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Le président Nicușor Dan a désigné l’eurodéputé PNL Siegfried Mureșan comme candidat au poste de Premier ministre, après les consultations avec les partis parlementaires. Le chef de l’État a invoqué le soutien exprimé par le PNL, l’USR et l’UDMR, mais a reconnu qu’il n’existait pas encore de majorité constituée.
Mureșan part ainsi avec un soutien politique explicite, mais insuffisant pour l’investiture. Le problème décisif n’est pas la désignation, mais l’obtention des voix nécessaires lors de la séance commune de la Chambre des députés et du Sénat.
L’arithmétique du vote
La Constitution exige le vote de la majorité des députés et des sénateurs, c’est-à-dire la majorité des membres en fonction du Parlement, et non seulement la majorité des présents. Selon la structure actuelle, le Parlement compte 465 parlementaires : 330 députés et 135 sénateurs. Le seuil d’investiture est donc de 233 voix.
À la Chambre des députés, le PNL compte 54 membres, l’USR 40 et l’UDMR 21. Au Sénat, le PNL compte 26 membres, l’USR 18 et l’UDMR 10. Les trois partis qui ont proposé Mureșan totalisent donc 169 parlementaires : 80 du PNL, 58 de l’USR et 31 de l’UDMR.
Ce bloc reste à environ 64 voix du seuil de 233. Même avec les 17 députés des minorités nationales, il atteindrait environ 186 voix, encore loin de la majorité exigée par la Constitution.
Le PSD reste le groupe clé. Il compte 91 députés et 35 sénateurs, soit au total 126 parlementaires. L’AUR compte 92 parlementaires : 62 députés et 30 sénateurs. L’UPR compte 17 parlementaires à la Chambre des députés, PACE – Întâi România compte sept sénateurs, SOS România compte 13 députés, tandis que les non-inscrits sont au nombre de 23 : 15 députés et huit sénateurs.
Une formule PNL–USR–UDMR–minorités plus PSD compterait, arithmétiquement, environ 312 voix. Une formule fondée sur le PNL, l’USR, l’UDMR, les minorités et l’AUR dépasserait également le seuil, mais l’UDMR a exclu une majorité construite avec les voix de l’AUR.
Les positions politiques
Le PNL soutient la désignation. Le président du parti, Ilie Bolojan, a présenté la désignation comme une chance pour une gouvernance réformiste, responsable et proeuropéenne. L’USR soutient également Mureșan.
Dominic Fritz a affirmé que l’USR participerait à l’effort de construction d’une majorité, bien qu’il ait admis que les négociations ne seraient pas faciles.
L’UDMR indique qu’il sera un partenaire dans la construction d’une majorité, mais conditionne la formule politique à l’exclusion de l’AUR. Cette position réduit les options du Premier ministre désigné.Le PSD n’a pas annoncé son soutien.
Sorin Grindeanu a réagi avec « surprise et déception ». Bien plus, le dirigeant social-démocrate a déclaré que le gouvernement Mureșan « tombera avec gloire ».Claudiu Manda a soutenu que le futur gouvernement devait être construit autour du PSD. Ce message indique que le parti veut être le négociateur central, et non un simple fournisseur de voix.
Le PNL tente désormais de convaincre le PSD d’accorder son soutien à Mureșan en relançant la proposition d’une rotation gouvernementale.
L’AUR a également annoncé qu’il ne voterait pas pour un cabinet Mureșan.
Le groupe PACE – Întâi România a, pour sa part, indiqué qu’il refusait de soutenir un gouvernement dirigé par celui-ci.
Le délai constitutionnel
L’article 103, alinéa 2 de la Constitution établit que le Premier ministre désigné dispose de 10 jours à compter de sa désignation pour demander au Parlement un vote de confiance sur le programme de gouvernement et la liste complète des ministres. La procédure comporte plusieurs étapes claires :Le Premier ministre désigné négocie la majorité, rédige le programme de gouvernement et établit la composition du cabinet.Il dépose le programme et la liste du gouvernement au Parlement.Les ministres proposés sont auditionnés par les commissions spécialisées.La Chambre des députés et le Sénat se réunissent en séance commune pour le débat et le vote.
L’investiture nécessite au minimum 233 voix favorables, soit la majorité des députés et des sénateurs.
Après l’obtention du vote, le président nomme le gouvernement par décret, tandis que le Premier ministre et les ministres prêtent serment devant le chef de l’État.Le délai de 10 jours oblige le candidat à présenter la demande d’investiture dans un court délai. La Constitution ne transforme toutefois pas le dépassement du délai en investiture automatique et n’élimine pas non plus la nécessité d’une majorité parlementaire.
Quand des élections anticipées peuvent-elles avoir lieu ?
Les élections anticipées ne découlent pas automatiquement du rejet du cabinet Mureșan. L’article 89 de la Constitution permet la dissolution du Parlement uniquement si deux conditions sont cumulativement remplies : le Parlement n’accorde pas sa confiance pour la formation du gouvernement pendant 60 jours à compter de la première demande d’investiture et au moins deux demandes d’investiture sont rejetées.
Même dans ce cas, la dissolution est une option du président, et non une obligation. Avant le décret, le chef de l’État doit consulter les présidents des deux Chambres et les dirigeants des groupes parlementaires.
La Constitution prévoit également que le Parlement ne peut être dissous qu’une seule fois par an. La dissolution est interdite au cours des six derniers mois du mandat présidentiel et pendant un état de mobilisation, de guerre, de siège ou d’urgence. Les élections législatives doivent être organisées au plus tard dans les trois mois suivant la dissolution.
En conclusion, Mureșan bénéficie d’une désignation soutenue par trois partis, mais pas d’une majorité. La clé de l’investiture reste la volonté du PSD, des minorités et/ou de certains parlementaires des groupes plus petits de soutenir une formule gouvernementale atteignant le seuil constitutionnel.
synthèse réalisée avec l’aide de Perplexity
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