Le Parti communiste chinois a introduit de nouvelles règles concernant les voyages à l’étranger des personnes impliquées dans des activités considérées comme « sensibles », renforçant le contrôle sur les spécialistes de l’informatique, les entrepreneurs, les fonctionnaires et les employés du secteur bancaire. Ces mesures sont officiellement justifiées par la nécessité de vérifier l’identité et l’objet des voyages, mais les autorités craignent également les défections, les fuites d’informations et l’influence de l’Occident.
Ces règles interviennent alors que la Chine est engagée dans une intense compétition technologique avec les États-Unis. Bien que l’administration de l’immigration affirme que les citoyens ordinaires ne seront pas concernés et que le tourisme, les visites familiales et les études resteront possibles, les termes de la législation sont considérés comme vagues et susceptibles d’une large application.
Parmi les personnes visées figurent les entrepreneurs Xiao Hong et Ji Yichao, fondateurs de l’entreprise d’intelligence artificielle Manus. Tous deux ont fait l’objet d’interdictions de quitter le pays dans le cadre d’une enquête ouverte après la tentative de Meta de racheter l’entreprise. La transaction a ensuite été annulée.
Un autre exemple est celui de Liang Wenfeng, fondateur de DeepSeek, devenu un héros national après le lancement d’un modèle d’intelligence artificielle performant et peu coûteux. Selon des informations de presse, des restrictions de déplacement lui auraient également été imposées. Par le passé, Jack Ma avait lui aussi fait l’objet de mesures restrictives après avoir critiqué les autorités.
Le contrôle ne se limite pas aux dirigeants du secteur technologique. Les fonctionnaires et les employés des entreprises publiques ou des banques doivent souvent remettre leur passeport et demander des autorisations plusieurs semaines à l’avance. Dans certains cas, les déplacements sont limités à deux par an et à 15 jours maximum. The Times rapporte que de telles règles sont liées à la fois à la campagne anticorruption de Xi Jinping et à la crainte que des informations compromettantes ne quittent le pays. Les restrictions peuvent également refléter des priorités diplomatiques : certains universitaires se sont temporairement vu interdire de se rendre au Japon.
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