Kaja Kallas a demandé aux États membres de transformer les promesses de contributions à l’opération navale ASPIDES en navires effectivement déployés, avertissant que l’Union européenne ne peut pas répondre à toutes les compagnies qui demandent une escorte en mer Rouge. Lors de son intervention au Parlement européen le 20 octobre, la cheffe de la diplomatie européenne a également annoncé l’envoi d’un officier de liaison pour assurer la coordination avec la coalition dirigée par l’Arabie saoudite. Cet appel intervient après le report du sommet UE–Conseil de coopération du Golfe, prévu à Riyad le 24 octobre, dans un contexte de détérioration de la sécurité régionale.
En bref, Kallas a demandé le 20 octobre le déploiement effectif des navires promis par les États membres : ASPIDES ne peut pas répondre à toutes les compagnies qui demandent une escorte. La déclaration ne confirme pas l’arrivée de nouvelles frégates. L’UE enverra un officier de liaison pour assurer la coordination avec la coalition dirigée par l’Arabie saoudite. Kallas n’a pas dit que celui-ci avait déjà été déployé ; ASPIDES conserve son caractère défensif. Le sommet UE–CCG prévu à Riyad le 24 octobre avait déjà été reporté le 15 octobre, pour des raisons de sécurité et en raison de la suspension des vols. Le communiqué ne fixait pas de nouvelle date. Le plan humanitaire européen pour le Yémen en 2026 s’élève à 85 millions d’euros. Kallas a mentionné séparément 2,5 millions supplémentaires pour les urgences de septembre ; un accord MASAR/PNUD de 9 millions soutient la relance locale. L’UNVIM bénéficie de 2 480 794,55 euros pour la période d’octobre 2026 à décembre 2027, approuvés en septembre. Les 2,5 millions évoqués par Kallas pour ce mécanisme correspondent à l’arrondi de cette même somme, distincte de l’aide humanitaire d’urgence. Kallas affirme que plus de 22 millions de personnes ont besoin d’aide et demande la reprise de la médiation de l’ONU. Les financements ont des affectations différentes, ne constituent pas un nouveau paquet unique et ne prouvent pas que toutes les sommes ont déjà été versées.
Kallas a décrit une très forte demande de soutien de la part des compagnies maritimes et un nombre insuffisant de navires pour les aider toutes. Les contributions supplémentaires annoncées par les États sont importantes, a-t-elle déclaré, mais elles doivent parvenir en mer pour que l’Union reste un fournisseur crédible de sécurité. La déclaration ne précise pas le nombre exact de navires disponibles ce jour-là et ne confirme pas l’arrivée de frégates supplémentaires.
L’officier de liaison annoncé devrait faciliter la coordination et éviter le chevauchement des activités avec la coalition dirigée par l’Arabie saoudite. Kallas a présenté ce déploiement comme une action future, sans dire qu’il avait déjà été réalisé. Elle a insisté sur le fait qu’ASPIDES protège les transports commerciaux et ne participe pas à la guerre dans la région. Lancée en février 2024, l’opération a un mandat défensif et n’effectue pas de frappes contre des cibles terrestres au Yémen.
Le déficit de navires n’est pas un problème évoqué pour la première fois le 20 octobre. Lors de la conférence de presse qui a suivi le Conseil des affaires étrangères du 12 octobre, Kallas avait déclaré que l’opération avait besoin d’au moins dix navires et que ce niveau n’avait pas été atteint. La nouvelle intervention montre que le manque de moyens persiste et met l’accent sur le déploiement des contributions promises ainsi que sur la coordination régionale.
Le sommet avec les États du Golfe avait déjà été reporté le 15 octobre. Dans le communiqué du Secrétariat général du Conseil de coopération du Golfe, le secrétaire général Jasem Mohamed Albudaiwi a invoqué la poursuite des attaques des Houthis contre des cibles civiles saoudiennes, la suspension prolongée des opérations aériennes à l’aéroport international King Khalid et la sécurité des délégations. La réunion du 24 octobre devait être reprogrammée à une date convenue par les deux parties ; le communiqué ne fixait pas de nouvelle date.
Dans son discours du 20 octobre, Kallas a condamné les attaques des Houthis contre le palais présidentiel d’Aden, l’aéroport de Riyad et les zones résidentielles de la capitale saoudienne. Elle a exprimé sa solidarité avec l’Arabie saoudite et le gouvernement yéménite et a attribué à l’Iran un rôle dans le financement, l’équipement et la formation des rebelles houthis. Ces affirmations correspondent aux positions présentées par la haute représentante lors du débat. En réponse aux demandes de certains eurodéputés visant à inscrire le mouvement sur la liste européenne des organisations terroristes, Kallas a déclaré que l’accord de tous les États membres était nécessaire ; elle n’a pas annoncé l’adoption d’une telle décision.
