Une éventuelle vente de la raffinerie Petrotel-Lukoil de Ploiești devrait être examinée en coordination avec les autres États européens qui accueillent des actifs du groupe russe, soutiennent Agathe Demarais et Jim O’Brien dans un commentaire publié par l’European Council on Foreign Relations (ECFR). Cette recommandation intervient à un moment où l’entreprise roumaine est en insolvabilité et où une transaction concernant les actifs étrangers de Lukoil doit respecter les conditions imposées par les sanctions américaines.
En bref, Agathe Demarais et Jim O’Brien recommandent à la Roumanie de se coordonner avec d’autres États de l’UE pour examiner une éventuelle vente de Petrotel. La proposition est présentée dans un commentaire publié par l’ECFR. Petrotel-Lukoil est en insolvabilité depuis le 26 août 2026. La procédure judiciaire et la surveillance étendue instaurée par le gouvernement ont des rôles différents et ne transfèrent pas, à elles seules, la propriété de la raffinerie. L’examen des investissements en Roumanie vise la sécurité et l’ordre public. La proposition des auteurs d’instaurer une autorisation européenne des ventes de Lukoil nécessiterait de nouvelles décisions juridiques. La licence américaine permet des négociations et des contrats conditionnels jusqu’au 21 novembre 2026 à 00 h 01 HNE. La finalisation d’une vente nécessite une autorisation distincte de l’OFAC, et les sommes dues à Lukoil devraient être bloquées conformément aux conditions annoncées en vue d’une éventuelle approbation. Le calendrier concernant le gaz russe est déjà prévu par la législation de l’UE. Pour les anciens contrats éligibles à long terme, l’interdiction s’applique au GNL à partir du 1er janvier 2027 et au gaz acheminé par gazoduc à partir du 30 septembre 2027, avec une exception conditionnelle jusqu’au 1er novembre dans l’État concerné.
Le tribunal de Prahova a ouvert la procédure générale d’insolvabilité de Petrotel-Lukoil le 26 août 2026, à la demande de la société, et a désigné Dascăl Insolvency SPRL comme administrateur judiciaire provisoire. Cette procédure concerne la situation financière et la gestion de l’entreprise. Elle s’ajoute à la surveillance étendue instaurée par le gouvernement en février à l’égard de Petrotel et d’autres entités de Lukoil, en réponse aux effets économiques des sanctions. Il s’agit d’interventions fondées sur des bases et assorties de responsabilités différentes, qui ne transfèrent pas, à elles seules, la propriété de la raffinerie.
Pour la Roumanie, la question est de savoir dans quelles conditions un changement de contrôle de cet actif énergétique pourrait être accepté. La législation nationale permet d’examiner les investissements sous l’angle de la sécurité et de l’ordre public. En fonction des risques identifiés et des conditions légales, un investissement peut être autorisé, approuvé avec des obligations supplémentaires ou rejeté. Le mécanisme fournit aux autorités des outils pour protéger les intérêts de sécurité, dans les limites prévues par la loi.
Demarais et O’Brien recommandent à la Roumanie de se coordonner avec la Bulgarie, la Finlande et les Pays-Bas. Les auteurs proposent également des sanctions européennes contre Lukoil, avec une exception pour la négociation des ventes, de sorte que leur finalisation nécessite une autorisation européenne. Ils subordonneraient cette approbation à des concessions russes. La proposition nécessiterait de nouveaux actes juridiques, notamment une décision de politique étrangère adoptée à l’unanimité par les États membres. Le commentaire, publié le 22 octobre, exprime l’analyse des deux auteurs et non une position collective de l’ECFR.
Le cadre américain actuellement en vigueur permet de préparer des transactions, mais maintient une étape distincte d’approbation de la vente. La licence délivrée par l’Office of Foreign Assets Control du Trésor américain, l’OFAC, le 21 octobre, autorise les négociations et les contrats conditionnels pour Lukoil International GmbH ou ses filiales détenues à hauteur d’au moins 50 %. Le délai est fixé au 21 novembre 2026 à 00 h 01, heure normale de l’Est des États-Unis. Les contrats doivent prévoir expressément que l’exécution de la vente dépend de l’obtention d’une autorisation distincte de l’OFAC.
En pratique, cette fenêtre permet de discuter du prix et des conditions, ainsi que de procéder à des vérifications financières, juridiques et opérationnelles avec l’aide de consultants. La licence n’autorise pas les transferts d’argent vers des personnes ou des comptes situés en Russie. Pour une éventuelle approbation de la vente, l’OFAC précise qu’il s’attend au minimum à une rupture complète des liens avec Lukoil et au blocage des sommes dues au groupe sur un compte relevant de la juridiction américaine, jusqu’à la levée des sanctions.
Ces conditions visent également à éviter un avantage financier immédiat pour Lukoil, notamment par le biais d’échanges d’actifs ou d’actions. L’OFAC indique que, dans une future autorisation de vente, il s’attend à demander aux acheteurs de soumettre également à son examen les reventes ultérieures d’actifs importants. Il importe donc de savoir qui reprend les actifs et quels liens cette personne ou entité conserve, mais aussi quelle sera la destination des fonds et la possibilité d’un nouveau transfert de propriété.
L’analyse de l’ECFR établit séparément un lien entre la valeur d’une participation dans Nord Stream et la perspective de futures importations de gaz russe dans l’UE. Le calendrier juridique européen est toutefois déjà fixé. Pour les contrats éligibles à long terme conclus avant le 17 juin 2025 et respectant les conditions du règlement, les importations de gaz naturel liquéfié russe sont interdites à partir du 1er janvier 2027, et celles acheminées par gazoduc à partir du 30 septembre 2027.
Pour le gaz acheminé par gazoduc, le délai peut aller jusqu’au 1er novembre 2027 uniquement dans l’État membre pour lequel la Commission confirme, par une décision prise avant le 15 septembre, le risque de ne pas atteindre l’objectif de remplissage des stockages pour l’hiver concerné. Il existe également un mécanisme d’urgence permettant à la Commission de suspendre les mesures pour une durée maximale de quatre semaines à la fois, dans des conditions strictes et uniquement pour les contrats à court terme. La prolongation d’une suspension dépend de la persistance de la situation d’urgence et de la menace grave pesant sur l’approvisionnement.
Dans le cas de Petrotel, ces discussions européennes se conjuguent avec deux procédures concrètes : l’insolvabilité en Roumanie et l’autorisation des transactions dans le cadre des sanctions américaines. Une coordination entre les États pourrait réunir les examens nationaux, chacun dans les limites de sa propre législation. Pour une éventuelle vente, l’accord commercial entre les parties ne resterait qu’une étape, suivie des approbations requises pour le transfert effectif des actifs.
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