés pourraient augmenter rapidement, avant de se modérer en 2027.
La prévision indique également un effet sur le marché du travail. L'emploi dans l'UE est estimé à croître plus lentement, de 0,3 % en 2026 et de 0,4 % en 2027, tandis que le taux de chômage devrait se stabiliser autour de 6 %.
Les investissements sont affectés par des coûts de financement plus élevés, des bénéfices plus faibles et une incertitude élevée. La Commission estime que la formation brute de capital fixe augmentera de 2,2 % en 2026 et de 2,0 % en 2027, en dessous du rythme de 2,8 % enregistré en 2025.
Le commerce extérieur de l'UE est également révisé à la baisse. Les exportations devraient augmenter de seulement 0,9 % en 2026, avant d'accélérer à 2,1 % en 2027. La Commission relie cette évolution à une demande externe plus faible, à une compétitivité réduite de certains produits européens et à la concentration d'une part importante de la dynamique mondiale dans les économies asiatiques.
Les finances publiques se détériorent dans le scénario de base. Le déficit public agrégé de l'UE est estimé à passer de 3,1 % du PIB en 2025 à 3,6 % en 2027. La dette publique de l'UE devrait passer de 82,8 % du PIB à la fin de 2025 à 85,3 % à la fin de 2027.
Pour la Roumanie, la Commission estime un ralentissement beaucoup plus fort que la moyenne de l'UE. Après une croissance de 0,7 % en 2025, l'économie roumaine ne devrait avancer que de 0,1 % en 2026, avant un retour à 2,3 % en 2027.
L'inflation moyenne en Roumanie est estimée à 7,0 % en 2026, au-dessus du niveau de 6,8 % en 2025, et devrait descendre à 3,7 % en 2027. La Commission note que la hausse des prix de l'énergie a ralenti le processus de désinflation, bien que certaines mesures gouvernementales aient atténué partiellement la hausse des prix.
Le déficit public de la Roumanie est prévu pour diminuer de 7,9 % du PIB en 2025 à 6,2 % en 2026 et 5,8 % en 2027. La dette publique devrait augmenter à 63,4 % du PIB en 2027.
La prévision économique de printemps de la Commission européenne est l'un des principaux outils par lesquels l'exécutif européen évalue les évolutions macroéconomiques dans l'Union et dans les États membres. Le document est utilisé dans la surveillance économique européenne, dans l'évaluation des finances publiques et dans l'analyse des risques pour la croissance, l'inflation et l'emploi.
La nouvelle prévision intervient dans un contexte où l'UE gère simultanément des pressions énergétiques, des coûts de défense plus élevés, une compétitivité industrielle plus faible, une incertitude commerciale et l'achèvement progressif des investissements financés par le Mécanisme de relance et de résilience.
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