L’importance économique des routes maritimes a constitué un autre argument de son intervention. Kallas a estimé qu’environ un cinquième du commerce de l’UE transitait par la mer Rouge, sans préciser la méthodologie du calcul. Pour les entreprises, les risques peuvent influencer le choix des routes, les assurances et la durée du transport. Éviter le canal de Suez en contournant l’Afrique allonge les trajets, mais les coûts effectifs dépendent de la destination, de la cargaison et des conditions du marché.
Le soutien européen au Yémen comprend des instruments distincts du financement de la protection navale. Le plan de la DG ECHO pour 2026 prévoit 85 millions d’euros d’aide humanitaire. Kallas a mentionné séparément 2,5 millions d’euros supplémentaires mobilisés pour des interventions humanitaires d’urgence en septembre. Le budget publié confirme l’allocation annuelle, tandis que la déclaration fait état d’une mobilisation supplémentaire ; ces documents ne constituent pas un bilan de l’ensemble des paiements effectués.
Un accord distinct, d’un montant de 9 millions d’euros, a été signé le 6 octobre à Amman par la délégation de l’UE au Yémen et le Programme des Nations unies pour le développement. Le projet MASAR vise à renforcer les administrations locales, à améliorer les services et à réaliser des investissements définis à partir des priorités des communautés. Le montant de l’accord ne correspond pas à des fonds destinés aux escortes militaires et ne confirme pas que la totalité de la somme a déjà été dépensée.
Pour le Mécanisme des Nations unies de vérification et d’inspection au Yémen, l’UNVIM, le Conseil a approuvé le 22 septembre une somme de référence de 2 480 794,55 euros pour la période du 1er octobre 2026 au 31 décembre 2027. La décision soutient le renforcement du mécanisme dans les ports de Hodeidah, Saleef et Ras Issa et, si nécessaire, dans d’autres points des pays voisins. L’UNVIM contribue à la vérification des cargaisons et à l’application de l’embargo sur les armes, dans le cadre d’une stratégie qui vise également à répondre aux besoins de la population.
Dans son discours, Kallas a arrondi le soutien à l’UNVIM à 2,5 millions d’euros. Il s’agit du dispositif approuvé en septembre, et non d’un financement supplémentaire venant s’ajouter aux 2,48 millions prévus dans la décision. Cette somme est en revanche distincte des 2,5 millions d’euros destinés aux urgences humanitaires, du budget annuel de la DG ECHO et de l’accord MASAR. Les financements couvrent des périodes et des objectifs différents et ne constituent pas un nouveau paquet unique annoncé à Strasbourg.
Kallas a averti que plus de 22 millions de personnes au Yémen avaient besoin d’aide et qu’environ 200 000 avaient dû quitter leur domicile depuis août, en plus de la population déjà déplacée. Elle a demandé un soutien à la médiation de l’ONU et la reprise des négociations politiques. Pour l’Union, le renforcement des escortes commerciales et la coordination avec les partenaires régionaux restent des mesures de sécurité, tandis que l’aide à la population et la diplomatie répondent à des besoins que la protection navale ne peut à elle seule résoudre.
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Contexte : ASPIDES était encore sous-dimensionnée, tandis que l’UE élargissait progressivement ses tâches autour des infrastructures sous-marinesAvant son intervention au Parlement européen, Kaja Kallas avait averti au début de l’automne que les navires commerciaux en venaient à attendre une escorte parce qu’ASPIDES ne disposait pas de suffisamment de frégates capables d’assurer à la fois l’accompagnement et la défense antiaérienne. Dans ce contexte de pression, l’opération conserve son mandat défensif visant à protéger la liberté de navigation en mer Rouge et dans les eaux avoisinantes.
Également avant la déclaration du 20 octobre, le Conseil de l’UE avait étendu en mars certaines des tâches d’ASPIDES : la collecte et la diffusion d’informations sur les activités suspectes à proximité des infrastructures sous-marines critiques, la coopération avec les garde-côtes yéménites et le soutien à la formation des forces maritimes de Djibouti. Le mandat a ensuite été prolongé jusqu’au 28 février 2027, tandis que la composition de l’opération dépend des contributions nationales, qui peuvent varier selon les rotations.